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Portugal : quel bilan pour le gouvernement Coelho ?

Juin 2011. Le parti de centre-droit de Pedro Passos Coelho remporte les élections législatives. Ce retour au pouvoir, après six années de

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Portugal : quel bilan pour le gouvernement Coelho ?

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Juin 2011. Le parti de centre-droit de Pedro Passos Coelho remporte les élections législatives. Ce retour au pouvoir, après six années de gouvernement socialiste, intervient alors que le Portugal traverse une grave crise financière, qui menace d’entraîner sa sortie de la zone euro.

Point of view

Si jamais je dois perdre une élection pour sauver le pays(...) Au diable les élections. Ce qui m'importe, c'est le Portugal!

Avec Pedro Passos Coelho, un économiste adepte des formules néo-liberales, le PSD, le Parti social-démocrate, obtient ses meilleurs résultats en vingt ans. Mais sans majorité absolue, il doit composer avec le CDS-PP, de Paulo Portas, un parti situé à droite de l‘échiquier politique.

“Nos priorités sont claires : stabiliser les finances publiques, aider les plus nécessiteux, relancer la croissance et créer des emplois. Nous allons répondre à la grave situation financière par la stabilisation financière’‘, annonce alors le nouveau chef du gouvernement.

Avec sa majorité, Pedro Passos Coelho met le Parlement en ordre de bataille pour atteindre les objectifs d‘équilibre des comptes publics et de réduction de la dette souveraine, conformément au plan de sauvetage de 78 milliards d’euros, signé avec l’Union européenne, la BCE et FMI. Le Premier ministre annonce alors des mesures dures et impopulaires : “Le budget 2012 va entraîner une suppression du treizième mois pour les fonctionnaires qui gagnent plus de 1000 euros par mois.’‘

Dans la rue, les manifestations se succèdent, notamment quand Pedro Passos Coelho augmente la cotisation des salariés à la Sécurité sociale, tout en réduisant celle des employeurs. Malgré la grogne, le Premier ministre reste droit dans ses bottes : “Si jamais je dois perdre une élection pour sauver le pays, comme ils disent… Au diable les élections… Ce qui m’importe, c’est le Portugal’‘, lance-t-il alors, sous les applaudissements de ses partisans.

Sans état d‘âme, il appelle les Portugais a “sortir de la zone de confort”, autrement dit à explorer d’autres horizons. Une recommandation entendue par la population. En 2014, 2,3 millions de Portugais vivent à l‘étranger. Aucun autre pays de l’UE que le Portugal ne compte autant d‘émigrés.

Des sacrifices qui s’avèrent payants. Après trois ans d’austérité budgétaire, le Portugal parvient à s’affranchir de la tutelle internationale. “Le 17 mai 2014 restera dans notre histoire comme le jour de tous les Portugais, parce que sans leurs efforts, nous ne serions pas arrivés si loin. C’est pourquoi ce ne sera ni le jour du gouvernement, ni celui d’un parti politique, ce sera notre jour à tous”.