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Birmanie : le long et douloureux voyage d'Aung San Suu Kyi

C’est une icône de la résistance pacifique contre l’oppression, et c’est à ce titre qu’elle devient Nobel de la Paix en 1991. Mais ce n’est qu’en

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Birmanie : le long et douloureux voyage d'Aung San Suu Kyi

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C’est une icône de la résistance pacifique contre l’oppression, et c’est à ce titre qu’elle devient Nobel de la Paix en 1991. Mais ce n’est qu’en 2012, qu’Aung San Suu Kyi peut le recevoir en mains propres après 21 longues années de privation de liberté.

Point of view

"Souvenez-vous de cette vérité souvent répétée, un prisonnier de conscience est un prisonnier de trop"

Alors que vous me regardez et que vous m‘écoutez, s’il vous plaît, souvenez-vous de cette vérité souvent répétée, un prisonnier de conscience est un prisonnier de trop“ déclare-t-elle le 16 juin 2012.

En 1991, l’opposante birmane, en résidence surveillée, ne peut quitter Rangoun. Ses deux enfants et son mari, tous citoyens britanniques, reçoivent le prix en son nom. Cela ne fait que contribuer à sa légende.

Celle-ci commence en 1988, lorsqu’Aung San Suu Kyi quitte l’Angleterre, son mari et ses enfants pour aller s’occuper de sa mère vieillissante à Rangoun. Elle a alors quitté la Birmanie depuis 28 ans pour suivre sa mère en Inde, faire ses études en Angleterre, à New York…

Mais cette année-là, la dictature militaire en place depuis 1962 est contestée dans la rue puis réprimée, et une nouvelle junte se met en place. Dans la foulée, elle fonde la Ligue Nationale pour la Démocratie.

En 1990, son parti, la LND, remporte les élections à la majorité absolue, un raz-de-marée, alors même qu’Aung San Suu Kyi est placée en résidence surveillée depuis 1989, ainsi que les autres membres de la LND. Les militaires annulent les résultats et se maintiennent au pouvoir.

Quatre ans plus tard, le général Than Shwe, président de la Junte militaire depuis 1992, qui restera à la tête du pays jusqu’en 2011, la rencontre pour la première fois. Il dirige le pays d’une main de fer, hostile au dialogue avec l’opposition, il libère pourtant Aung San Suu Kyi l’année suivante.

La dame de Rangoun, qui continue d‘écrire discours et livres politiques voit son charisme grandir au cours de ces années. A cela s’ajoute l’héritage moral de son père, héros de l’indépendance birmane Aung San, assassiné lorsqu’elle n’avait que deux ans.

Son mari meurt d’un cancer en 1999 en Angleterre sans qu’ils puissent se revoir. La demande de Michael Aris pour se rendre en Birmanie est rejetée, et elle sait que si elle quitte la Birmanie, elle ne pourra pas revenir au pays.

En 2000, Aung San Suu Kyi est à nouveau privée de liberté après des tentatives répétées pour quitter la capitale ou pour tenir des réunions politiques dans d’autres régions du pays. Elle est libérée en 2002 suite aux pressions de l’ONU.

Et puis de nouveau privée de liberté en 2003 après l’attaque de Depayin qui a failli lui coûter la vie et dont la junte est tenue pour responsable par ses sympathisants.

En 2010, le parti de l’ex-général Thein Sein, le PDSU, remporte des élections boycottées par la LND et d’autres partis.

Aung San Suu Kyi est libérée quelques jours plus tard. Et c’est une foule immense et dévouée qui la salue à la porte de sa maison où elle a passé, au total 15 ans, confiné, depuis 2003 dans des conditions très dures.

En 2011, et par surprise la Junte militaire décide de son auto-dissolution et met en place un régime semi-civil dirigé par Thein Sein. La LND se fait ré-enregistrer comme parti politique et Aung San Suu Kyi se lance dans la campagne des législatives partielles.

La LND remporte alors 43 des 45 sièges en lice. Début 2012, Aung San Suu Kyi est élue députée et fait son entrée à la chambre basse du parlement. C’est le début de la normalisation de sa vie politique…