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Chasse aux trophées d'animaux : un commerce juteux

En tuant le lion vedette du parc Hwange au Zimbabwe, un riche dentiste américain a rejoint la liste des chasseurs qui ont suscité une vive polémique. En mai, c’est un Texan qui tuait un rhinocéros noir de Namibie. En 2012, le roi d’Espagne s‘était offert une expédition coûteuse de chasse à l‘éléphant au Botswana. Lors d’un safari en 2010, au Zimbabwe, les fils de Donald Trump, magnat des affaires et actuel candidat aux primaires républicaines à la présidence américaine, avaient été épinglés pour avoir posé autour d’une dépouille de léopard et d’une queue d‘éléphant coupée au couteau.

L’Afrique australe, célèbre pour ses immenses réserves animalières riches en félins, éléphants et autres rhinocéros, attire des chasseurs du monde entier. Encadrée et parfaitement légale, cette chasse est une source importante de revenus dans la région, mais aussi de polémiques.

Quels sont les tarifs et les conditions de ces opérations de chasse que certains jugent paradoxalement “utiles” pour la conservation des animaux ?

Les prix varient selon les pays et selon, bien sûr, les animaux chassés. La chasse aux lions et aux éléphants est la plus coûteuse. Des entreprises vendent des forfaits allant de 3 600 dollars (3260 euros) à 50 000 dollars (45 300 euros) par personne. Le Texan, lui, aurait payé 350 000 dollars pour tuer le rhinocéros.

Les taxes gouvernementales et les appâts pour les animaux sont en extra. C’est un appât qui aurait été utilisé pour attirer Cecil le lion hors du parc Hwange, plus précisément une carcasse attachée à un véhicule, selon l’ONG ZCTF. L’organisation a également affirmé que le lion, seulement blessé par la flèche du chasseur, a souffert 40 heures de traque avant d‘être achevé d’un coup de fusil.

Pour ramener le “trophée” chez lui, le chasseur doit payer des frais élevés. Pour un éléphant, les frais de trophée peuvent monter à 25 000 dollars.

Quelques autorisations de safari sont mises aux enchères par des collectivités locales, comme le Zimbabwe Parks and Wildlife Management Authority. Sur le site, on peut encore voir l’annonce d’une vente aux enchères pour le 24 avril.

Une chasse “utile”?

Les principales destinations pour les chasseurs seraient l’Afrique du Sud, la Namibie et le Zimbabwe, selon les sites spécialisés.
D’aucuns défendent les chasses au trophée, soulignant qu’elles apportent des revenus réinjectés pour la protection de l’environnement et pour la lutte contre le braconnage. C’est ce qui avait été mis en avant lors de l’autorisation de la chasse au rhinocéros noir en Namibie.
Les autorités auraient vendu depuis 2012 des licences de chasse pour cinq rhinocéros.

Mais, un rapport publié en 2011 par l’Union internationale pour la conservation de la Nature ne partage pas l’avis des défenseurs de la chasse au trophée, soulignant que les bénéfices économiques sont négligeables. Alors qu’environ 100 millions de personnes vivent en Namibie, en Tanzanie, au Botswana, au Cameroun, en République centrafricaine, au Burkina Faso et au Bénin, seules 10 000 d’entre elles travaillent à temps plein ou temps partiel grâce à ces chasses , indiquait en substance le rapport.

Avec AFP

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