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OSCE : "L'attitude de la Russie accroît le risque d'une escalade"

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OSCE : "L'attitude de la Russie accroît le risque d'une escalade"

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Alors que la Russie a multiplié ces derniers mois, les opérations militaires dans l’est de l’Europe, l’OTAN réuni en sommet les 8 et 9 juillet s’apprête à déployer une nouvelle force multinationale pour participer à la défense de la Pologne et des pays baltes. Un dispositif qui viendra s’ajouter aux forces déjà présentes dans la région et qui effectuent déjà des campagnes d’entraînement intenses.
Pour avoir un éclairage avisé sur le sujet, nous avons interrogé Lamberto Zannier, secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe . Il reconnaît que “la situation sécuritaire est très complexe” et estime que la Russie du fait de ses agissements “accroît le risque d’un accident qui pourrait générer une crise.”

Sophie Claudet, euronews :
“La menace d’une nouvelle guerre froide, voire d’une guerre est-elle réelle ou la Russie et l’OTAN veulent-ils simplement montrer leurs muscles ?”

Lamberto Zannier, secrétaire général de l’OSCE :
“Je ne dirais pas que nous sommes dans une nouvelle guerre froide. Mais c’est vrai que nous faisons face à une situation sécuritaire très complexe. D’un côté, un conflit est en cours au coeur de l’Europe et c’est très inquiétant bien sûr et ce conflit risque de créer une escalade dans la confrontation entre Est et Ouest.
Dans le même temps, existe aussi une coopération étroite, par exemple dans la lutte contre le terrorisme. Ici, récemment à Vienne, une décision a été prise sur la cybersécurité.”

“La Russie veut créer son propre espace autour d’elle”

Sophie Claudet :
“Mais la Pologne – comme vous le savez – est inquiète tout comme les pays baltes…”

Lamberto Zannier :
“On constate bien sûr que la Russie est en train de réagir en quelque sorte à l’expansion des institutions euro-atlantiques en créant son propre espace autour d’elle : à travers la CEI, l’Union économique eurasiatique, etc.
La logique consiste en quelque sorte à presser, à renforcer aussi ses moyens militaires et cela accroît le risque d’un accident qui pourrait générer une crise. On l’a vu en Syrie avec l’avion russe abattu par la Turquie. Ces incidents peuvent toujours susciter une escalade.
Ce qui m’inquiète, c’est que pendant la guerre froide, nous avions développé ici à l’OSCE, un certain nombre d’outils pour gérer les relations entre armées, le désarmement et des mesures visant à établir la confiance qui étaient approuvés par les deux camps.
L’efficacité de ces outils est aujourd’hui remise en cause. C’est très compliqué de les utiliser à l’heure actuelle parce que le dialogue est devenu plus difficile.
Et donc, nous n’avons pas de filet de sécurité aussi efficace que celui que nous avions pendant la Guerre froide.”

Des “violations systèmatiques” du cessez-le-feu en Ukraine

Sophie Claudet :
“Votre organisation, l’OSCE, est chargée de contrôler le cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine. Nous avons vu dans notre reportage qu’il n’est pas respecté : pourquoi ?”

Lamberto Zannier :
“L’un de nos objectifs, c’est la désescalade de la situation sur le terrain parce que nous constatons des violations permanentes du cessez-le-feu. Je dirais qu’elles sont devenues systématiques en l‘état actuel des choses. Cela s’explique en partie parce que les lignes de front des différents camps se sont rapprochés. Parfois, il n’y a que 100 mètres qui les sépare. Et donc, cela crée les conditions pour des échanges de tirs continus.
Donc nous tentons d’obtenir un désengagement tout le long de la ligne de contact. Cela reste une priorité pour nous parce que cela permettra aussi de créer un meilleur contexte pour des progrès au niveau politique.”

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