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Les partenariats, moteurs de la croissance économique dans l'UE

Dans cette édition, Real Economy est à Strasbourg afin de déterminer dans quelle mesure les partenariats et autres collaborations peuvent apporter un

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Les partenariats, moteurs de la croissance économique dans l'UE

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Dans cette édition, Real Economy est à Strasbourg afin de déterminer dans quelle mesure les partenariats et autres collaborations peuvent apporter un souffle nouveau à l‘économie européenne.
Au cours de cette émission, la Commissaire européenne à la politique régionale nous expliquera comment le partenariat peut conduire à des résultats économiques tangibles pour chacun d’entre nous.

Nous allons voir qu’une ville comme Liverpool qui accuse un certain retard utilise la collaboration pour retrouver sa gloire passée, mais aussi que l’adoption de meilleures stratégies peut nous aider à relever les plus grands défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

Un peu d’huile de coude, une collaboration patiente et de l’argent peuvent changer la trajectoire de l‘économie européenne.

Nous sommes aujourd’hui au Parlement Européen pour déterminer dans quelle mesure le partenariat au niveau européen et national devrait se répercuter sur une collaboration entre les gouvernements nationaux, les villes, la société civile, les entreprises – donnant ainsi à chacun d’entre nous, un sentiment de propriété sur les investissements et les décisions politiques. Explications sur le fonctionnement de ces partenariats.

Les pays européens ont d’abord dû déterminer dans quels domaines ils souhaitaient investir, en utilisant les fonds européens disponibles.

Pour cela, ils discutent d’abord avec les représentants des régions, des villes, de la société civile ou du secteur privé.
Les pays soumettent alors à la Commission européenne un accord de partenariat sur leurs besoins nationaux. La Commission pourra y ajouter d’autres idées.

Une fois approuvé et adopté, cela devient un contrat légal.
Les décisions d’investissement se transforment alors en Programme Opérationnel qui permet de débloquer les fonds.
Ces programmes sont des actions prioritaires au sein de l’accord de partenariat auquel chacun a contribué. Elles peuvent être pour et entre les pays, les régions et les villes. Toutes les parties prenantes coopérant entre elles.

Au Parlement européen se retrouvent nos représentants, y compris ceux d’une ville dont les habitants et le gouvernement ont saisi cette opportunité de macro-partenariat pour créer de nombreuses collaborations locales afin de rattraper un retard de croissance.

Prenons l’exemple de Liverpool où s’est rendue pour nous Sarah Chappell.

La ville portuaire de Liverpool était une puissance commerciale au cours des 18ème et 19ème siècles. Mais au milieu du 20ème, ses docks et son industrie ont subi de plein fouet la récession du Royaume-Uni au cours des années 70.

Pendant des décennies, Liverpool était persuadée que son époque de place-forte économique appartenait au passé. Mais la ville a su se régénérer, changer en profondeur grâce à des projets ambitieux menés à bien à force de travail par ses habitants mais aussi et surtout grâce à une meilleure collaboration.

Un renouvellement massif au cours des 25 dernières années, encouragé à la fois par les investissements privés et des fonds publics, a permis de mettre en place une infrastructure économique solide pour aider les entreprises à prospérer.
Ces sept dernières années, près de 12 milliards d’euros ont été alloués au Royaume-Uni par le Fonds européen de développement et le Fonds social européen. 220 millions l’ont été pour la seule ville de Liverpool.

Le Partenariat Local d’Entreprise est le principal organe de la région de Liverpool permettant de rassembler entreprises, dirigeants et institutions afin de faire progresser l‘économie:

“Tous les dirigeants de la ville travaillent ensemble, explique Mark Basnett, du Partenariat Local d’Entreprise de la ville de Liverpool, afin de déterminer quels sont nos points forts et nos avantages concurrentiels. Où nous nous situons à l‘échelle nationale et internationale. Où avons nous une capacité mondiale ? Notre stratégie est de s’appuyer sur ces forces.”

Le port est évidemment au coeur de cette stratégie. Un nouveau terminal à conteneurs en eau profonde, capable d’accueillir les plus gros porte-conteneurs du monde, a vu le jour. Il devrait permettre de constituer un nouveau pôle économique fort dans le nord de l’Angleterre.

Dans un centre-ville redynamisé, des initiatives visant à stimuler la croissance des PME ont donné naissance à une pléthore de jeunes entreprises, qui pour rien au monde ne voudrait être implantées ailleurs.

Gary Carney est le co-fondateur de ce qu’il décrit lui-même comme un “grand magasin indépendant” qui permet à de petits détaillants locaux de pouvoir exposer leurs produits en plein centre.

Son entreprise a d’abord obtenu un prêt du Fonds spécial d’investissement du comté du Merseyside, soutenu par un financement à la fois local, national et européen. Désormais, sa boutique est remplie d’une multitude de produits, allant de la vaisselle à la chapellerie.

“Nous avons bénéficié d’une réaction très favorable. Je pense que tout le monde se rend compte de l’intérêt de notre démarche. Cela se voit à la vitesse à laquelle le magasin s’est rempli.”

Malgré le regain d’activité et de productivité de la ville, certaines zones de Liverpool restent parmi les plus défavorisées du Royaume-Uni. Encore un énorme challenge à relever, reconnaît le Partenariat Local d’Entreprise.

“D’abord, vous devez commencer par créer la bonne infrastructure économique, explique Mark Basnett, qui offre du travail à ceux qui le souhaitent. Nous devons maintenant nous assurer que nous atteignons tous les secteurs de notre société.”

Maithreyi Seetharaman, euronews :
“Avec nous, Corina Cretsu, la Commissaire européenne à la politique régionale.
Je voulais d’abord vous demander si vous pouviez nous expliquer ce que voulait vraiment dire Partenariat pour les non-initiés ?”

Corina Cretsu, commissaire européenne à la politique régionale :
“Cela veut dire impliquer tout le monde. Parce que nous ne pouvons pas décider depuis Bruxelles ce dont les pays, les régions, les Etats Membres ont réellement besoin. Je pense qu’il est vraiment très important de coopérer ensemble. Nous sommes dans une année où tous les projets et les investissements pour les sept prochaines années seront décidés et mis en place.”

euronews :
“Qu’est ce qui est si différent aujourd’hui ?”

Corina Cretsu :
“Beaucoup de pays ont connu de nombreux problèmes depuis le début parce que c’est vraiment une politique très compliquée. L’année dernière, j‘étais très inquiète que les Etats Membres ne prennent de l’argent que pour prendre de l’argent. Si on leur enseigne et s’ils se réunissent, hommes d’affaires et autorités locales, ils pourront concevoir ce qui sera le meilleur pour leurs régions lors des sept à dix prochaines années.”

euronews :
“Pensez-vous que certaines régions qui ont pris du retard sont à blâmer ou bien ne leur avons nous tout simplement pas accordé suffisamment d’attention ?”

Corina Cretsu :
“Nous avons des régions où nous investissons énormément mais où nous ne voyons aucune progression que ce soit à un niveau économique ou en terme d’emplois. Dans d’autres, les résultats sont beaucoup plus probants. Il n’existe aucune région en Europe qui ne bénéficie pas de l’argent européen. Je suis allé aux Pays-Bas, en Allemagne, en France…J‘étais à Berlin et j‘étais si fière de voir leur gestion des réfugiés, j‘étais dans les banlieues, j’ai vu la reconstruction des espaces urbains, comme à Paris. J’encourage vraiment tous les Etats Membres à utiliser ces fonds pour ce type de projets.”

Quand une idée ou une stratégie semble fonctionner, la partager, l’adapter à d’autres villes, d’autres régions ou même d’autres pays peut permettre de résoudre certains grands défis de notre temps. C’est le cas au Portugal où s’est rendue Monica Pinna.

Messina (Italie), Riga (Lettonie), Roquetas de Mar (Espagne), Salonique (Grèce), Vantaa (Finlande) et Amadora (Portugal) : quel est le point commun entre ces villes ?

Elles sont toutes des “villes d’accueil” en terme d’immigration. Elles ont donc choisi d’unir leurs forces pour trouver des solutions à un défi commun. Comment ? En collaborant, une des clés du programme européen Urbact:http://urbact.eu/, qui permet aux villes de partager et améliorer leur politique urbaine. Un premier rendez-vous se tenait au Portugal, dans la ville d’Amadora.

“Personne n’a la science infuse, reconnaît Carla Tavares, maire d’Amadora. Cela va nous permettre de partager des réalités, des expériences et des nouvelles façons d’appréhender les défis que nous affrontons au quotidien”.

Urbact est un instrument de la politique de cohésion, co-financé par le Fonds Européen de développement régional, les 28 Etats Membres, la Norvège et la Suisse. Le budget total pour 2014-2020 est de 96,3 millions d’euros.

Céline Ethuin d’Urbact nous explique: “On finance des échanges au niveau des partenaires au niveau transnational, des études, pour qu’ensuite on puisse avoir un plan d’action local”.

Dès la première rencontre du réseau de “villes d’accueil”, leurs représentants ont été convaincus que les partenariats pouvaient réussir là où d’autres stratégies avaient échouées.

Pour Andreasa Karadakis de Salonique “La Grèce n’est pas une destination finale, juste un pays de transition sur la route du Nord de l’Europe”.

“Notre ville a le plus grand pourcentage de migrants en Finlande”, affirme Hannele Lautiola.

Pour Juan Francisco Iborra Rubio “Ces projets sont très intéressants parce qu’ils nous permettent d’anticiper quelque chose qui peut se produire avant qu’il n’ait lieu”.

“Nous recevons habituellement quelques 3 000 demandeurs d’asile par an. Cette année, nous en avons déjà accueilli 30.000”, souligne enfin Hannele Lautiola.

Mobilité, emploi des jeunes et technologies vertes sont des domaines où Urbact a connu ses meilleurs résultats depuis le lancement du programme en 2006. Aujourd’hui, la crise des réfugiés s’est ajoutée au calendrier.

Cette année, plus d’un demi-million de personnes ont traversé la Méditerrannée pour obtenir la protection de l’Europe. En seulement trois mois, d’avril à juin, plus de 213 000 nouvelles demandes d’asile ont été formulées. Une situation qui requiert fonds, stratégie politique et organisation.

Le centre d’accueil pour réfugiés de Bobadela, dans les environs de Lisbonne, a été créé en 2006 pour accueillir 42 personnes. Aujourd’hui, ils sont 76 réfugiés de plus de 20 nationalités. Le pays en attend encore plus dans les semaines à venir.

Cristina Farinha, directrice du centre de réfugiés de Bobadela :
“Nous avons une soixantaine de personnes en dehors du centre. Au total, nous aidons 276 personnes. Tous les partenariats sont importants et nous devons y travailler”.

Environ 70% de la population européenne habite en zones urbaines. S’ils sont généralement à la base de la croissance nationale, ils sont également plus exposés aux risques d’inégalités et d’exclusion. C’est la raison pour laquelle les villes sont les principales bénéficiaires d’Urbact.

Maithreyi Seetharaman, euronews :
“Nous sommes toujours avec la Commissaire Cretsu. Avez-vous des exemples que vous voudriez mettre en avant en disant : “oui, c’est ainsi que l’on doit mettre en place un partenariat”, ou au contraire d’autres où vous diriez plutôt, “non, ne faîtes pas ça ?”

Corina Cretsu, Commissaire européenne à la politique régionale :
“C’est quelque chose que je dirais aux Etats Membres, aux régions, aux autorités administratives. Je ne veux pas rajouter de nouvelles règlementations, même si elles sont importantes puisqu’elles permettent de contrôler l’argent. Mais si au niveau national vous rajoutez de nouvelles exigences ce n’est pas bon. Je ne veux pas de petites ou moyennes entreprises qui abandonnent parce qu’elles trouvent le processus trop compliqué, trop lent ou trop bureaucratique. Les gens sur le terrain savent le mieux ce qui fonctionne ou ce qui n’est pas utile. J’invite chacun d’entre eux à faire remonter leurs idées parce que dès l’année prochaine nous commencerons à réfléchir à quoi cette politique de cohésion devra ressembler après 2020. Nous devrons apprendre de nos expériences.”

euronews :
“Nous parlons de beaucoup d’argent – Qui gère ces budgets ? Comment surveillez vous son utilisation ?”

Corina Cretsu :
“Tout d’abord, nous nous appuyons beaucoup sur des auditeurs nationaux mais nous avons également des auditeurs de la Commission Européenne. Nous avons une tolérance zéro sur la fraude. Il est important que nous travaillions en toute transparence au niveau international. “

euronews :
“N’existe-t il pas un possible conflit d’intérêt entre ces accords de partenariat et le plan Juncker qui lui aussi souhaite attirer des investisseurs ?”

Corina Cretsu :
“Non, Non. Ce n’est pas notre argent, l’argent pour la cohésion n’est pas concerné. Si c’est un grand projet et que l’argent de la banque d’investissement n’est pas suffisant, nous pouvons envisager de combiner les fonds. Mais il n’y a pas de conflit. Au contraire, on marche ensemble, main dans la main.”