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Crise migratoire: la Commission appelle à la responsabilité


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Crise migratoire: la Commission appelle à la responsabilité

La Commission européenne demande aux États membres de prendre leurs responsabilités face à la crise migratoire. L’appel concerne en premier lieu la Grèce. Athènes est particulièrement montrée du doigt et même accusée de défaillances. Mais l’institution épingle aussi l’ensemble de l’Union. Les 28 ont en effet convenu de mettre en place différentes mesures pour limiter l’arrivée de réfugiés et pour aider les États membres en première ligne. Après de difficiles négociations les dirigeants européens ont accepté la relocalisation en deux ans de 160 000 demandeurs d’asile arrivés en Italie et en Grèce. Mais ce dispositif est un échec. Euronews a interrogé le Commissaire européen chargé de la Migration, Dimitris Avramopoulos.

Euronews :
« Allez-vous lancer des procédures d’infraction contre les pays qui ne mettent pas en œuvre le processus de relocalisation ? »
 
Dimitris Avramopoulos :
« Ce n’est pas prévisible dans un futur proche. Pour le moment nous ne voulons punir personne. Ce que nous voulons c’est mettre tout le monde face à ses responsabilités. Si certains États membres réagissent de façon négative et ne veulent pas se conformer aux règles, nous avons les moyens pour essayer de les convaincre »
 
 
Euronews :
« Vous annoncez que le système de Dublin sera de nouveau mis en œuvre pour la Grèce. Est-ce que le pays peuvent vraiment accueillir ces réfugiés? »
 
Dimitris Avramopoulos :
« Bien sûr que non. Nous avons réalisé l’année dernière que le système de Dublin ne fonctionne pas comme il faut. Nous pensons donc à le changer. Mais pour le moment ce dispositif est en place.
A propos de la deuxième partie de votre question : personne ne veut vraiment ajouter un fardeau supplémentaire sur les épaules de la Grèce. Le pays est submergé. Oui la Grèce est sous le feu des projecteurs, oui la Grèce a pris du retard au début mais maintenant je dirai que le pays travaille bien, les autorités ont amélioré leurs efforts. »
 
Euronews :
« La Turquie et l’Allemagne proposent que l’Otan s’implique dans cette crise à travers la surveillance des frontières maritimes. Quelle est la position de la Commission? Vous approuvez cette idée? »
 
Dimitris Avramopoulos: :
« Je ne la vois pas de façon négative car l’Otan a les capacités, les moyens et les outils pour participer à notre effort pour mieux gérer cette crise. Il faut cependant prendre en compte qu’il s’agit d’une alliance, en matière de défense, elle se définit aussi par un ennemi. Avons-nous un ennemi en face? Est-ce que tous ces gens désespérés sont des ennemis? Les ennemis ce sont les trafiquants. »
 
Euronews :
« Une dernière question. Le Premier ministre slovaque prédit un effondrement de l’Union européenne si nous ne parvenons pas à contrôler la crise des réfugiés. Dans le même temps Matteo Renzi, le Premier ministre italien, décrit l’Union comme un orchestre sur le Titanic. Que répondez-vous? »
 
Dimitris Avramopoulos :
« Au lieu de critiquer l’Europe, il est bon de se rappeler que nous sommes l’Europe. Je pense qu’un retour aux politiques nationales est néfaste pour le rêve et le projet européen et cela ne mène nulle part. Cela nous ramènerait aux heures les plus sombres de l’histoire européenne. La question est simple maintenant. Quelle image notre génération souhaite laisser pour l’avenir? »

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