DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

5 tendances clés du marché de la drogue en Europe

monde

5 tendances clés du marché de la drogue en Europe

Publicité

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies a publié un rapport à propos des stupéfiants sur le Vieux Continent

Nous avons choisi cinq tendances clés du dossier établi par l’OEDT.

L’agence salut son rapport comme une “vision unique” des problèmes de drogues en Europe. Attention cependant : les données de certains pays ne sont pas mis à jour comme les autres, ce qui signifique que la comparaison n’est pas toujours facile.

Amsterdam et Anvers victimes d’une hausse de la consommation de MDMA

La MDMA est le plus souvent consommé sous la forme d’ecstasy, mais elle peut aussi être consommée sous forme de cristal ou de poudre. Sa consommation est en hausse de partout en Europe selon les enquêtes des pays qui en ont produit depuis 2013.

La Belgique et les Pays-Bas ont été mis sous les projecteurs après une étude de l’an dernier, qui portait sur les traces de drogues trouvées dans les eaux usées. Les chercheurs ont étudié une série de capitales et grandes villes européennes. Amsterdam et Eindhoven sont les deux villes où l‘étude a trouvé le plus grand résidu de drogue par habitant.

L‘étude de l’OEDT montre aussi que, selon une estimation de 2014, 5,5% des 15-34 ans habitant aux Pays-Bas avaient essayé la MDMA dans la dernière année. C’est la plus forte proportion des pays européens étudiés.

Toujours selon l‘étude, la MDMA n’est plus limitée aux scènes électro : elle est aussi accessible maintenant dans des lieux de vie nocturne grand public.

“Inquiétude croissante” concernant les homosexuels s’injectant du crystal

Le rapport appelle à une action pour éviter des épidémies de VIH qui pourraient venir de consommateurs gays de methamphétamine par injection, le crystal meth.

L’injection de stimulants tel que le crystal meth associée à des niveaux élevés de comportements sexuels à risque est aussi une préoccupation croissante. Cela a été rapporté parmi les petits groupes d’hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes dans certaines villes européennes, soulignant la nécessité d’une coopération accrue et une réponse conjointe de la lutte contre la toxicomanie et des services de santé sexuelle“ explique le rapport. “L’injection de méthamphétamine (aussi appelée crystal meth), aux côtés de l’utilisation des autres stimulants, continuent d‘être signalés dans un certain nombre de pays. Ces pratiques sont une préoccupation en raison de la combinaison de la double prise de risque : à la fois sur la consommation de drogue et sur les comportements sexuels“.

Fracture visible entre l’est et l’ouest de l’Europe concernant les différentes drogues consommées

Une réelle fracture de la consommation est à noter entre l’Europe de l’ouest et l’Europe de l’est : la consommation de cocaïne est plus élevée en Europe occidentale et méridionale, alors que les amphétamines sont plus consommés en Europe du nord et de l’est.

Selon une étude de 2015, le niveau de résidu de cocaïne dans les eaux usées est le plus élevé dans ces pays : la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Les amphétamines, quant à elles, sont les drogues les plus saisies en Scandinavie et Europe de l’est, à l’exception de la République Tchèque et la Slovaquie, où les méthamphétamines (dont les crystal meth) dominent le débat.

Le problème des “euphorisants légaux”

Un des problèmes majeurs selon ce rapport est l’arrivée sur le marché de soi-disant “euphorisants légaux”. Ils sont officiellement appelé “cannabinoïdes synthétiques”. Ce sont des produits qui cherchent à imiter le principal produit chimique psychoactif du cannabis, le tétrahydrocannabinol, plus connu sous le diminutif “THC”. Entre 20 et 30 nouveaux produits de ce type ont été identifié depuis 2011.

Le rapport explique même que “les cannabinoïdes synthétiques sont vendus comme des produits de remplacement “légal” pour le cannabis et peuvent-être annoncés comme des “mélanges d’encens exotiques” et “non destiné à la consommation humaine“ afin de contourner les lois sur la protection des consommateurs et de la médecine.

Ceci est le plus grand groupe de nouveaux médicaments contrôlés par l’OEDT, reflétant à la fois la forte demande de cannabis en Europe, et la capacité des fabricants à placer de nouveaux cannabinoïdes sur le marché lorsque celels existantes sont soumises à des mesures de contrôle.

En février 2016, l’OEDT a émis un avertissement sur le cannabinoïde synthétique appelé MDMB-CHMICA. Il aurait été relié à 13 décès.

Les traitements pour l’usage de cannabis à la hausse

Le cannabis reste la drogue illicite la plus populaire en Europe : 1% des personnes sur le continent en consommerait sur une base quotidienne ou quasi-quotidienne (ce qui équivaudrait donc à environ 742 500 personnes). Selon certaines estimations, le cannabis a été consommé par 23.9% des jeunes (15-34 ans) en République Tchèque. C’est le chiffre le plus élevé en Europe.

Le rapport explique que les principaux défis actuels sont la lutte contre l’importation des drogues de “plusieurs pays d’origine“ et l’augmentation de la production des drogues au coeur de l’Europe. Il note aussi une croissance des demandes de traitement contre le cannabis.

Le nombre de personnes cherchant de l’aide pour des problèmes liés à la drogue a d’ailleurs augmenté : 45 000 étaient recensés en 2006, contre 69 000 en 2014. Les chercheurs donnent des pistes d’explications à ce constat : “Les causes de l’augmentation du nombre de participants de traitement ne sont pas claires, mais peuvent être liés à des changements dans la prévalence de la consommation de cannabis et sa consommation intensive. D’autres facteurs tels que la disponibilité des produits plus nocifs et à forte puissance sont à prendre en compte. L’augmentation de la disponibilité des traitements de cannabis ou encore l‘évolution des pratiques de traitement de référence est quand même à noter.”

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article