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Pour Wolfgang Schäuble, un "Grexit" temporaire est toujours possible voire souhaitable


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Pour Wolfgang Schäuble, un "Grexit" temporaire est toujours possible voire souhaitable

Malgré le “Oui” du parlement grec cette nuit aux réformes imposées par l’Eurogroupe, le ministre fédéral des Finances allemand n’en démord pas. Selon lui, une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro pourrait être la solution à ses maux.

“Nous avons franchi une étape supplémentaire”, a-t-il déclaré à l’antenne de la radio Deutschlandfunk”:http://www.deutschlandfunk.de/schuldenstreit-mit-griechenland-schaeuble-bin-sehr-skeptisch.694.de.html?dram:article_id=311734” en réaction au vote grec. “C’est une étape importante”.

Il a néanmoins ajouté que de nombreux économistes doutaient de la possibilité pour la Grèce de sortir de ses difficultés sans une décote sur sa dette. Or, cette solution est impossible en raisons des traités sur l’appartenance à la zone euro, a poursuivi Schäuble. Cela signifie qu‘à ses yeux, la Grèce aurait à abandonner provisoirement la monnaie unique.

“Ce serait peut-être la meilleure voie à suivre pour la Grèce”, a dit l’argentier allemand qui a par ailleurs assuré qu’il demandera avec une “conviction totale” au Bundestag de valider l’ouverture de négociations avec Athènes sur un troisième plan d’aide.

Paradoxe : si l’Allemagne convient que le FMI est dans le vrai lorsqu’il explique que la dette grecque est trop importante pour être jamais remboursée en totalité, elle refuse toute réduction des sommes dues par Athènes.

Une intransigeance qui agace

Les explications de l’intransigeance allemande sont diverses.

Les conservateurs de la CDU/CSU ne souhaitent tout d’abord pas se mettre à dos les contribuables allemands selon l’agence AP. Les programmes d’aide à la Grèce sont déjà impopulaires dans le pays; la presse populaire, dont Bild est le meilleur représentant, n’a de cesse d’attiser le sentiment anti-grec.

Schaüble et Merkel redoutent aussi un précédent historique qui pousserait d’autres partis dans d’autres pays en crise, comme Podemos en Espagne, à demander eux aussi une réduction sur leur dette . L’Espagne, l’Irlande et le Portugal, tous trois touchés durement par la crise, vont tous organiser des élections égislatives dans les 9 mois à venir.

Enfin pour Schäuble, d’une manière générale, une décote de la dette grecque n’encouragerait pas les futurs gouvernement de la zone euro à adopter une discipline fiscale et une rigueur budgétaire prévues par les traités.

Si certains pays comme la Finlande et les Pays-Bas soutiennent la position allemande, ailleurs en Europe, cette dernière agace.

“Le ministre des Finances Schäuble crée chez certains l’impression qu’il pourrait nous être utile que la Grèce tombe hors de l’union monétaire, que peut-être nous paierions moins dans ce cas”, dit le chancelier social-démocrate, cité par le journal autrichien Der Standard.

“Je pense que c’est totalement erroné. Ce n’est pas bien sur le plan moral, ce serait le début d’un processus de désintégration (…). L’Allemagne joue ici un rôle moteur en Europe et dans le cas présent il n’est pas positif”, ajoute Werner Faymann, cité par Reuters.

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