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Allemagne: décès de l'ancien chef de la diplomatie Hans-Dietrich Genscher


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Allemagne: décès de l'ancien chef de la diplomatie Hans-Dietrich Genscher

L’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, qui joua un rôle clé dans la réunification de son pays en 1990, est décédé jeudi soir à l‘âge de 89 ans, a annoncé son bureau vendredi.
L’ex-responsable du parti libéral allemand et chef d’orchestre de la diplomatie allemande pendant près de vingt ans a succombé à un arrêt cardiaque, “entouré de sa famille”, dans sa maison de Wachtberg-Pech (ouest), ont précisé ses services dans un communiqué.

AFP
Hans-Dietrich Genscher a été le dernier chef de la diplomatie de la République fédérale d’Allemagne, le premier de l’Allemagne réunifiée. Dans une Allemagne divisée, Genscher a toujours été favorable au dialogue Est-Ouest, attitude qui a contribué au succès du processus de réunification.

Hans-Dietrich Genscher naît en 1927 à Halle, ville qui fera partie de l’Allemagne de l’Est. Quand arrive la Seconde guerre mondiale, il rejoint la Wehrmacht pour, dira-t-il plus tard, ne pas être enrôlé contre son gré dans les Waffen SS.

La guerre terminée, il fait des études de droit et d‘économie en Allemagne de l’Est. Il passe à l’Ouest en 1952 et adhère au Parti libéral-démocrate (FDP). En 1969, Genscher est nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement social-démocrate de Willy Brandt.

Quand survient la prise d’otage des Jeux Olympiques de Munich, il refuse l’offre d’Israël d’envoyer ses forces spéciales. La crise se termine dans un bain de sang.

Il devient ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier en 1974 dans le gouvernement d’Helmut Schmidt. Il va contribuer à modeler la fameuse Ostpolitik, qui favorise dialogue et détente avec l’Union Soviétique. Genscher voit l’Allemagne comme un pont entre l’Est et l’Ouest. Une position qui irrite régulièrement les Américains.

Genscher est également très favorable à l’intégration européenne, la clé, à ses yeux, du succès de la réunification allemande. Il milite aussi avec ferveur pour des réformes politiques en Pologne et en Hongrie. Et il finit par avoir raison : d’abord, les gouvernements d’Europe de l’Est sont renversés, puis sonne l’heure de la réunification.

Etape clé, victoire personnelle : son discours du 30 septembre 1989 au balcon de l’ambassade de la RFA à Prague. Des milliers de réfugiés est-allemands sont rassemblés dans la cour de la représentation diplomatique. C’est Genscher qui leur annonce que la RDA les autorise à rejoindre l’Ouest.

En 1990, il négocie la réunification avec son homologue est-allemand Markus Meckel. Après la déclaration d’indépendance de la Croatie et de la Slovénie en 1991, Genscher est convaincu que la Yougoslavie ne peut pas rester unie. Il obtient alors que Berlin reconnaisse la Croatie.

Hans-Dietrich Genscher continuera d’user de ses qualités de diplomates au-delà des années 2000. Partenaire clé de la chancelière Angela Merkel dans les négociations avec le président russe Vladimir Poutine, il a notamment grandement contribué à obtenir la libération du milliardaire Mikhail Khodorkovsky en décembre 2013.

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