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Banque d'Angleterre et Opep sous pression

Dans cette édition, nous évoquons les répercussions de la réunion de la Banque d'Angleterre la semaine dernière et l'avenir des prix du pétrole tel que mentionné dans un rapport confidentiel de

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Banque d'Angleterre et Opep sous pression

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La semaine dernière, les analystes attendaient le “super jeudi” de la Banque d’Angleterre avec l’espoir que son gouverneur annonce de bonnes nouvelles sur les taux d’intérêt. En l’occurence, malgré des publications économiques positives ces dernières semaines, Mark Carney a surpris les marchés en se montrant étonnament prudent.

La banque centrale britannique ne semble en effet pas pressée d’augmenter ses taux d’intérêt. Elle a laissé entendre que cette levée n’interviendrait pas dans les premiers mois de 2016. D’où une certaine déception chez les investisseurs. Elle a par ailleurs laissé inchangé le montant total de son programme de rachats d’actifs et revu à la baisse ses prévisions concernant l’inflation et la croissance au Royaume-Uni.

Croissance plus modeste, impact du ralentissement dans les pays émergents

“Le Comité s’attend à ce que la part du Royaume-Uni dans la croissance mondiale soit plus modeste que ce que nous avions prévu en août, a indiqué Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre. Cet aspect demeure un risque à la baisse dans ces prévisions, a-t-il ajouté, il y a aussi le ralentissement plus brutal en Chine et dans les pays émergents, de manière plus générale, car leurs dettes sont élevées et ils sont vulnérables aux sorties de capitaux.”

Jeudi, la livre britannique a chuté de 1% face aux autres grandes monnaies. Conséquence de ces annonces et du maintien pour quelques temps encore du taux directeur de l’institution monétaire à 0,5%, niveau historiquement bas.

“La Banque d’Angleterre est très transparente”

Pour aller plus loin dans l’analyse, nous avons interrogé comme à l’accoutumée, Nour Eldeen Al Hammoury, responsable en chef des stratégies marchés chez ADS Securities, à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“Malgré une série de bons chiffres pour le Royaume-Uni, Mark Carney a adopté un ton prudent. Comment interprétez-vous les choses ?”

Nour Eldeen Al Hammoury:
“Même si Mark Carney a été très prudent, on peut dire que c’est une très bonne chose. La Banque d’Angleterre a prouvé qu’elle est très transparente à la différence d’autres banques centrales en suggérant qu’il est trop tôt pour augmenter les taux et qu’il faut les maintenir à un niveau bas encore plus longtemps, à savoir jusqu’en 2017. Nous sommes à une époque où nous avons besoin de transparence. C’est ce que demandent les marchés et c’est ce qu’il leur faut pour être stables.”

Daleen Hassan :
“Depuis le début de l’année, la livre s’est montrée stable par rapport au dollar. Quelles sont vos prévisions concernant le taux de change de la livre d’ici à la prochaine réunion de la Banque d’Angleterre ?”

Nour Eldeen Al Hammoury :
“La livre sterling s‘échange depuis le début de l’année, entre 1,50 et 1,55 dollars. Il est probable que l’on se situe dans les mêmes niveaux jusqu‘à la fin de l’année. A moins que l‘économie britannique nous surprenne avec des chiffres positifs et significatifs, en particulier concernant l’inflation et la croissance. Dans ce cas, cela renforcerait à nouveau, les perspectives positives haussières de la Grande-Bretagne.”

La part de marché de l’Opep en hausse sur le très long terme

Passons au deuxième sujet de cette édition : un rapport confidentiel de l’Opep estime que pour ses pays membres, les cours du pétrole vont rester bas dans les prochaines années. Ce qui voudrait dire que de sérieux défis attendent les Etats du Conseil de Coopération du Golfe en particulier.

D’après un rapport interne à l’organisation que l’agence Reuters s’est procuré, la demande mondiale pour le pétrole brut produit par l’Opep restera sous pression ces prochaines années.

L‘étude table malgré tout sur une hausse de sa part de marché sur le très long terme avec le déclin de la production de pétrole de schiste et de gaz naturel. Mais les cours devraient rester bas tout en remontant légèrement : le cours moyen du panier Opep à 55 dollars cette année prendrait cinq dollars par an, atteignant 80 dollars en 2020.

Tandis que l’Algérie et l’Iran proposent de revenir à une stratégie de soutien des cours via l’ajustement de l’offre, l’Arabie saoudite estime elle que la politique actuelle est appropriée à long terme. Deux visions qui devraient se confronter lors de la prochaine réunion de l’Opep le 4 décembre à Vienne.

Daleen Hassan, euronews :
“Nour, dans ce rapport, l’Opep semble pessimiste sur l’avenir des cours du pétrole. Comment les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en particulier peuvent-ils faire face ?”

Nour Eldeen Al Hammoury :
“L’Opep est pessimiste depuis un an maintenant, mais cela ne veut pas dire qu’il faut s’attendre à des cours du pétrole très bas ou à une baisse importante à 25 dollars le baril par exemple. Ce n’est pas d’actualité pour le moment.
La plupart des facteurs négatifs ont déjà été pris en compte au cours de cette année comme on a pu le constater en août dernier. On estime qu’une stabilisation est plus probable et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé depuis août : le baril de pétrole s‘échange à un niveau qui varie de seulement cinq dollars à la hausse ou à la baisse et cela devrait continuer ainsi jusqu‘à la fin de l’année.

“Les pays du CCG sont capables de relever de tels défis”

Quant aux pays du CCG, on a remarqué qu’ils sont nombreux à avoir pris des mesures comme la suppression des subventions sur les carburants. L’Arabie saoudite a reporté certains de ses projets futurs, émis des obligations locales et augmenté les tarifs de l’eau pour les entreprises. Ces mesures sont censées soutenir leurs budgets à court terme.
Par ailleurs, il faut rappeler que les dettes de ces pays sont très faibles. Ce qui leur donne la possibilité d’emprunter à nouveau comme cela a été le cas après la crise financière de 2008 pour couvrir leurs besoins jusqu‘à ce que les cours du pétrole ne se reprennent. On estime donc que les pays du CCG sont capables de relever de tels défis.”