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Lire, écrire, compter et coder : la programmation s'invite à l'école

Savoir coder, est-ce la nouvelle compétence indispensable au XXIe siècle ? Et à partir de quel âge peut-on commencer à apprendre la programmation

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Lire, écrire, compter et coder : la programmation s'invite à l'école

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Savoir coder, est-ce la nouvelle compétence indispensable au XXIe siècle ? Et à partir de quel âge peut-on commencer à apprendre la programmation informatique ? Éléments de réponse dans ce nouveau numéro de Learning World.

Point of view

C'est génial de créer des choses juste en tapant des lignes de code incompréhensibles pour la plupart des gens

Au quotidien, les ordinateurs jouent un rôle de plus en plus central. En Europe, la programmation fait désormais partie du programme scolaire d’un nombre croissant d‘établissements. Le code est-il en passe de devenir la compétence essentielle du XXIe siècle ? Gros plan sur trois projets hi-tech plébiscité par la jeune génération.

France : coder, un jeu d’enfant

À partir de quel âge, les enfants peuvent-ils apprendre à coder ? Certains jeunes Européens apprennent les bases dès l‘école primaire. En France, un projet va plus loin et commence dès la maternelle.

Qu’elle que soit leur forme, leur taille ou leurs fonctionnalités, tous les enfants ou presque adorent les robots. L‘école maternelle Tardy de Saint-Etienne l’a bien compris et initie dès le plus jeune âge ses élèves aux rudiments de la programmation informatique, grâce à ce drôle de cube en bois radio-commandé. Développé par Primo, une start-up italienne, ce robot éducatif a été baptisé Cubetto.

Le robot se déplace en fonction des instructions envoyées par la table de commande, lesquelles sont déterminées par une chaîne de blocs de couleur insérés par les enfants. But l’exercice : leur apprendre à écrire leurs tout premiers programmes.

Le point avec Julie Borgeot, ingénieur, Fréquence Écoles :
“Le code, c’est une histoire de culture générale pour tous, parce qu’il y a des ordinateurs partout dans le monde qui nous entourent que ce soit dans les téléphones, dans les machines à laver et dans les objets connectés qui arrivent à grands pas. Comprendre qu’est-ce qu’un programme et comment une machine est programmée, c’est juste comprendre les choses du monde qui nous entourent.”

A l’issue de la période de test menée sous le parrainage de l’association Fréquence École, les autorités françaises diront si elles souhaitent ou non étendre l’expérience à d’autres établissements.

Hongrie : la programmation pour tous !

Le monde de la programmation est-il réservé aux hommes ? Aujourd’hui, si la plupart des développeurs sont de sexe masculin, divers projets tentent d’inverser la tendance, comblant le fossé technologique entre les hommes et les femmes, comme ici en Hongrie.

Bienvenue à Szeghalom à 200 km au sud-est de la capitale hongroise. Une ville plus connue pour ses verts pâturages que pour ses installations hi-tech. C’est ici que vit Szonja, 13 ans, férue d’ordinateurs et d’informatique. Une passion pourtant encore jugée hors norme pour une jeune fille :

“Les garçons ont dit que j‘étais bizarre de me lancer là-dedans, et les filles … En fait, tout le monde dit que je suis intelligente. Mais les garçons ont eu du mal à se faire à l’idée que je voulais apprendre la programmation.”

Pour étancher sa soif d’apprendre, Enikő Vaszkó, la mère de Szonja la conduit deux fois par semaine à Budapest. Et tant pis pour les kilomètres, c’est de l’avenir de sa fille dont il s’agit :

“Je pense qu’elle pourra vivre de la programmation. Cela lui donnera aussi beaucoup de liberté. Szonja n’a pas envie de travailler dans la musique ou le sport – qu’elle gardera comme passe-temps – mais dans le secteur des techonologies de l’information.”

Mais qu’est-ce qui plaît autant à Szonja dans la programmation informatique ?

“C’est génial de créer des choses juste en tapant des lignes de code incompréhensibles pour la plupart des gens. Vous tapez et quelque chose finit par sortir de ce chaos.”

Szonja étudie la programmation dans un groupe qui dépend de Skool. Une initiative lancée par la société technologique Prezi. Des cours en plein essor réservés aux jeunes filles dans lesquels a décidé de s’impliquer Zsófia Major, la cofondatrice de Skool.

“À l’heure actuelle, le secteur des technologies de l’information est largement dominé par les hommes, les femmes y sont sous-représentées. Et cela pose problème pour différentes raisons. Par exemple, ce serait bien qu’il y ait plus de femmes dans les nouvelles technologies, car plus un lieu de travail est mixte, mieux c’est.”

Pays-Bas/Canada : piratage cérébral

Sera-t-on un jour capable d’activer notre concentration en appuyant sur un bouton ? Ou de connecter deux corps sur deux continents différents ? À en croire certains scientifiques, le piratage cérébral n’appartient plus au domaine de la science-fiction. Notre équipe fait le point aux Pays-Bas et au Canada.

Hack the Brain, c’est le rendez-vous des mordus de neurosciences et d’informatique organisé simultanément à Amsterdam et Montréal. Pendant 3 jours, artistes, développeurs, designers, chercheurs et nerds en tout genre vont phosphorer. À l’image du groupe du designer Silvan Laan occupé à décoder et à traduire en couleur l‘état d’esprit de l’un des leurs :

“Vous vous allongez sur un lit et vous commencez par respirer lentement, consciemment … Et la lumière dans la pièce va passer de l’orange, au vert, au bleu, au violet. Puis, vous allez vous endormir parce que vous avez réussi à contrôler vos ondes cérébrales et à les relaxer.”

La pose d‘électrodes permet de connecter le cerveau à l’ordinateur afin de calculer l’intensité des ondes produites.

Martijn Arts, l’organisateur de ‘Hack the Brain’ :
“À l‘époque de Rembrandt, on explorait le corps humain, les rouages mécaniques de nos membres. Aujourd’hui, on explore le cerveau. Évidemment, le cerveau humain est différent d’un ordinateur. Mais maintenant, on utilise des ordinateurs et tout un tas de technologies pour en percer les secrets.”

Au même moment à Montréal Yannick Roy et son équipe tentent de connecter un cerveau cancadien à un bras néerlandais :

“Quand j’aurai fermé les yeux et que je serai détendu, mon cerveau va entrer en activité et envoyer des stimulations musculaires et puis mon bras va se lever tout seul. Tout à l’heure, on va tenter de faire ça sur quelqu’un à Amsterdam.”

Tout le monde est prêt pour la connexion intercontinentale. Objectif : faire bouger le bras de quelqu’un se trouvant Amsterdam en envoyant des signaux à partir du cerveau d’un des participants de Montréal relié à un ordinateur et via des électrodes placées sur des muscles. C’est loin d‘être simple, mais les applications seraient nombreuses, selon Pieter van Boheemen, expert en biotechnologie :

“Par exemple, en sport ou en chirurgie, vous pouvez apprendre les gestes en programmant votre corps à partir du cerveau de quelqu’un d’autre. Si quelqu’un peint très bien, pour apprendre sa technique, il vous suffit de connecter votre corps à son cerveau et vous apprendrez comment manier le pinceau.”