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"Nuit debout continuera même quand il ne sera plus visible"

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"Nuit debout continuera même quand il ne sera plus visible"

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Depuis fin mars, la France découvre un mouvement citoyen né dans le cadre de la mobilisation contre le projet de loi Travail : Nuit debout. Réunis sur la place de la République à Paris, mais aussi dans d’autres villes de France, ses partisans veulent redonner la parole au peuple et interpeller les élus pour qu’ils tiennent compte de ce qu’il exprime.
A l’heure où ce mouvement semble s’essouffler et à l’approche du vote du texte au Sénat, beaucoup s’interrogent sur ses chances de survie. Nous avons recueilli l’avis d’ Albert Ogien, sociologue français et directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique à Paris.

Sophie Claudet, euronews :
“Par-delà la France et l’Espagne, il y a eu d’autres mobilisations citoyennes dans d’autres pays européens. Y a-t-il un mouvement en marche ?”

Albert Ogien, sociologue :
“Le fait que le système des partis et de la démocratie représentative après soixante-dix années d’existence en paix après la Seconde Guerre mondiale soit un peu rouillé, cela explique que les citoyens ne se reconnaissent pas nécessairement dans la manière dont les gouvernements gouvernent. C’est un phénomène très, très général en Europe et puis, il y a des endroits où cette aversion vis-à-vis du mauvais fonctionnement du système représentatif s’est déjà traduit par la création de partis qui aspirent à exercer le pouvoir aujourd’hui. Donc c’est le cas de Podemos, de Cinq étoiles ou d’une autre manière, de Syriza en Grèce.”

“Un rassemblement un peu organisé sous un mode spontané”

Sophie Claudet :
“Pourquoi Nuit debout ne rassemble pas autant de gens que ce qu’on a pu voir en Espagne à l‘époque ? Ce mouvement est-il plutôt sur le déclin ?”

Albert Ogien :
“Il faut noter que ce mouvement a été une surprise dans sa forme alors que le nombres de personnes rassemblées n‘était pas aussi énorme qu‘à New York, à Londres ou en Espagne.
On parle de mouvement, mais la difficulté, c’est de qualifier cela de mouvement, c’est juste quelque chose qui s’est fait, une sorte d‘évènement, de rassemblement un peu organisé sous un mode spontané, mais qui en fait, émane de multiples initiatives que des citoyens prennent un peu partout en France pour débattre de questions politiques depuis quelques années.
Donc, de la même manière que ce Nuit debout ne naît pas au moment où les gens occupent la place de la République, il ne disparaîtra pas au moment où il n’y aura plus personne sur la place de la République. Les gens qui étaient dans des groupes de réflexion, dans de l’activisme, dans du militantisme, dans toutes sortes de manifestation, dans toutes sortes d’endroit en France retournent à leurs manifestations, à leur activisme, à leurs actions. Donc le fait que le mouvement n’existe plus en tant que mouvement visible pour les médias par exemple ne veut pas du tout dire que les personnes qui ont envie d’un changement politique ne travaillent plus à ce changement.”

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