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Les élections catalanes pour les nuls

Le 27 septembre auront lieu les élections du parlement régional de la province espagnole de Catalogne. Voici quelques points pour comprendre les forces en présence et les enjeux d’un vote dont les répercussions sont encore loin d‘être complètement envisagées.

Quels enjeux ?

Plus de cinq millions d‘électeurs sont appelés dimanche à se rendre dans les bureaux de vote de Barcelone et des autres localités catalanes, pour un scrutin que les partis indépendantistes catalans espèrent voir transformé en plébiscite. Leur grand espoir, obtenir une légitimité suffisante pour lancer un processus d’accession à l’indépendance de la Catalogne, la plus riche région d’Espagne. C’est donc probablement l‘élection la plus importante depuis celle qui avait donné un parlement régional aux Catalans, en 1980.

Il s’agit aussi du plus grand défi au modèle d’Etat fédéral espagnol tel qu’introduit par la constitution de 1978.

Quel système électoral ?

C’est un système proportionnel plurinominal, c’est à dire qu’on vote pour une liste, et non pour un candidat. Les sièges sont attribués proportionnellement par circonscriptions, au nombre de quatre : Barcelone (85 sièges), Tarragone (18 sièges), Girona (17 sièges) et Lleida (15 sièges), pour un total de 135 sièges.

Quels partis politiques ?

Junts pel Sí (Ensemble pour le Oui)

Principale coalition de parti indépendantistes et souverainistes comme Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et Convèrgencia Democràtica de Catalunya (CDC). Le président actuel de Catalogne, Artur Mas, fait partie de cette liste.



Candidatura d’Unitat Popular (Liste d’Unité Populaire): gauche radicale. Ils veulent l’indépendance de l’Espagne et de l’Union Européenne. Son candidat à la présidence catalane est le journaliste Antonio Baños.



Catalunya Sí Que Es Pot (Catalonia Yes We Can): Coalition de partis civiques et d’organisations tels que Podemos, Esquerra Unida i Alternativa (EUiA), les écologistes d’Iniciativa per Catalunya-Verds (IC-V) et Equo. Anti-austérité, elle prône un référendum d’indépendance négocié avec l’Etat espagnol. Dirigée par l’activiste Luis Rabell.



Ciutadans – Cs (Citoyens): libérale, sa liste couvre un large spectre politique. Elle défend la Catalogne comme partie de l’Espagne mais avec une autonomie renégociée. Au niveau national, cette coalition défend le combat contre la corruption et une “renaissance démocratique” de l’Espagne. Dirigée par Inès Arrimadas.

Partit dels Socialistes de Catalunya – PSC (Parti Socialiste de Catalogne): il s’agit de la Fédération catalane du PSOE, le parti socialiste espagnol, qui défend le modèle fédéral mais souhaite une réforme constitutionnelle. Miquel Iceta dirige cette liste.



Partido Popular de Catalunya – PP (Parti Populaire de Catalogne): c’est la liste du parti au pouvoir en espagne, le PP du premier ministre Mariano Rajoy. Complètement opposé à l’indépendance de la Catalogne, qu’elle considère comme une rupture de l’unité espagnole. Plaide pour une redéfinition des administrations pour éviter que la duplication de certains services. Son candidat est ​​Xavier Garcia-Albiol.



Unió Democràtica de Catalunya – UDC (Union Démocratique de Catalogne): s’est séparée de son allié historique le CDC car ne défendant pas assez l’indépendance de l’Espagne au niveau législatif. Liste dirigée par Ramón Espadaler.



Quel est le spectre politique du parlement sortant?

Que disent les sondages ?

Selon une enquête réalisée le 10 septembre par l’institut national espagnol CIS, la coalition Ensemble Pour le Oui obtiendrait au moins 60 sièges sur 135. Ces députés, alliés à ceux de la gauche indépendantiste, obtiendraient une majorité absolue en nombre de sièges, mais pas en pourcentage de votes (ils obtiendraient 44% au total).

Quels sont les scénarios possibles ?

Difficile de le savoir, même pour Mariano Rajoy

Si la liste pro-indépendance Junts pe Sí remporte la majorité absolue, soit 68 sièges, à la Generalitat, le parlement de Catalogne, alors son gouvernement pourrait faire très vite une déclaration solennelle pour mettre en route le processus d’indépendance, officiellement présenté à l’Etat espagnol, l’Union européenne et la communauté internationale. Alors commencera le “désengagement” de la Catalogne de l’Etat fédéral, et 18 mois plus tard le parlement catalan pourrait déclarer formellement l’indépendance et commencer à rédiger une constitution.

Si la même coalition gagne les élections mais avec le soutien de la gauche radicale le scénario pourrait être différent.

Et en cas de manque de majorité absolue, l’avenir de la Catalogne sera encore plus incertain.


La Catalogne, en bref



  • Population : 7 512 982 (2014)
  • Taux de chômage : 20,22% (2nd trimestre 2014)
  • PIB par habitant : 27 298 € (2013)
  • Superficie: 32 108 km2
  • Densité de population : 235,3 habitants/km2
  • Enseignement supérieur : 175 752 (2010)
  • Taux de natalité : 1,42 (2011)

L'Espagne dans son ensemble



  • Population : 46 507 760 (2014)
  • Taux de chômage : 24,7% (2nd trimestre 2014)
  • PIB par habitant : 22 278 € (2013)
  • Superficie: 504 645 km2
  • Densité de population : 93,2 habitants/km2
  • Enseignement supérieur : 1 879 000 (2010)
  • Taux de natalité : 1,36 (2011)

Sources : eurostat, INE, Idescat

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