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Burkina Faso : un coup d'état à trois semaines de l'élection présidentielle


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Burkina Faso : un coup d'état à trois semaines de l'élection présidentielle

A trois semaines d’un scrutin présidentiel crucial pour le pays, tout porte à croire qu’un coup d‘état est en cours au Burkina Faso. Michel Kafando, le président de transition, le chef du gouvernement, ainsi qu’au moins deux autres ministres ont été arrêtés au palais présidentiel pendant le Conseil des ministres à Ouagadougou ce mercredi 16 septembre. C’est un nouvel épisode de l’instabilité qui règne dans le pays depuis un an.

Qui sont les ravisseurs ?

C’est le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui séquestre le président de transition. C’est une organisation militaire puissante créée en 1996 pour protéger l’ex-président Blaise Compaoré. C’est un corps d‘élite très bien équipé, composé d’environ 1 300 hommes, considérés comme les mieux formés de l’armée burkinabée. Deux jours avant le coup d‘état, une commission gouvernementale l’avait qualifiée d’“armée dans l’armée”, prônant sa dissolution.

Le général Gilbert Diendéré a été proclamé ce jeudi matin président du Conseil national pour la démocratie (CND), la junte militaire qui a renversé les autorités de transition. Patron historique du régiment de sécurité présidentielle, il fut le chef d’État-major particulier de Blaise Compaoré.

Le général Diendéré et ses hommes affirment avoir agi en raison « des mesures d’exclusion prises par les autorités de transition », faisant référence à une récente loi électorale controversée rendant “inéligibles” tous ceux qui ont soutenu la tentative de Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour supprimer la limitation des mandats présidentiels.

Les putschistes affirment vouloir organiser des élections : « Nous souhaitons discuter avec tous les acteurs politiques pour repartir sur de bonnes bases. Des élections auront bien lieu, mais nous devons d’abord nous concerter », a déclaré le général Diendéré à nos confrères de Jeune Afrique par téléphone.

Les putschistes affirment ne pas être des alliés du Congrès pour le progrès et la démocratie (CDP) – le parti de Blaise Compaoré exclu des élections par les autorités de transition – mais concèdent y avoir des amis.

Est-ce une première ?

Ce n’est pas la première fois que le RSP tente de faire dérailler le processus de transition au Burkina Faso.

Il y a trois mois, le régiment avait exigé la démission du Premier ministre Isaac Zida, lui-même numéro 2 du RSP, provoquant une crise politique. Les hommes du RSP prévoyaient de l’arrêter à son retour de Taïwan le 28 juin. Celui-ci a donc dû détourner son avion vers l’aéroport militaire de Ouagadougou pour leur échapper.

Un nouveau gouvernement ?

Un homme en uniforme, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba est apparu à la télévision tôt ce jeudi matin. Il a déclaré que le nouveau Conseil national de la Démocratie (CND) avait décidé de “mettre un terme au régime déviant de la Transition”

Une nuit de fortes tensions

A Ouagadougou, la situation est très tendue. Des tirs ont été entendus dans la nuit de mercredi à jeudi, puis jeudi matin dans plusieurs quartiers de la capitale. La population s’est spontanément rassemblée pour réclamer la libération du président et du Premier ministre de transition.

Les réactions internationales

L’ensemble de la communauté internationale demande la libération du président Michel Kafondo. Dans un communiqué conjoint, l’ONU, l’Union Africaine et la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest réclament “la libération immédiate et inconditionnelle des otages”.

Le président français François Hollande a condamné le putsch, tout en rappelant que le contingent militaire français présent au Burkina Faso n’a “pas à interférer” dans les évènements en cours.

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