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Pourquoi les Roumains ont dit "stop" à Victor Ponta ?

Cela ressemble aux prémices d’une révolution, un automne roumain peut-être. Un ras-le-bol en tout cas. Pour la première fois, les Roumains sont

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Pourquoi les Roumains ont dit "stop" à Victor Ponta ?

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Cela ressemble aux prémices d’une révolution, un automne roumain peut-être. Un ras-le-bol en tout cas. Pour la première fois, les Roumains sont décidés à aller jusqu’au bout . L’incendie a été l‘étincelle de trop. Depuis la chute du communisme, la classe politique est rongée par la corruption. Un fléau que tout le monde connaît, dont les Roumains jusque-là s’accommodaient.

Cette fois-ci, la contestation prend de l’ampleur. Dans la rue et sur les réseaux sociaux.
En à peine quelques minutes, nos informations sur la démission du Premier ministre ont été partagées et likées des dizaines de milliers de fois.

Lorsque Victor Ponta arrive au poste de Premier ministre en 2012, il est le plus jeune élu à ce poste. Il jouit d’une large popularité et d’un charisme certain. Il porte les espoirs de la population d’une nouvelle ère. Mais très vite, il va décevoir. Pas de grandes réformes, des querelles permanentes avec l’ancien président.

Et puis arrivent les casseroles judiciaires. En juin, il est poursuivi pour faux en écriture, complicité d‘évasion fiscale et blanchiment d’argent, du temps où il était avocat. Après l’affaire du plagiat de sa thèse qui avait fini par lui faire renoncer à son titre de docteur, l‘étau se resserre, mais lui refuse de partir :

Je crois que la démocratie ne s’exerce pas dans la rue, par la force. Une démocratie fonctionne selon les mécanismes mentionnés par la Constitution“ déclarait Victor Ponta.

Ponta l’aura donc appris à ses dépends, la démocratie s’exerce aussi dans la rue.

A ce moment-là, les Roumains y sont déjà pour exiger sa démission, mais cette fois-là, ils n’auront pas gain de cause.

Quelques mois plus tôt, ils avaient toutefois infligé un revers au Premier ministre qui se présentait à l‘élection présidentielle.

Ponta avait été battu contre toute attente par Klaus Iohannis, lequel avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption.

Le Président élu, au soir des résultats, prend la mesure de ce qu’il vient de réaliser et des raisons qui l’ont amené là :

J’ai compris le message envoyé par les citoyens roumains. C’est un message puissant pour moi et la classe politique.

La corruption des élites n’est pas un mal nouveau en Roumanie. Lorsque le pays frappe à la porte de l’Union européenne en 2004, le Parlement menace de repousser l’adhésion (en 2007) si rien n’est fait pour l’endiguer.

Pendant quelques années, Bucarest jouera le jeu. Des centaines d’arrestations et de procès auront lieu. Les têtes tombent.

Pas suffisant pour la population.
Cet incendie qui a tué 32 personnes a été un déclencheur. Cela aurait pu être n’importe quoi d’autre. Pour cette génération-là, celle des réseaux sociaux, spontanée et décidée à changer la face politique du pays, c‘était juste le moment pour dire stop.