DERNIERE MINUTE

Brexit : vers une récession britannique ?

C'est ce que croit Jeremy Cook, économiste à Londres. Gros plan sur les possibles conséquences du Brexit pour l'économie britannique.

Vous lisez:

Brexit : vers une récession britannique ?

Taille du texte Aa Aa

Quel impact aura le Brexit sur l‘économie britannique ? Notre envoyée spéciale à Londres, Sarah Chappell, en a discuté avec Jeremy Cook, chef économiste chez World First.

allviews Created with Sketch. Point of view

"On peut s'attendre à deux, voire trois ou quatre trimestres de croissance négative donc oui, une récession est fort probable."

Plongeon dans l’inconnu

Aucun Etat membre n’ayant jamais quitté l’Union européenne, c’est avant tout un plongeon dans l’inconnu.

On ne sait pas ce qui va se passer. Une grande incertitude va planer sur l‘économie britannique. Les entreprises pourraient suspendre leurs dépenses d’investissement, et donc les créations d’emplois. Ce qui semblait tout rose pourrait commencer à s’assombrir,“ prévient-il.

Au premier trimestre, le Royaume-Uni pouvait se targuer d’une croissance de 2,1% sur un an. Le FMI estime que le Brexit amputera le PIB britannique de 1,4 à 5,6% d’ici 2019.

Hausse du chômage

A 5% de la population active, le taux de chômage était au plus bas depuis octobre 2005 sur les trois mois allant de février à avril. Le pays comptait 1,67 million de chômeurs. Des chiffres appelés à gonfler avec le départ des entreprises qui utilisaient le pays comme porte d’entrée vers l’Europe.

La banque américaine JPMorgan a déjà averti qu’elle pourrait déplacer des emplois hors du Royaume-Uni. Dans la City de Londres, les banques craignent de perdre le droit de vendre sans entrave leurs services financiers vers les pays de l’UE.

Enfin, la chute de la livre devrait générer de l’inflation importée. Certes, la Grande-Bretagne a de la marge avec une inflation de 0,3% en mai.

Probable récession

Le coup porté à court terme à la confiance des investisseurs, des entreprises et des consommateurs, suggère qu’ils pourraient freiner leurs dépenses sur les trois prochains mois,“ précise Jeremy Cook. “On peut s’attendre à deux, voire trois ou quatre trimestres de croissance négative donc oui, une récession est fort probable.

C’est bien ce que redoutent les agences de notation financières. Standard & Poor’s a prévenu ce vendredi qu’elle pourrait retirer son précieux triple A au Royaume-Uni. Moody’s envisage aussi de dégrader la note du pays.