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Attentat déjoué dans le Thalys grâce au sang-froid de deux militaires américains


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Attentat déjoué dans le Thalys grâce au sang-froid de deux militaires américains

C’est un incroyable concours de circonstances qui a permis d‘éviter un bain de sang vendredi dans un Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris. Un homme lourdement armé a été maîtrisé par des voyageurs alors qu’il commençait à ouvrir le feu dans le train, peu avant 18 heures, juste après l’entrée du convoi en territoire français. Après qu’un passager français a tenté de le désarmer alors qu’il sortait des toilettes, arme à la main, un groupe d’Américains en vacances, deux militaires et un étudiant, est intervenu. Aidés par un passager britannique, ils sont parvenus à le ligoter avec une cravate d’uniforme du personnel du train.

“J’ai vu un homme entrer dans le wagon avec un AK47 et un pistolet, j’ai regardé Spencer et j’ai dit “on y va”, raconte Alek Skarlatos, membre de la Garde nationale américaine. Il a bondi et je l’ai suivi trois secondes après. Spencer – Stone, le second soldat, engagé dans l’U.S Air Force – a eu le type en premier, il l’a attrapé par le cou, j’ai pris le pistolet puis le AK47 qui était à ses pieds.”

Quatre des héros ont été décorés par le maire d’Arras : Spencer Stone – transféré en urgence à l’hôpital, il n’a pu recevoir sa médaille – et Alex Skarlatos, les deux militaires américains ; Anthony Sadler, leur ami étudiant en Europe ; Chris Norman, le passager britannique de 62 ans. Ils pourraient être reçus à l‘Élysée par François Hollande dans les prochains jours.

L’assaillant était monté à bord du train en gare de Bruxelles, lourdement armé : un fusil d’assaut avec neuf chargeurs, un pistolet automatique et un cutter ont été retrouvés par les enquêteurs. Arrêté en gare d’Arras, le suspect est interrogé depuis samedi matin à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, au siège de la DGSI. Il nierait toute implication terroriste. « Si l’identité déclarée par le suspect est toutefois confirmée, il s’agirait d’un ressortissant marocain de 26 ans, signalé par les autorités espagnoles aux services de renseignement français du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale », a déclaré samedi le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Selon les services antiterroristes espagnols, l’homme a vécu à Algesiras en Espagne en 2014, avant de déménager en France, d’où il a effectué au moins un voyage en Syrie. Selon Bernard Cazeneuve, il était installé depuis cette année en Belgique.

En France, il faisait l’objet d’une fiche « S » pour Sureté de l’Etat, mais n‘était pas surveillé pour autant. Cette mention sert surtout à attirer l’attention des forces de l’ordre si l’un des fichés est interpellé. Quelque 5 000 personnes sont ainsi répertoriées, qu’elles aient déjà été condamnées pour terrorisme, ou bien étant simplement connues comme étant susceptible de se radicaliser ou en l‘étant déjà.

L’attaque aura fait deux blessés graves, mais leurs jours ne sont pas en danger : l’un des soldats américains ainsi qu’un passager, de nationalité franco-américaine. Le premier, touché à la main par le cutter de l’assaillant, a été opéré samedi matin à Lille. Le second, assis sur son siège au moment de la bagarre, a été vraisemblablement blessé par une balle perdue au niveau du thorax.

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