DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Le Brésil en pleine tourmente politico-judiciaire : la fin pour Dilma et Lula ?


Brésil

Le Brésil en pleine tourmente politico-judiciaire : la fin pour Dilma et Lula ?

Lula, l’homme du miracle brésilien des années 2000, ex-président charismatique, est à présent au coeur d’une crise politique qui enfonce le géant sud-américain dans la division et le chaos institutionnel.

Six ans après avoir quitté le pouvoir, Luiz Inacio Lula da Silva est soupçonné par des juges d’enrichissement illicite, de falsification de documents et de blanchiment d’argent, dans le cadre de l’enquête sur le gigantesque scandale du groupe Petrobras.

Visé par deux enquêtes judiciaires, l’icône de la gauche brésilienne est soutenue par la présidente Dilma Rousseff. La voici au domicile de celui qui reste son mentor politique, une visite au lendemain d’une brève mais humiliante interpellation le 4 mars dernier.

Alors quand, quelques jours plus tard, la présidente le nomme “ministre d’Etat, chef de la Maison Civile”, les crispations se font plus fortes. Car ce poste, qui s’apparente à une sorte de Premier ministre ayant beaucoup de pouvoirs, lui permet d‘échapper à la menace d’un placement en détention par le juge fédéral Sergio Moro en charge de l’enquête Petrobras.

L’investiture se passe donc dans une ambiance houleuse…

D’autant que la veille de cette cérémonie, le juge Moro a rendu publique l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Rousseff et Lula.

On y entend la présidente expliquait qu’elle va lui faire rapidement parvenir son décret de nomination pour qu’il s’en serve “seulement en cas de nécessité”.

Nombreux sont ceux qui ont interprété ces propos comme une allusion à une arrestation.

L’enregistrement fait l’effet d’une bombe, et déclenche des manifestations d’indignations dans les rues. Les anti-Dilma, déjà mobilisés de longue date, se déchaînent et réclament la destitution de la présidente brésilienne.

C’est le soir même de l’investiture, que les députés ont donc lancé la procédure de destitution contre la présidente. Une procédure complexe qui prend du temps…

Depuis décembre, l’opposition tente de l‘évincer du pouvoir. Elle accuse Dilma Roussef d’avoir maquillé les comptes publics de 2014 et 2015 pour camoufler la crise économique et favoriser ainsi sa réélection, elle l’accuse aussi d’avoir financé sa campagne électorale avec des fonds de la compagnie publique pétrolière Petrobras.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Irak : sit-in des partisans de Moqtada Sadr contre le gouvernement