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Libérés, les deux journalistes turcs dénoncent un crime d'Etat


Turquie

Libérés, les deux journalistes turcs dénoncent un crime d'Etat

A peine libérés après 92 jours de détention préventive, les deux journalistes turcs accusés d’espionnage et de tentative de coup d’Etat n’ont pas l’intention de se laisser intimider.
A trois semaines de leur procès, ils contre-attaquent en dénonçant “un crime d’Etat”.
L’affaire tourne au bras de fer entre le chef de l’Etat et la Cour constitutionnelle turque qui a ordonné la libération des deux journalistes.

Lors d’une conférence de presse ce mercredi, Can Dündar, l’un des jounalistes de Cumhuriyet remis en liberté a ironisé sur son sort tout en critiquant le président Erdogan. “Le président turc n’est pas habitué à perdre, Plutôt que de prendre acte de la décision de la Cour, il cherche à en faire une crise d’Etat. Il a dit qu’il n’obéirait à la décision de la Cour. C’est la première fois qu’un président dit qu’il n’obéira pas à une décision de justice dans l’histoire de la République turque.”

Livraisons d’armes

Juste après la libération des deux confrères, le président turc, qui avait personnellement porté plainte dans cette affaire, avait remis en cause la décision de la Cour constitutionnelle jugeant illégale l’emprisonnement des journalistes.

En novembre dernier lces derniers avaient été interpellés pour avoir diffusé un article et une vidéo faisant état de livraisons d’armes par les services secrets turcs à des rebelles islamistes en Syrie.
Leur arrestation avait suscité une vague d’indignation.

Le contentieux entre M. Erdogan et la Cour constitutionnelle turque s’explique par le fait que la Cour est l’une des rares institutions qui n’est pas encore contrôlée par le parti de M. Erdogan, la plupart de ses membres ayant été nommés avant son accession à la présidence en 2014. A plusieurs reprises, elle a désavoué son gouvernement en annulant les dispositions de lois controversées.

Can Dündar a aussi critiqué les “sales petites combines” entre l’Union européenne et la Turquie autour de la question des migrants. En vertu d’un accord conclu en novembre, Ankara s’est engagée à endiguer les départs de migrants vers l’Europe en échange d’une aide financière et de concessions politiques.
“Le marchandage proposé, c’est tu gardes sous contrôle les réfugiés chez toi et en échange je tolère ta gouvernance autoritaire. Mais ce n’est pas l’Europe que nous voulons, cela”, a-t-il souligné.
La Turquie pointe à la 149e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.

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