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La Serbie et la République de Macédoine ploient sous le nombre de migrants, parfois maltraités


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La Serbie et la République de Macédoine ploient sous le nombre de migrants, parfois maltraités

Pourquoi tant de migrants dans les Balkans ?

“Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, le nombre de personnes déplacées dans le monde a atteint 59, 2 millions en 2014.”: http://www.unhcr.org/558193896.html

En Europe, de plus en plus de migrants arrivent en Grèce par la mer parce que des murs ont été construits aux frontières terrestres turco-grecque et turco-bulgare, une route classique pour les réfugiés syriens.

D’après le Centre de politique européenne, les chiffres des Nations Unies montrent que 90 % des demandeurs d’asile ne restent pas en Grèce mais continuent leur chemin vers d’autres pays d’Europe via la République de Macédoine et la Serbie jusqu‘à la Hongrie.

Quel est l’impact ?

La Hongrie accueille un flux grossissant de migrants. Le gouvernement estime que 72 000 personnes sont arrivées dans le pays sur la première moitié de 2015 contre 43 000 sur toute l’année 2014.

Le Parlement hongrois vient de valider un plan qui raccourcit le temps pendant lequel un migrant peut déposer une demande d’asile. La Chambre a surtout validé le projet de construction d’un mur sur les 175 km de frontière serbo-hongroise.

Selon l’ONG Amnesty International, le nombre de personnes arrêtées en train de franchir la frontière serbo-hongroise est passé de 2370 en 2010 à 60 602 aujourd’hui.

En 2014, seuls dix demandeurs d’asile ont obtenu le statut de réfugié en République de Macédoine, ce chiffre tombant à un seul en Serbie. Amnesty précise : “Découragés par la lenteur des processus concernant le droit d’asile, la plupart des migrants poursuivent leur périple en Hongrie, où ils sont confrontés à d’autres violations de leurs droits.”

Que dit Amnesty ?

“Les réfugiés fuyant la guerre et les persécutions entreprennent le voyage des Balkans dans l’espoir de trouver la sécurité en Europe mais finalement, ils se retrouvent eux-mêmes victimes d’abus et d’exploitation, à la merci d’un système défaillant sur le droit d’asile” explique Gauri van Gulik, le directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale.

“La Serbie et la République de Macédoine sont devenus un cloaque pour les très nombreux réfugiés et de migrants que personne dans l’UE ne semble vouloir recevoir.”

Dans un communiqué de presse, l’ONG ajoute : “A la frontière entre la République de Macédoine et la Grèce et entre la Serbie et la République de Macédoine, les réfugiés et les migrants sont constamment repoussés en toute illégalité par la police des frontières.
Beaucoup d’entre eux sont forcés de payer des backchiches. Un témoin a rapporté à Amnesty International que la police serbe des frontières près de la frontière hongroise a menacé son groupe de devoir retourner en Serbie s’ils refusaient de payer 100 € chacun.
Les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile ont été poussés, parfois giflés, certains ont reçu des coups de pied ou ont été battus par la police serbe près de la frontière hongroise et un réfugié afghan a rapporté à Amnesty International qu’“une femme enceinte de 5 mois a été battue’”.

Pourquoi le système du droit d’asile dans l’UE est-il un échec ?

Les demandeurs d’asile doivent faire leur demande dans le premier pays de l’Union où ils mettent le pied, ce qui, dans le cas des migrants des Balkans, est souvent la Grèce.”

Dans son rapport, Amnesty ajoute : “Le nombre croissant de migrants et de réfugiés choisissant la route des Balkans est la conséquence d’un échec plus large de la politique d’immigration et d’asile dans l’ensemble de l’UE, sur lequel la Serbie et la République de Macédoine n’ont pas de prise. Mettre en situation de responsabilité numéro un le premier pays par où entre le candidat au droit d’asile a créé une pression insoutenable sur les pays aux marges de l’Union et sur les pays voisins.”

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