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Culture : il n'y a pas qu'à Angoulême que les femmes sont mal-aimées

Le 5 janvier dernier, le jury du Festival International de la Bande Dessinée publiait la liste des nominés au Grand Prix. Pas une femme n’y figurait

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Culture : il n'y a pas qu'à Angoulême que les femmes sont mal-aimées

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Le 5 janvier dernier, le jury du Festival International de la Bande Dessinée publiait la liste des nominés au Grand Prix. Pas une femme n’y figurait, suscitant un tollé conduisant l’organisation à annuler purement et simplement la liste. Une semaine après la polémique, recollons les morceaux.

Le jury n’a sélectionné aucune femme pour sa liste de prétendants au grand prix. Un fait qui manque de logique quand on sait que le monde de la bande dessinée en France regroupe 13% de femmes. Partant du principe que la liste est composée de trente noms, entre trois et quatre femmes devraient logiquement y être présentes. Evidemment, le but n’est pas de respecter des « quotas » mais bien de juger les auteurs selon leur talent. Mais suite à l’affaire, le collectif bdégalité monté au créneau pour protester contre cette discrimination.

La polémique autour de cette liste d’auteurs ne fait que mettre en lumière un problème récurrent au sein du Festival : la sous-représentation constante des femmes. On trouve même certaines catégories où elles n’ont jamais été primées.

Il est intéressant de noter que la catégorie où elles ont le plus été primées est le prix Cultura, dont le vainqueur n’est pas désigné par un jury du festival mais par le public.

10% de femmes primées aux Eisner Awards

Mais ce problème n’est pas restreint à la France. Aux Etats-Unis, le prix Eisner récompense chaque année les meilleurs auteurs de comics. De même qu’en France, outre-Atlantique la bande dessinée est une véritable institution. Les prix Eisner sont décernés depuis 1988 et totalisent une trentaine de récompenses.

Le constat est tout aussi négatif que pour le prix Angoulême, à la différence près que côté Eisner les femmes ont une place prédominante dans les publications pour adolescents. Par contre, 11 prix sur 36 n’ont jamais récompensé de femme. Le problème n’est donc pas nouveau.

Les femmes absentes des grands prix artistiques internationaux

D’autant qu’il ne se restreint pas au monde de la bande dessinée. Les prix internationaux rechignent de manière générale à récompenser des femmes. Cela s’explique en partie par une prise de place progressive au sein des différentes industries : difficile de trouver des réalisatrices en 1929, lors de la première cérémonie des oscars. Mais à l’heure où elles partagent la scène avec leurs pendants masculins, elles occupent toujours une place minoritaire.

En 70 ans d’existence, le Festival de Cannes n’a accordé qu’une seule fois la Palme d’Or à une femme, Jeanne Campion, pour La leçon de Piano. Même dans un domaine où elles semblent occuper une place prédominante, comme la musique, elles peinent à se faire une place. Elles sont 37% à avoir été récompensées pour le Grammy Award du meilleur album.

Les jurys ne sont pas les seuls responsables. Cette sous-représentation s’explique aussi par la difficulté d’accès pour les femmes à certaines professions. Peu de femmes dans l’industrie est donc logiquement égal à peu de femmes prisées. Mais leur sous-représentation reste excessive : le prestigieux prix d’architecture Pritzker n’a récompensées que deux femmes en tout, dont la première en 2004.