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Quatre idées reçues sur les réfugiés


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Quatre idées reçues sur les réfugiés

La majorité des arrivants sont des migrants économiques et non des réfugiés

C’est l’une des idées les plus répandues de cette crise des migrants, sur laquelle surfent en particulier les partis populistes européens.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán estime ainsi ‘‘qu’une majorité écrasante de migrants ne sont pas des réfugiés’‘, ce que soutient également son homologue slovaque Robert Fico.

Mais selon Amnesty international, 90% des 244.000 personnes arrivées par la mer sur les îles grecques, en 2015, viennent de pays en guerre comme la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak.

Ces chiffres montrent clairement que ‘‘nous sommes face à une crise des réfugiés’‘,
souligne Iverna McGowan, d’Amnesty.

L’EI infiltre des djihadistes parmi les migrants

‘‘Parmi les migrants, nous avons des terroristes de Daech qui s’infiltrent, nous le savons, les services de renseignement ne cessent de nous alerter là-dessus.’‘ La citation est de Christian Estrosi, le député-maire Les Républicains de Nice. Ailleurs en Europe, d’autres personnalités politiques, comme le Britannique Nigel Farage, leader du parti populiste UKIP, soutiennent la même idée.

Mais selon Charlie Winter, spécialiste du djihadisme à la Fondation Quilliam à Londres, il n’y a, à ce jour, aucune preuve tangible que des membres du groupe Etat islamique se cachent parmi les réfugiés. Il estime de plus que l’EI a d’autres priorités. ‘‘Actuellement, l’organisation veille surtout à ne pas perdre de terrain en Irak et en Syrie, où elle est attaquée de toutes parts.’‘

Toutefois, en mars dernier, Gilles de Kerchove, le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, avait appelé l’agence Frontex, chargée du contrôle des frontières, à la vigilance face au risque d’infiltration en Europe de jihadistes se faisant passer pour des réfugiés.

Les demandeurs d’asile viennent en Europe pour profiter des prestations sociales

Pour le Premier ministre serbe Aleksandar Vučić, ‘‘les aides sociales versées aux demandeurs d’asile sont responsables de cet afflux de migrants aux frontières.’‘

Les demandeurs d’asile, hébérgés dans des centres d’accueil, peuvent en effet prétendre à une allocation mensuelle de subsistance, qui varie selon les pays européens.
En France et en Allemagne, cette indemnité est d’environ 90 euros par mois pour une personne seule, contre 50 euros en moyenne en Suède et en Grande-Bretagne, alors qu’en Hongrie elle ne dépasse pas les 4 euros…

Les migrants choisissent-ils leur destination en Europe en fonction du montant des aides sociales ? Non, si on se fie aux chiffres d’Eurostat en matière d’asile, sur la période de janvier à mars 2015. Certes, l’Allemagne a bien reçu le plus de demandes (+ 73.000), mais elle est suivie par la Hongrie (+32.000). La France (+14.000) et la Suède (+11.000) arrivent en troisième et quatrième position.

Les migrants introduisent de nouvelles maladies en Europe

Les récentes images ont montré des policiers hongrois portant des masques de protection face à des migrants.
La journaliste hongroise, qui a fait scandale en faisant trébucher un réfugié, en portait un également.

Mais pour Gregory Hartl, porte-parole de l’Organisation Mondiale de la Santé, il n’y a aucun lien systématique entre la migration et l’importation de maladies infectieuses : ‘‘Les maladies transmissibles sont principalement liées à la pauvreté. Les migrants sont exposés à des maladies qui sont courantes en Europe, et qui n’ont donc aucun lien avec la migration (…) Le risque que des agents infectieux exotiques comme le virus Ebola ou le coronavirus MERS soient importés en Europe est extrêmement faible. On a vu que ces virus affectaient en premier lieu les voyageurs réguliers, les touristes ou les personnels de santé, plutôt que les réfugiés ou les migrants.’‘

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