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Réfugiés : apprendre pour mieux s'intégrer


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Réfugiés : apprendre pour mieux s'intégrer

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D’après les Nations Unies, il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde avec près de 60 millions de personnes déplacés contre leur gré. Beaucoup n’ont pas accès à l’alimentation, aux soins de santé et à l‘éducation. Dans cette édition, nous découvrons des projets visant à les aider à s’intégrer dans leur nouveau pays et à vivre avec les tragédies qu’ils ont vécues.

Burkina Faso : panser les blessures de la guerre grâce à la musique et la danse

En trois ans d’existence, le camp de Mentao au Burkina Faso a accueilli plus de 13.000 personnes – pour la plupart, touaregs – fuyant la crise au Mali. C’est ici que l’ONG Artistes africains pour le développement et le chorégraphe Salia Sanou organisent des activités culturelles.
“Permettre à ces réfugiés de vivre ce patrimoine culturel, c’est nécessaire et important, lance Salia Sanou. C’est cela qui va permettre à ces gens-là de dire “on n’est pas morts, on est debout et on garde l’espoir et le jour où on retournera chez nous, on retournera avec de la force,” poursuit-il.
Sous la forme d’atelier danse et musique pour les adultes et les enfants, ces expériences artistiques sont l’occasion de partager entre des personnes venant de différents pays et de différentes cultures. Elles peuvent aussi révéler des talents. Parfois, les gestes illustrent les épreuves traversées par les réfugiés, la nostalgie de leur patrie, leurs souffrances, mais aussi leur appétit de vivre. “Chez nous quand on danse et qu’on sourit, cela veut dire qu’on se rappelle de beaucoup de choses ; dans notre danse, il y a beaucoup de sens,” souligne Sidi Mohammed Ag Adani, réfugié originaire du Mali.
A l’issue de ces sessions qui auront duré deux mois dans le camp, les deux meilleurs jeunes danseurs se verront attribuer une bourse pour aller apprendre la danse à Ouagadougou. De quoi leur ouvrir de nouveaux horizons.

Bande de Gaza : retrouver le goût d’apprendre

Plus de 200.000 réfugiés palestiniens fréquentent les écoles des Nations Unies dans la bande de Gaza. Nous nous rendons dans un établissement de la ville de Gaza où durant l‘été, pendant quatre semaines, ont lieu des cours de rattrapage en arabe et en mathématiques à l’initiative de l’Onu. Cette année, 25.000 élèves ont pu en bénéficier.
Dans l’une des classes, nous découvrons des fillettes qui apprennent à lire et à écrire, mais aussi reprennent confiance en elles. “Dans un premier temps, en général, je m’approche de chaque élève et je passe du temps avec elle,” raconte Ayla Kan, spécialiste de l‘éducation pour les Nations Unies. “Je lui montre une manière simple d’apprendre, je lui donne beaucoup d’exercices pour qu’elle puisse progresser et je lui dis aussi de ne pas perdre espoir, qu’elle va y arriver ; c’est très important,” assure-t-elle.
Parmi ses élèves, Saja, 11 ans. Pour elle, les progrès sont déjà là. “Avant, je ne savais pas bien lire ; maintenant, je sais comment faire, explique la fillette, ce programme m’aide à apprendre, cela me donne une chance de passer en CM2, je veux être une bonne élève et réussir mon année.”
L‘école se situe dans le quartier de Shuja’iyya dévasté par la guerre. Les violences ont bien sûr durablement marqué Saja et sa famille. A l’issue du conflit, dans un premier temps, la fillette avait peur de sortir et ne voulait plus du tout aller en classe. “Au début, je ne pouvais même pas ouvrir un livre, indique-t-elle. A l‘école, les professeurs nous ont beaucoup aidé à nous changer les idées, ils nous ont proposé de dessiner, de jouer avec eux ;ensuite, on a recommencé à travailler et à lire.”
Ces élèves sont particulièrement fragiles, insiste Rafat Al Habbash, responsable éducatif pour l’est de Gaza aux Nations Unies : “Il y a plusieurs raisons qui expliquent l‘échec de ces enfants à leurs examens, dit-il, ils ont vécu des temps difficiles à cause de la guerre et cela nuit à leur état psychologique et cela peut aussi être dû aux problèmes économiques et au chômage.”

Italie : sans toit, mais pas sans espoir

Le pays, la culture, la communauté… Tout est nouveau pour les réfugiés quand ils arrivent sur leur terre d’accueil. Et s’ils sont désormais en sécurité, il leur reste des défis à relever pour parvenir à s’intégrer. Apprendre la langue locale peut évidemment faire tomber des barrières. En Sicile, c’est ce que propose un centre d’accueil de jour pour les réfugiés.
La famille de Mariam, 6 ans, d’origine libanaise, y a trouvé un soutien précieux. La petite fille, sa mère et sa grand-mère ont quitté leur pays il y a près de deux ans, fuyant les bombardements sur Beyrouth, avant de trouver asile à Raguse. Mariam est aujourd’hui scolarisée dans une école publique de la ville et parle presque couramment l’italien.
L’apprentissage de la langue, c’est au coeur des activités proposées par le centre appelé “Portes ouvertes” et financé par la fondation allemande Humedica. Sur place, on propose une aide juridique, un soutien psychologique, on offre des vêtements, mais aussi des leçons d’italien. “On peut essayer de trouver une solution à leurs problèmes, souligne Tina Iuzzolini, fondatrice du centre, de les épauler et de les aider à devenir indépendants pour qu‘à terme, ils soient capables de s’aider eux-mêmes.”
A l’issue de ces cours, les participants reçoivent un certificat de maîtrise de l’italien qui les aidera dans leur recherche d’emploi. Une aubaine pour ces élèves qui aspirent à s’intégrer. “Quand on sait parler italien, assure Francis Csayande, cela nous aide beaucoup quand on doit remplir un document dans une administration.”
Alors que ces réfugiés espèrent se trouver une place dans leur nouvelle société, ils sont toujours plus nombreux à débarquer sur les côtes du nord de la Méditerranée, poussés par la guerre et la pauvreté.
Jusqu‘à présent, l’Union européenne n’a pas trouvé de réponse commune pour faire face à la situation.

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