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Incertitude politique en Catalogne au lendemain du scrutin régional


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Incertitude politique en Catalogne au lendemain du scrutin régional

La tâche s’annonce désormais difficile pour les séparatistes catalans de former un gouvernement régional. Certes, la coalition droite-gauche qui gouvernait jusqu’ici a obtenu 62 sièges, et peut compter sur les dix supplémentaires de la Candidature d’Unité Populaire, pour atteindre la majorité absolue.

Seul problème, cette formation d’extrême-gauche a toujours affirmé qu’elle ne voulait pas d’Artur Mas comme chef du gouvernement régional.

Le président libéral sortant n’est donc pas assuré d‘être reconduit à son poste. Les coalitions requièrent des compromis. D’autres seront nécessaires. Le centre-droit libéral d’Artur Mas a peu de choses en commun avec cette formation d’extrême-gauche, à part l’indépendantisme. Et il ne faut pas non plus oublier que plus de 50 % de Catalans ont voté pour des partis opposés à l’indépendance.

Cristina Giner, euronews : “La victoire de la liste pro-indépendance “Ensemble pour le oui” pose différentes questions de nature politique en Catalogne et en Espagne. Entretien avec Lluís Bassets, rédacteur en chef adjoint d’El País et directeur de l‘édition catalane de ce journal.

Cristina Giner, euronews : “Quelles sont les prochaines étapes pour “Ensemble pour le oui” ?”

Lluís Bassets, rédacteur en chef adjoint, El País : “On peut penser qu’avec ces résultats, “Ensemble pour le oui” va essayer de former un gouvernement régional présidé par Artur Mas. Il semblerait qu’Esquerra Republicana et Convergencia avaient déjà un système de gouvernement en tête au moment où ils ont décidé de faire une liste électorale conjointe.

Maintenant, le problème est d’obtenir une majorité parlementaire, et ils ne peuvent l’obtenir qu’avec les votes ou l’abstention d’une autre liste indépendantiste, la CUP. Je pense que ce problème sera résolu rapidement.

La CUP est une formation qui, dans de nombreux cas, a déjà agi avec un vote à géométrie variable. Elle pourrait bien voter pour, contre ou s’abstenir et en définitif, exprimer avec son vote une position très nuancée de soutien à l’indépendance tout en étant en désaccord avec Artur Mas en ce qui concerne les coupes budgétaires et la corruption. C’est, je pense, ce qui va se produire assez rapidement.

Cristina Giner, euronews :“Quel impact peut avoir ces résultats sur les élections générales de décembre prochain ?

Lluís Bassets, rédacteur en chef adjoint El Pais : “Ces élections envoient un message très fort à l’ensemble de l’opinion publique espagnole. Elles disent au Parti populaire, qui a été en grande partie la source du problème, qu’il n’est pas en mesure de faire face à ce problème ni de le résoudre. Et que par contre, un changement est en train d‘émerger, une nouvelle force qui est “Ciudadanos” et qui a beaucoup de soutien en Catalogne, de sorte qu’il est devenu le premier parti d’opposition. Il est en mesure de s’adresser au reste de l’Espagne et de devenir au moins une partie de la solution. Pour le PP et pour Mariano Rajoy, c’est une défaite totale, quant à la méthode, l’esprit et les messages utilisés pour la Catalogne.

Cristina Giner, euronews : “Et qu’en est-il de la question européenne ?”

Lluís Bassets : “Je pense qu’avec la question européenne comme avec la question internationale, il sera difficile de changer beaucoup les choses. Tous les gouvernements et les institutions ont eu la même approche, à savoir qu’il s’agit d’une affaire interne.

Sachant qu’il y a des législatives en décembre et qu’un changement de majorité se profile – un changement de gouvernement très profond dans lequel d’ailleurs le thème catalan sera pratiquement le thème principal – je ne pense pas que l’approche des gouvernements européens et des institutions internationales va changer”

Cristina Giner, euronews : “Nous avons parlé politique et économie, mais quel est l’impact émotionnel de ces résultats ?”

Lluís Bassets : “Le Parti populaire a pris en main les problèmes d’ordre émotionnel et sentimental provoqués par la mauvaise gestion d’un conflit où de nombreux intérêts sont en jeu. La grande vertu de ces intérêts, c’est qu’ils sont quantifiables et qu’ils peuvent faire l’objet de compromis. C’est impossible avec des sentiments.

Je pense qu’il y a probablement des blessures très profondes, mais si nous arrivons à exprimer ce conflit en termes quantitatifs, en termes d’intérêts, de compétences, de déclarations juridiques, si nous réussissons à le faire très rapidement, je pense que nous avons encore le temps de soigner les sentiments blessés et brisés”

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