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Hausse des taux : la Fed joue sa crédibilité


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Hausse des taux : la Fed joue sa crédibilité

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Au programme cette semaine dans Business Middle East : la réunion tant attendue de la Réserve fédérale américaine et les investissements immobiliers des pays du Moyen-Orient qui atteignent des niveaux records.

Tous les regards sont tournés vers Washington pour la prochaine réunion de la Réserve fédérale.

Les observateurs sont dans l’attente et se demandent si Janet Yellen, la patronne de la Fed, va relever les taux directeurs. Il faut dire que les signaux envoyés ces derniers mois par l’institution sont assez confus.

Cette réunion de la Fed sera particulièrement suivie dans les pays du Moyen-Orient et par les marchés internationaux. C’est la crédibilité de la Fed qui est jeu. Mais avant d’en discuter, voyons quels sont les facteurs qui pourraient inciter à croire que l’institution relèvera ses taux et quels sont les facteurs qui, au contraire, laissent à penser qu’elle n’y touchera pas.

Taux directeurs : pour et contre

Si la Fed décide de relever ses taux, ce sera parce que le taux de chômage décline régulièrement aux États-Unis depuis 2008. De plus, les taux de croissance outre-Atlantique sont positifs et de nombreux indicateurs économiques sont au vert.

Mais tout dépendra d’un élément-clé : l’inflation. Elle demeure à un niveau inférieur à celui que vise la Réserve fédérale, proche des minima historiques.

En outre, la baisse du prix du baril de pétrole augmente le risque de déflation. La hausse du cours du dollar nuit aux exportations américaines. Et pour couronner le tout, l‘économie US pâtit des ralentissements de l’Europe et de l’Asie.

Le Fonds monétaire international appelle la Fed à agir avec prudence. Pour sa directrice Christine Lagarde, la Réserve doit s’assurer que les indicateurs économiques sont absolument confirmés avant de prendre l’initiative d’une remontée du taux directeur.

“La Fed n’a pas relevé ses taux d’intérêts depuis si longtemps qu’elle devrait vraiment le faire pour de bon si je puis dire”, a déclaré Christine Lagarde. “En d’autres termes, ne pas essayer pour voir pour devoir revenir en arrière”

L’analyse de Nour Eldeen Al Hammoury

Pour en savoir plus à ce sujet, nous rejoignons comme d’habitude Nour Eldeen Al Hammoury, responsable de la stratégie des marchés chez notre partenaire ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“La réunion de la Fed approche et de nombreux analystes pense qu’elle n’est pas dans la capacité de relever ses taux. Comment anticipez-vous les réactions des marchés si les taux remontent ou si, au contraire, ils restent encore inchangés ?”

Nour Eldeen Al Hammoury :
“On ne s’attend pas à ce que la Fed relève son taux directeur la semaine prochaine, comme nous l’avons déjà fait remarquer de nombreuses fois. Cependant, si la Réserve fédérale augmente ses taux d’intérêt, cela risque d’empirer la panique qui agite les marchés émergents et nous pourrions assister à des forts reculs sur le plan monétaire.”

“D’un autre côté, si les taux demeurent inchangés, cela va affecter la crédibilité de l’institution parce que cela fait près d’un an que la Fed annonce un hausse des taux. Perdre la face aurait un impact négatif sur les marchés à court terme, le temps qu’elle la Fed fasse montre d’une politique claire. C’est donc une réunion très importante cette semaine et les traders vont devoir lire entre les lignes.”

Daleen Hassan, euronews :
“Cela veut dire que la Fed est dans une position inconfortable en ce moment ?”

Nour Eldeen Al Hammoury :
“C’est certain, la Fed n’est pas dans une position facile en ce moment. C’est ce que nous avons noté il y a déjà un an, quand nous pensions qu’elle ne relèverait pas les taux de sitôt. Elle a retardé la hausse de mars à juin, puis de juin à septembre, et maintenant de septembre à probablement décembre. Il va donc falloir être attentif aux déclarations de la Fed qui seront déterminantes pour les tendances économiques et financières à venir.”

Daleen Hassan, euronews :
“On observe en ce moment une grande volatilité des marchés financiers. Cela pourrait-il affecter la décision de la Fed ?”

Nour Eldeen Al Hammoury :
“On sent que c’est un sujet tendu. On a vu les avertissements du FMI et même de la Banque mondiale. Au sein de la Réserve fédérale américaine aussi, il n’y a pas d’unanimité sur le sujet.”

“Le FMI et la Banque mondiale ont averti qu’un relèvement des taux américains pourrait de nouveau semer la panique. De plus, les récents tourments des marchés sont un message clair à la Fed pour dire qu’ils ne sont pas prêt à supporter un hausse des taux maintenant. Nous pensons qu’il ne va pas dans l’intérêt de la Fed de jeter de l’huile sur le feu quand on voit ce qui s’est passé ces dernière semaines. D’autant plus que les chiffres de l’inflation sont en baisse. Cela donne plus de flexibilité à la Fed pour conserver ses taux inchangés plus longtemps.”

Business Snapshot : investissements records

Les investissements dans l’immobilier ont atteint un record historique dans les pays du Proche et Moyen-Orient : + 64% sur la première moitié de 2015.

Après la forte baisse des prix du pétrole, les investisseurs du Moyen-Orient redeviennent actifs sur le marché de l’immobilier en dehors du monde arabe. Sur la première moitié de 2015, ces investissements se chiffrent à plus de 10 milliards d’euros.

C’est le Qatar a investi le plus sur le marché de l’immobilier international devant les Émirats arabes unis. Trois destinations ont les faveurs des investisseurs du Golfe : Londres, Hong Kong et New York. Ils recherchent en priorité des biens de luxe tels que des grands hôtels et des appartements de grand standing.

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