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Une normalisation encore frileuse des relations entre les Etats-Unis et l'Iran

L’Union Jack flotte à nouveau dans les jardins de l’ambassade britannique à Téhéran, qui a célébré sa réouverture ce dimanche. A cette occasion, le

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Une normalisation encore frileuse des relations entre les Etats-Unis et l'Iran

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L’Union Jack flotte à nouveau dans les jardins de l’ambassade britannique à Téhéran, qui a célébré sa réouverture ce dimanche.

A cette occasion, le chef de la diplomatie britannique Philipp Hammond, s’est montré optimiste.
Il a estimé que la levée des sanctions internationales contre Téhéran pourrait débuter dès le printemps 2016, et que l’accord sur le programme nucléaire pourrait être entériné par Téhéran et le Congrès américain en octobre.

Des prévisions qui laissent Foad Izadi, professeur à l’Université de Téhéran, sceptique :

Il faut réaliser que l’Iran est un pays indépendant. Le peuple élit ses dirigeants et ce sont ces dirigeants qui décident de la politique étrangère de l’Iran. Et ces politiques ne vont pas être systématiquement sur la même ligne que les États-Unis.

Samedi, le président iranien Hassan Rohani a dévoilé le dernier-né de ses armes de défense, un missile 313 baptisé Fateh (Vainqueur), d’une portée de 500 km.

Le sujet est délicat. Le programme de missiles balistiques iranien a fait l’objet de contentieux lors des négociations nucléaires entre l’Iran et les grandes puissances, qui ont abouti à un accord le 14 juillet.

De Téhéran à Washington, les forces conservatrices apparaissent hostiles au réchauffement des relations entre les deux ennemis.

En visite en Israël la semaine dernière, le candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016 Mike Huckabee a fustigé l’accord sur le nucléaire iranien :

J’aimerais que ce soit clair, dès le début de ma présidence, cet accord est un accord inacceptable si on vise la paix, non seulement pour les Etats-Unis ou Israël, mais pour le monde entier. Cela n’aboutit à rien d’autre qu‘à renforcer un Etat voyou.

Bien que l‘émergence d’un ennemi commun, les djihadistes de l’Etat islamique, ait rebattu les cartes, poussant notamment les Etats-Unis et l’Iran à s’allier militairement en Irak, l’anti-américanisme reste fort dans la république islamique.
La grande prière de vendredi dernier vient l’illustrer.

Il serait naïf d’imaginer que le Grand Satan a changé. sermonne l’imam de la prière du vendredi Mohammad Ali Movahedi Kermani. L’Amérique est le Grand Satan et son hostilité à notre égard est toujours là. L’Amérique est l’ennemi de l’Islam.

L’Iran est déterminé, plus que jamais, à s’ouvrir aux puissances occidentales, mû par des intérêts commerciaux mais aussi géo-politiques.

Toutefois, de nombreux obstacles demeurent, en Iran comme aux Etats-Unis, où le Congrès doit se prononcer sur l’accord sur le nucléaire iranien en septembre.

Avec AFP et Reuters