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Europe : le fret ferroviaire revu et corrigé !


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Europe : le fret ferroviaire revu et corrigé !

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Dans ce numéro, Futuris fait le point sur l’avenir du fret ferroviaire en Europe.

Les coûts de transport impactent le prix des produits que nous achetons. Les réduire nous ferait donc faire des économies. Si le transport routier gagne en efficacité grâce à l’innovation, qu’en est-il du fret ferroviaire ?

Sur ce site basé en Roumanie, des ingénieurs testent, dans le cadre d’un projet européen de recherche, un nouveau wagon de fret.
Plus rapide, il est aussi censé pouvoir transporter davantage de marchandises qu’en temps normal, comme nous l’explique Marius-Ovidiu Ene, expert de laboratoire en matériel roulant, AFER :

“Ces essais portant sur les distances de freinage sont très importants parce que le wagon ne doit pas dépasser une zone de freinage déterminée, sinon il y a un risque d’accident, ou de danger sur la voie ferrée.”

Les améliorations apportées à ce wagon le rendent plus compact et limitent ainsi l’usure des rails. Une série de capteurs et le recours à des technologies intelligentes permettent de contrôler son état et de suivre ses déplacements en temps réel.

Le point avec Cristian Ulianov, checheur spécialisé dans les chemins de fer au Centre NewRail pour la recherche ferroviaire de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) :

“Les innovations essentielles sur ce wagon concernent sa structure qui est beaucoup plus légère qu‘à l’accoutumée. Nous avons utilisé de l’acier haute-résistance pour les principaux éléments de la structure comme les poutres intermédiaires, ainsi que des profilés à froid comme ceux-là.”

Mais ces innovations seront-elles faciles à mettre en place dans le transport ferroviaire européen ?

Les industriels du transport de marchandises sont réputés pour leur conservatisme. Par le passé, ils se seraient, en effet, opposés à plusieurs évolutions majeures. Ce projet se concentre donc sur des technologies dites prêtes à l’emploi pour une mise en œuvre simplifiée, selon Simon Iwnicki, Professor en ingénierie ferroviaire à l’Université de Huddersfield (Royaume-Uni) :

“Nous rassemblons toutes les innovations industrielles existantes issues du secteur ferroviaire et aussi d’autres filières, afin de gagner en vitesse et de réduire la force de résistance des rails. On veille également à ce que ces innovations ne soient pas trop avant-gardistes pour que les industriels les acceptent.”

En outre, les chercheurs ont fait en sorte que ces trains plus rapides ne nuisent pas à la tranquillité des riverains. C’est au tour des acousticiens d’entrer en scène, à l’instar d’Alexandru Pătraşcu, ingénieur en matériel roulant, AFER :

“Il existe plusieurs façons de réduire le bruit, par exemple à l’aide de matériaux d’amortissement sonore utilisés à bord des wagons et sur les rails. Autre option : réduire les vibrations lorsque le train est en mouvement.”

Pour étudier ces vibrations, les ingénieurs du projet ont développé des gyroscopes et des accéléromètres peu coûteux. Mesurer les dégâts qu’elles occasionnent sur les voies leur permet également de prévenir les risques d’accident et de réduire les coûts de maintenance, précise Francis James Franklin, chercheur en interface matériel roulant / rail au Centre NewRail pour la recherche ferroviaire de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) :

“Quand quelqu’un me dit qu’il y a un problème sur un site, je me rends sur place et pose une cinquantaine de capteurs ici, là, là-bas. On peut se permettre de faire cela parce qu’ils ne sont pas chers. Ils ont été conçus pour être positionnés rapidement. Ensuite, on collecte les données et on les analyse pour régler le problème.”

Selon ces chercheurs, avec une vitesse accrue – jusqu‘à 140 km/h -, une efficacité et une fiabilité renforcées, le train pourrait sérieusement concurrencer les autres modes de transport et notamment la route, souligne Donato Zangani, coordinateur du projet SUSTRAIL :

“Le maître-mot de ce projet, c’est la durabilité en particulier en matière environnementale, économique et sociale. Nous planchons sur des solutions durables à long terme, capables de rendre le rail compétitif par rapport aux autres modes de transport.”

Comparé au transport routier de marchandises, le fret ferroviaire est considéré comme meilleur marché et plus écologique sur de longues distances. Ce projet de recherche devrait donc ouvrir de nouvelles perspectives pour le rail européen.

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