DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Tchernobyl, 30 ans plus tard, l'apparence d'un retour à la normale


Ukraine

Tchernobyl, 30 ans plus tard, l'apparence d'un retour à la normale

Il y a 30 ans, le monde se réveille sous un nuage qui n’en finira pas de faire parler de lui et de ses conséquences. Le 26 avril 1986, à 1h24 du matin, au cours d’une expérimentation sur le réseau électrique, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl subit deux explosions. D’importantes quantités de radioactivité sont libérées dans l’atmosphère provoquant une contamination sans précédent. C’est l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire.

À Paris étaient réunis mi-avril pour un colloque spécial consacré à la catastrophe, des scientifiques, des historiens, d’anciens liquidateurs, ils étaient des milliers envoyés sur les lieux tout de suite après pour tenter de limiter les dégâts et construire le sarcophage du réacteur, à présent obsolète. L’arche en construction depuis 4 ans est loin d‘être achevée, ainsi que l’explique l’ambassadeur d’Ukraine en France

“La fin des travaux est prevue pour 2017 mais bien sûr il faut décontaminer le contenu du sarcophage. Ça va prendre plus de temps : si je ne me trompe pas, la fin des travaux est prevue en 2023”.

La ville de Pripyat, modèle soviétique, construite pour les travailleurs de la centrale ne fut pas immédiatement évacuée. Ses 50 000 habitants ne seront prévenus que le jour suivant.
Aujourd’hui encore la pollution concerne des millions de personnes dont on sait qu’elles vivent dans des zones à risque.

Galina Ackerman, Chercheuse associée à l’Université de Caen

“Il y a des populations qui habitent dans les zones contaminées parce qu’on ne peut pas déplacer 8 millions des personnes. Et d’ailleurs, c’est assez aléatoire, même dans cette zone de 30 km autour de la centrale, il y a des endroits qui, en principe, sont habitables. Le problème, c’est que pour assainir les conditions de vie de la population, il faut des investissements énormes”.

Le plus étonnant, 30 ans plus tard, c’est cette nature foisonnante qui semble avoir repris ses droits.

Dans la zone d’exclusion, ce rayon de 30 kilomètres autour du site, des animaux sauvages de plus en plus nombreux occupent les lieux. Mais les apparences sont trompeuses selon ce sociologue

“Après Tchernobyl on ne peut plus regarder sereinement son assiette bien sûr mais aussi le jardin, la forêt. Et en même temps, tout ça reste inchangé par rapport à l‘époque de l’avant accident. Physiquement les choses n’ont pas changées. Donc c’est un effet extrêmement bizarre de schizophrénie entre une contamination qu’on ne voit pas mais dont on sait qu’elle est là, des effets qui vont peut-être se produire mais qui sont différés, et un état du monde qui fait que tout est resté présent. Et la plupart des gens des zones contaminées disent “mais pourquoi on a fermé, pourquoi on a mis des fils de fer barbelés, pourquoi on nous a relogé, regardez, on pourrait vivre ici et vivre bien’ ”.

Le fait est que Pripyat est désormais une ville fantôme, hantée une fois par an par les proches des victimes. 31 victimes directes auxquelles se sont ajoutées au fil des ans, des milliers d’autres.

Pictures from Chernobyl exclusive zone

Oksana Pashlovksa de l’Université de la Sapienza à Rome:

“Le symbole le plus puissant de cette situation, ce sont les gens qui reviennent dans les zones contaminées, une fois par an. Ils reviennent à Pâques et où reviennent ils? Ils reviennent au cimetière. Pour rendre hommage à leurs proches, les morts”

Les zones les plus touchées par la contamination s‘étendent sur des centaines de kilomètres entre l’Ukraine, le Belarus et la Russie. Dans la zone directement exposée, vivent toujours quelque 800 personnes, dans des villages autour, dont l’espérance de vie n’excède pas 45 à 50 ans.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

George Clooney en tête de la marche commémorative du génocide arménien, non reconnu par la Turquie