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Négociations de paix sur la Syrie : "notre peuple n'acceptera pas un meurtrier comme président"

A Genève, le HCN, le Haut comité des négociations, une entité formée de divers opposants au régime d’Assad, représentants politiques et des groupes

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Négociations de paix sur la Syrie : "notre peuple n'acceptera pas un meurtrier comme président"

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A Genève, le HCN, le Haut comité des négociations, une entité formée de divers opposants au régime d’Assad, représentants politiques et des groupes armés, a rencontré le médiateur de l’ONU.

Point of view

Les négociations sont très importantes pour nous tant que leur objectif est de mettre fin à la souffrance du peuple syrien

Staffan de Mistura a choisi les négociations “de proximité” pour ce round de pourparlers de paix. C’est-à-dire qu’il reçoit l’une après l’autre les délégations du régime et de l’opposition.

Dans un contexte de cessez-le-feu fragile, voire fantoche, les représentants de cette opposition dispersée ont accepté de participer.

Mais leur credo est le même que celui des opposants au régime ici dans la rue, à Alep, le même aussi qu’il y a quatre ans, puis deux ans, lors de Genève 1 et 2. Ils veulent la mise en place d’un organe de transition, qui aura tous les pouvoirs y compris ceux du président.

Et ils ne veulent pas de Bachar el-Assad. Le porte-parole du groupe l’a répété : “il n’y aura aucun rôle dans cet organe pour ceux qui ont commis des crimes, y compris pour Bachar el-Assad”.

Autant dire que le fossé entre l’opposition et les représentants du régime n’est pas prêt de se combler.

Le HCN fait face en outre à un autre problème : l’irruption d’un nouveau groupe d’opposition, le groupe dit de Moscou, qui comme son nom l’indique est soutenu par Moscou, et prône donc “un dialogue sans condition et la recherche d’un consensus”.

Le HCN lui nie toute légitimité sur le terrain. Ce groupe a cependant été reçu hier soir par le médiateur de l’ONU.
Et ce, deux jours seulement après que Vladimir Poutine a annoncé un retrait des troupes russes.

Le gros du contingent russe en Syrie devrait d’ailleurs être parti d’ici “deux à trois jours”. C’est ce que vient d’annoncer le commandant des forces aériennes russes, refusant cependant de préciser combien d’aéronefs rentraient en Russie et combien restaient. Moscou avait déployé une cinquantaine de bombardiers, avions d’attaque au sol et hélicoptères en Syrie.


Après avoir interviewé le négociateur en chef de Damas, à Genève, où se tiennent les pourparlers de paix sur la Syrie, notre envoyé spéciale Faiza Garah a pu rencontrer Salim el-Mouslat, le porte-parole du HCN, la délégation de l’opposition syrienne. Elle lui a demandé son point de vue sur ces négociations. Le porte-parole a souligné qu’en cas de retrait partiel des forces russes, le HCN demandera des comptes à Moscou.

La Russie a décidé de retirer ses troupes de Syrie ? Que pensez-vous de cette décision ?

Salim el-Mouslat :
“Je pense que c’est une décision positive à condition qu’elle se concrétise sur le terrain. *Un retrait total des forces russes va bien sûr impacter les discussions de Genève. Mais si le retrait des troupes n’est que partiel, nous posons la question : que va faire le reste des troupes en Syrie ?
Les forces russes sont intervenues en Syrie en septembre dernier dans le but d’aider Bachar al-Assad en lançant des frappes contre les civils, et non pas pour combattre le terrorisme comme ils le disent.* Nous espérons que la position de la Russie sera vraiment positive lors de ces négociations, car elle était un parrain essentiel de Genève 2 . Donc nous espérons aussi qu’elle soit un véritable partenaire lors de ces négociations de Genève 3.”

Pensez vous que la Russie pousse vers une résolution de la crise syrienne, en prenant cette décision ?

Salim el-Mouslat :
“C’est dans l’intérêt de tout le monde de travailler pour une résolution de la crise en Syrie. Il y a déjà plusieurs pays qui ont fait beaucoup d’efforts pour qu’on en arrive là. Et c’est pour cela que nous espérons que la Russie adoptera la même position que des pays amis en poussant, pour avancer, lors de ces négociations. Les négociations sont très importantes pour nous tant que leur objectif est de mettre fin à la souffrance du peuple syrien. Nous espérons une issue positive à Genève, et il est normal que rien ne se concrétise si les décisions ne sont pas sérieuses et sincères “

Lors des rencontres avec l‘émissaire des nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura, quelles étaient vos revendications ?

Salim el-Mouslat :
“Nous avons rencontré Staffan de Mistura plusieurs fois, la première fois, c‘était lors de l’accueil, à notre arrivée, à Genève.
Les choses étaient claires pour nous, ces négociations portaient sur les principes de Genève 1 , sur la conférence de Riyad, sur les résolutions internationales 20118 et 2254. Nous espérons que les négociations se concentrent sur une autorité transitoire ayant pleins pouvoirs sans Bachar al-Assad et sans qu’il n’ait plus aucun rôle dans l’avenir de la Syrie. “

Et quel est le rôle de l’Union européenne dans la résolution de la crise syrienne ?

Salim el-Mouslat :
“Les pays européens sont des pays amis qui ont soutenu la cause syrienne, l’Europe prend aussi en charge une partie de cette crise en accueillant un grand nombre des réfugiés. Cette catastrophe est énorme pour tout le peuple syrien, et celui qui l’a causé est toujours à la tête du pays, au pouvoir. Nous sommes ici pour négocier la venue d’une nouvelle ère en Syrie, sans Bachar al-Assad, celui qui est responsable de cette catastrophe, sans ceux qui ont commis tous ces crimes et poussé les gens à fuir”.