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Six mois après un séisme dévastateur, où en est le Népal ?


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Six mois après un séisme dévastateur, où en est le Népal ?

Le 25 avril et le 12 mai, le pays a été frappé de plein fouet par deux puissants tremblements de terre d’une magnitude de 7,8 sur l‘échelle de Richter, deux catastrophes terribles, du jamais vu depuis 80 ans au Népal. Selon les Nations Unies, plus de 8 500 personnes sont décédées, plus de 22 000 ont été blessées et plus de 605 000 maisons ont été détruites. Des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans abri.



Mais à l’approche d’un hiver annoncé comme rigoureux et dans la crainte d’un tremblement de terre encore plus terrible, comment le pays fait-il face ?

Course contre la montre

Pour la plupart des ONG sur place c’est une véritable course contre la montre qui a été engagée afin de mettre en place au plus vite tout ce qui est nécessaire pour lutter contre la chute des températures dans les régions les plus sinistrées par les séismes du printemps dernier.

Mais pour John Narayan Parajuli, journaliste au Kathmandu Post : “le pays a à peine commencé le processus de reconstruction depuis le désastre du 25 avril”.
Interrogé par euronews, le reporter pointe du doigt l’attitude du gouvernement qui a été très lent dans la récolte des fonds sauf pour les opérations initiales destinées aux abris temporaires après la fin des recherches menées par les équipes de secours”. Un comble continue le journaliste qui souligne “que plusieurs organisations des Nations Unies, et des ONG sont sur le terrain mais que les autorités népalaises ne jouent pas leur rôle de coordination. Il y a clairement un manque d’organisation” selon John Narayan Parajuli.

Organisation insuffisante sur fond d’instabilité politique

Malgré la générosité des donateurs étrangers, avec 4 milliards d’euros de promesses de dons, le Népal souffre d’un manque de moyens !

“La nécessité est de créer des mécanismes pour identifier les projets et les financer est une nécessité”, insiste le journaliste John Narayan Parajuli.



La jeune république népalaise est née en 2006 avec l’abolition de la monarchie. menée par la rébellion maoïste qui a remporté les élections de 2008. Mais le nouveau régime ne s’est pas fait sans heurts. Depuis l’adoption d’une nouvelle constitution fin septembre, le pays a vu surgir de violentes manifestations.

Une instabilité qui inquiète le grand voisin indien. New Delhi a entamé il y a quelques semaines un blocus sur les ressources naturelles notamment le pétrole et le gaz, officiellement pour des raisons de sécurité mais officieusement pour soutenir la minorité indienne des Madhesis qui vit dans le sud du Népal.

Une économie en crise et un tourisme incertain

D’après la principale organisation patronale népalaise interrogée par l’agence espagnole EFE, les tremblements de terre d’avril-mai et le blocus indien ont provoqué une perte de pratiquement 10 milliards d’euros pour l‘économie.

Terrible pour ce petit pays, déjà l’un des plus pauvres du monde avec un PIB de 19 milliards d’euros.

Pire, le tourisme principale source des précieuses devises a lui aussi subi un choc avec des victimes étrangères lors d’expéditions au moment où se sont produits les tremblements de terre selon David Jones, qui dirige Exodus Himalaya Treks and Expeditions, société spécialisée dans les expéditions sur les grands sommets du Népal. David Jones précise également que “les réservations ont chuté après de multiples annulations”.

Outre les expéditions vers les sommets, le patrimoine népalais a lui aussi connu de lourds dommages. Pour David Jones, “un coup dur de plus, les touristes ne veulent pas voir les Népalais si accueillants survivre dans les rues”. Mais il se veut “optimiste sur le long terme, il faudra du temps”, dit-il.

Le patrimoine népalais a subi de lourds dommages

Les temples de la capitale Kathmandou ont été très souvent dévastés par les secousses terribles.
Une perte historique, culturelle, patrimoniale et touristique.

Thomas Schrom, chargé de la sauvegarde des monuments explique que “la reconstruction des sites a été évalué à au moins 158 millions d’euros. Les dégâts sont considérables, tout le patrimoine classé par l’UNESCO a été touché”. Un tiers des 750 monuments népalais a été gravement endommagé mais en réalité la totalité des sites ont été affectés d’une manière ou d’une autre” selon lui.

Toutefois, 80% des monuments à Kathmandu sont restés intacts, un vrai miracle. Mais la priorité est de consolider ce qui peut l‘être car si certains monuments sont intacts, ils ont été fragilisés par les centaines de répliques du printemps dernier.

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