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Radovan Karadzic, le boucher des Balkans


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Radovan Karadzic, le boucher des Balkans

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Il a finalement été condamné pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et reconnu pénalement responsable de génocide à Srebrenica. Radovan Karadzic est ici aux côtés de Radko Mladic, son complice, jugé également à la Haye.

En février 1992, il faisait cette déclaration au parlement bosniaque, pendant un débat sur le référendum sur l’indépendance, boycotté par les serbes et voulu par les communautés musulmane et croate :

Ne pensez pas que vous ne plongerez pas la Bosnie en enfer et que vous ménerez peut-être pas le peuple musulman à l’extinction. Les musulmans ne peuvent pas se défendre en cas de guerre ici. Comment empêcherez-vous tout le monde de s’entretuer en Bosnie ?

Une déclaration forte qui a mené l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie à superviser, à orchestrer l’impensable pendant les années qui suivirent.

Depuis son arrestation en 2008, après 13 ans de clandestinité, dont une bonne partie aux yeux de tous à Belgrade, exerçant comme guérisseur méconnaissable sous le nom de Dragan Babic, le boucher des Balkans estime qu’il a “oeuvré pour préserver la paix et réduire la souffrance des gens”.



Considéré comme le cerveau de la purification ethnique en Bosnie, il est le plus haut responsable politique a être condamné en Europe par un tribunal international depuis les procès de Nuremberg contre les dignitaires nazis.

Beaucoup de Serbes continuent de voir en lui un “héros” de la guerre de Bosnie.

Dimanche dernier, des représentants du gouvernement de l’entité serbe de Bosnie ont inauguré un dortoir universitaire baptisé au nom de Radovan Karadzic.

SON PASSE POLITIQUE
Au début des années 1990, Karadzic fonde son Parti démocratique serbe (SDS) de Bosnie, aujourd’hui encore une des principales formations du pays.

Son projet de partition de la Bosnie s’accélère avec l’organisation, en mars 1992, d’un référendum sur l’indépendance de la Bosnie, que les Serbes boycottent. Ce scrutin lui fournira l’excuse pour lancer ses opérations militaires.

Ses troupes se livrent alors à une campagne de nettoyage ethnique effrénée, qu’il orchestre et au cours de laquelle plus d’un million de non-Serbes sont expulsés de leurs maisons.

Le conflit fait au total près de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Plus 20 000 femmes ont été violées.

Fin 1995, Karadzic est écarté des négociations de paix à Dayton par son ancien allié, l’homme fort de Belgrade Slobodan Milosevic. En juillet 1996, la communauté internationale l’oblige à limiter ses apparitions publiques.



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