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Le tournant de la politique étrangère allemande


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Le tournant de la politique étrangère allemande

La position en retrait de la Bundeswerh sur les scènes des conflits internationaux est inscrite dans ses gênes.
Après la seconde guerre mondiale, l’Allemagne est privée d’armée.
Il faut attendre 1955 pour voir une armée nationale se reconstituer.
Mais le traumatisme de la toute puissance nazie est encore présent.
Par ailleurs, l’Europe craint une invasion soviétique.

La nouvelle armée allemande créée en 1955 est alors immédiatement intégrée à l’OTAN.
Sa mission est claire : la défense de l’Allemagne et de ses alliés contre la menace soviétique.
C’est à ce rôle là, sorte d’avant poste de la défense de l’ouest, qu’elle sera assignée jusqu‘à la fin de la guerre froide, se gardant ainsi de toute intervention militaire.

Si la réunification bouleverse la donne stratégique et les mentalités, la tradition pacifique des allemands demeure. Régulièrement, comme hier, ils manifestent en nombre contre toute intervention de leur pays à l‘étranger. Régulièrement donc, il faut affronter, outre le vote au Bundestag, une opinion publique peu favorable.

Le tournant s’opére toutefois au début des années 90.
La toute première intervention a lieu en Somalie en 1993 sous l‘égide de l’ONU, et le vrai tournant a lieu dans les Balkans.
L’aviation allemande participe aux opérations de l’OTAN en Bosnie en 1995, 1996 puis au Kosovo en 1999.

Si, au gré des gouvernements, le pays revient parfois à la culture de la retenue, l’Allemagne est aujourd’hui présente avec quelque 3000 militaires sur 16 terrains dans le monde.
La majeure partie des effectifs sont en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d’assistance et de sécurité de l’OTAN.

En 2011, toutefois, lors du vote décisif au Conseil de sécurité de l’ONU sur l’intervention en Libye, l’Allemagne figure parmi les abstentionnistes, aux côtés de la Russie et de la Chine. Une décision mal perçue y compris parfois sur le plan intérieur, et qui l’isolera de ses partenaires européens.

L’an dernier, Berlin décidait de former et de fournir des armes aux peshmergas, les combattants kurdes qui luttent contre les djihadistes en Syrie et en Irak.
Aujourd’hui, l’Allemagne entre de plein pied dans la guerre contre Daech.

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