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Brésil : l'opposition vote la destitution de Rousseff, le Sénat doit trancher

Défaite cuisante pour Dilma Rousseff : 367 députés ont décidé de la chasser du pouvoir ce dimanche. Le chiffre surpasse largement le seuil des 342

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Brésil : l'opposition vote la destitution de Rousseff, le Sénat doit trancher

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Défaite cuisante pour Dilma Rousseff : 367 députés ont décidé de la chasser du pouvoir ce dimanche.

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Pierre Le Duff

Le chiffre surpasse largement le seuil des 342 voix (les 2/3) requis pour lancer la procédure de destitution contre celle qui est soupçonnée d’avoir maquillé les comptes publics en 2014 et 2015.

Un vote historique, qui a duré plus de 6 heures et a été suivi par près de 80 000 Brésiliens devant l’Assemblée.

Prochaine étape, le Sénat.
Cette fois la majorité simple des 80 sénateurs sera nécessaire pour mettre en accusation la présidente brésilienne.

En attendant, cette dernière tient à privilégier la négociation :

“La présidente est ouverte pour aborder toute solution dans le cadre de la démocratie, du respect la Constitution. Ce qui est inacceptable, ce sont des ruptures constitutionnelles, des situations qualifiées de coup d’Etat”, explique son porte-parole Jose Eduardo Cardoso, faisant allusion à l’opposition dont les membres sont régulièrement taxés de “putschistes”.

Si le Sénat tranche en validant la destitution de Dilma Rousseff, et qu’elle se voit en conséquence écartée de la présidence pour un maximum de 180 jours, alors c’est le très impopulaire vice-président Michel Temer, qui prendra sa place.

“Temer aura aussi des comptes à rendre, souligne toutefois Allan Dos Santos, représentant du mouvement “Résistencia Popular”. Ils l’ont choisi. Il devra donc nous rendre des comptes, à nous citoyens, de façon à ce que le Brésil soit respecté. L’avenir nous dira comment il va réagir. Mais la rue va continuer de le chasser.”

Agé de 75 ans, Michel Temer est lui aussi, à l’instar de nombreux hommes politiques de tout bord, éclaboussé par le scandale de corruption Petrobras. A ce titre, il est dans le collimateur du tribunal suprême électoral.
Pas de quoi apaiser la crise qui a émergé avec la réélection de Dilma Rousseff en octobre 2014.

“Les partisans de la destitution de Dilma Rousseff jubilent du côté sud de l’esplanade des ministères après le volte à la chambre des députés qui ne marque sans doute que le début d’une longue crise politique au Brésil”, commente à Brasilia le journaliste d’euronews Pierre Le Duff.