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Karl Lagerfeld : "je peux faire ce que je veux où je veux, c'est le comble du luxe"

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Karl Lagerfeld : "je peux faire ce que je veux où je veux, c'est le comble du luxe"

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Isabelle Kumar: “Il est une icône que l’on surnomme le Kaiser – l’empereur en allemand – car lorsque vous présidez aux destinées artistiques des plus grandes maisons de haute couture du monde – Fendi, Chanel et la griffe qui porte votre nom – on peut dire de vous que vous régnez véritablement sur le monde de la mode.
Nous sommes à Rome pour les 90 ans de Fendi et nous allons à la rencontre de nul autre que Karl Lagerfeld”.

Isabelle Kumar, euronews :
“Nous sommes ici,à Rome, pour fêter les 90 ans de Fendi, une maison que nous associons au luxe, mais qu’est ce que le luxe pour vous?”

Karl Lagerfeld :
“Fendi est un bel exemple de ce que le luxe doit être et peut être. Vous savez le luxe, il y en a de toutes sortes. Le luxe est aussi d’avoir du temps pour soi, sans être obligé de vivre sous une pression continuelle. Parce qu’aujourd’hui, il y a des pauvres gens qui n’ont rien à faire et d’autres qui sont trop stressés. Donc, ça c’est le luxe aussi. Le luxe aussi est une question de qualité, et aussi une question de tournure d’esprit. Vous savez on peut faire un essai là-dessus, ce ne sont pas seulement les choses chères, il faut encore qu’elles soient bien faites et qu’elle justifient leur prix, et leur qualité doit être impeccable”.

Isabelle Kumar :
“Mais le luxe pour vous c’est peut être aussi travailler. On dirait que vous ne vous lassez jamais, quel est le secret de votre énergie ?”

Karl Lagerfeld :
“Il n’ y a pas de secret parce qu’il ne faut pas oublier qu’aussi bien pour Fendi que pour Chanel, je travaille dans des conditions exceptionnelles. J’ai les meilleurs gens dans les meilleures conditions. Je n’ai pas des gens du marketing dans les pattes. Je peux faire ce que je veux où je veux. Vous comprenez, ça c’est déjà le comble du luxe. Parce que dans d’autres maisons, il y a le design, le marketing. Moi, je n’ai pas ça donc si on voulait m’embêter avec ça, je partirais dans la seconde .


Karl Lagerfeld

  • Un mystère entoure son année de naissance, 1933 ou 1935
  • Lagerfeld rejoint Fendi en 1965 et Chanel en 1983
  • Dans sa jeunesse, Lagerfeld pensait devenir illustrateur
  • Il adore sa chatte “Choupette”, qualifiée de muse !

Isabelle Kumar :
“Vous allez fêter les 90 ans de Fendi avec un défilé à la fontaine de Trevi inspiré par Rome et par les contes de fées. Comment traduisez-vous cela dans vos créations ?”

Karl Lagerfeld :
“Ce qu’on a fait est très poétique, c’est comme un conte de fées, je me suis inspiré de quelqu’un de tout à fait oublié. Il y avait au début du siècle dernier, un Danois qui s’appelait Kay Nielsen. C‘était un merveilleux illustrateur, très étrange, très nordique, pas du tout comme les arts nouveaux et art déco et que j’ai re-decouvert tout à fait par hasard. Et j’ai pris inspiration de ça, pour les couleurs pour certains graphismes. On a demandé évidemment à la fondation ou à l’éditeur parce qu’il n’y a plus traces de rien de lui, mais c’est très très joli, ça c’est une inspiration transformée en mode italienne”.

Isabelle Kumar :
“La maison Fendi est connue pour son savoir-faire, utiliser le travail à la main mais comment incorporez-vous alors toutes les innovations technologiques ?”

Karl Lagerfeld :
“L’un n’empêche pas l’autre. Sinon on ne fait pas ce genre de choses. Si vous restez avec une formule, vous êtes foutu en très peu de temps. Il faut avoir les yeux ouverts. Vous pouvez faire les choses les plus inspirées par n’importe quoi mais en même temps il faut que ce soit à la pointe du progrès dans les techniques les plus nouvelles sinon cela n’a pas d’intérêt”.

Isabelle Kumar :
“Et Rome est-elle une ville importante pour vous ?”

Karl Lagerfeld :
C’est la ville, après Paris, que je connais le mieux. Rome, dans ma vie, je pense que j’y suis allé plus de 800 fois. J’ai même eu des appartements à Rome. C’est un endroit extrêmement familier pour moi”.

Isabelle Kumar :
“Quelle était votre première rencontre avec cette ville ?

Karl Lagerfeld :
“Quand j’étais enfant avec mes parents, ça c’est la préhistoire”.

Isabelle Kumar :
“Est-ce qu’il y a un souvenir qui vous a marqué ?

Karl Lagerfeld :
“Oui , la grippe que j’avais”.

Isabelle Kumar :
“Alors, vous n’êtes bien sûr pas lié qu’à Fendi, vous travaillez aussi pour Chanel et pour la griffe qui porte votre nom, est ce qu’il faut avoir une triple personnalité pour cela ?”

Karl Lagerfeld :
“Il n’y en a pas et il y en a trois. Parce que vous savez, Fendi c’est ma version italienne, Chanel c’est ma version de Chanel française et le reste c’est moi”.

Isabelle Kumar :
“Je vous ai vu faire vos croquis à une vitesse et avec une précision époustouflante”.

Karl Lagerfeld :
“Je voulais devenir illustrateur au début et ça m’a beaucoup aidé parce qu’aujourd’hui les art director regardent des trucs que d’autres font. Moi je fais tout moi-même. Je fais des dessins extrêmement précis, presque en trois dimensions. Les gens qui travaillent avec moi, les “premières” comme on les appelle, n’ont presque pas besoin de poser de questions. Quand je vois les premiers essayages de la toile ou du modèle, ça ressemble à mon dessin exact. Si c’est pas bien, c’est que c’est ma faute mais ce n’est pas leur faute”.

Isabelle Kumar :
“C’est intéressant. Car j’aurais pensé que ces personnes qui traduisent vos images sont des perles rares …”

Karl Lagerfeld :
“Non, moi je traduis d’avance avec des annotations et des dessins en trois dimensions. Ca me prend beaucoup de temps mais j’adore ça. Au départ je voulais devenir caricaturiste et portraitiste”.

Isabelle Kumar :
“Nous avons demandé à nos internautes de nous envoyer des questions pour cette interview. Vous êtes une icône. Mais Christos renverse la question et nous demande “Qui est votre icône” ?”

Karl Lagerfeld :
“Ce sont des icônes que les gens ne connaissent plus peut-être : Harry Kessler qui a fondé le Bauhaus et qui a fait la fondation Nietzsche à Weimar ou Walther Rathenau, la première victime des nazis en Allemagne. Mais en fait je ne pense pas aux gens en terme d’icônes. Mes icônes à moi le grand public ne les connaît pas”.

Isabelle Kumar :
“Et la muse est-elle importante pour vous ?

Karl Lagerfeld :
“Oui, la muse c’est “Choupette” !

Isabelle Kumar :
“Choupette votre chat ! Comment est-ce qu’elle vous inspire ?

Karl Lagerfeld :
“Heureusement, ce n’est pas analysable, par sa simple présence. Elle a un effet très calmant. D’ailleurs c’est un médicament reconnu. Les gens qui ont un chat ont beaucoup moins de problèmes de santé que ceux qui n’en ont pas. Il paraît que c’est une thérapie incroyable. J’ai lu un grand article sérieux et scientifique là-dessus”.

Isabelle Kumar :
“C’est vrai que les animaux nous apaise…”

Karl Lagerfeld :
“Je n’ai pas besoin d‘être apaisé, je suis un peu hystérique mais bon c’est relativement récent. Elle a 5 ans. Avant jamais de ma vie, je n’aurais pensé tomber amoureux d’un chat, mais elle est exceptionnelle et célèbre dans le monde entier.

Isabelle Kumar :
“Quelles sont ses qualités exceptionnelles ?

Karl Lagerfeld :
“Sa présence et sa beauté aussi parce que c’est une joie de la regarder. Elle est à mourir de rire avec ses grands yeux, comme des saphirs étoilés. Et son pelage est impeccable parce qu’elle a plusieurs femmes de chambre, elle n’est jamais seule. Même ici à l’hôtel, elle est en haut avec sa femme de chambre.

Isabelle Kumar :
“Elle voyage avec vous ?”

Karl Lagerfeld :
“Certains voyages, pas tous. Dans certains pays voyager avec les animaux pose problème. Mais ce sont des pays que j‘évite. Par exemple, je ne vais pas en Angleterre. Mais maintenant avec le Brexit, on a plus besoin de se poser la question”.

Isabelle Kumar :
“Je vais vous poser une question sur le Brexit parce que nous nous inquiétons pour l’Europe. Certains disent que le Brexit c’est peut-être le premier pas de la désintégration de l’Europe. Qu’est-ce que vous en pensez ?”

Karl Lagerfeld :
“Ce qui m’a choqué c’est que les gens qui ont provoqué la sortie se sont retirés une fois le désastre fait. C’est l’horrible bonhomme, l’ex-maire de Londres…”

Isabelle Kumar :
“…Boris Johnson”

Karl Lagerfeld :
“Et puis l’autre prétentieux, très très populiste…”

Isabelle Kumar :
“…Nigel Farage”

Karl Lagerfeld :
“Pour moi Cameron, c’est le fossoyeur de l’Europe dans un sens. Ils avaient des avantages que les autres n’avaient pas. Et les gens qui votent ce ne sont pas forcément ceux qui font l’avenir. Ils vont se vider leurs élite. Voilà ce qui arrive quand on fait des bêtises”.

Isabelle Kumar :
“Et que pensez-vous de la situation en Europe ? On voit une montée des nationalismes. Est-ce que ça vous inquiète ?”

Karl Lagerfeld :
“Ça m’inquiète. Mais je ne pense pas que ça puisse arriver. L’Autriche et tout ça, c’est pas marrant du tout, ni la Pologne… ni rien. Et en France aussi il y a un gentil petit mouvement”.

Isabelle Kumar :
“Quelles sont les répercussions pour les jeunes par exemple dans la mode ?”

Karl Lagerfeld :
“La mode, ça existera toujours. Il y aura plus de H&M que de grands luxes mais la mode ça existera toujours”.

Isabelle Kumar :
“Existe t-il une élégance européenne à votre avis ?”

Karl Lagerfeld :
“Oui. Parce qu’il y a une élégance du Moyen-Orient. La Burqa ça peut être très élégant mais c’est pas pour nous”.

Isabelle Kumar :
“Et c’est quoi l‘élégance européenne ? Vous vous êtes citoyens d’Europe”.

Karl Lagerfeld :
“C’est difficile à mettre en mots. C’est une allure cosmopolite. C’est pas régional. C’est une attitude, une légèreté. Mais il faut faire attention que ça ne disparaisse pas. Car les populismes n’encouragent pas ces choses-là”.

Isabelle Kumar :
“Voici une autre question venue d’un internaute. C’est un Allemand qui vous demande : “quels conseils aux jeunes créateurs qui veulent marcher dans vos pas ?”

Karl Lagerfeld :
“Il faut qu’ils courent…

Isabelle Kumar :
“Vous pensez qu’ils ont les mêmes opportunités que vous avez eues ?”

Karl Lagerfeld :
“Non, non. J’ai commencé à autre époque. J’ai des connaissances qu’aucune école ne donne. Depuis le temps que je fais ça, je ne regarde jamais en arrière. J’ai une accumulation de connaissances. Franchement je ne veux pas les décourager mais il vaut mieux qu’ils prennent un autre exemple”.

Isabelle Kumar :
“Quels seraient vos conseils pour ces jeunes ?

Karl Lagerfeld :
“Je ne donne pas de conseils. Je ne donne que des conseil individuels mais pas de façon générale. Car tout dépend du talent qu’ils ont, de l’envie qu’ils ont, des circonstances dans lesquelles ils vivent, comment ils peuvent s’exprimer, comment trouver la bonne voie. C’est pas si simple que ça. Sinon tout le monde réussirait. Il n’y a pas de livres de recette”.

Isabelle Kumar :
“Vous me dites que vous regardez toujours vers l’avant…”

Karl Lagerfeld :
“… oui l’avant, six mois, six mois car la mode c’est ça. Ça c’est l’avant-garde on le portera dans 20 ans. Rappelez-vous l’avant-garde des années 60, personne n’est habillé comme ça aujourd’hui. Ca c‘était une fumisterie de première.

Isabelle Kumar :
“Est-ce que vous pouvez répondre à cette question d’un autre internaute : “l’industrie de la mode, à quoi ressemblera-t-elle dans 50 ans?” Est-ce que vous pouvez vous projettez ?”

Karl Lagerfeld :
“Je n’ai pas de boule de cristal avec moi. Je ne sais pas”.

Isabelle Kumar :
“Vous avez les pieds sur terre et vous vivez dans un monde d’excentricités. Comment faites-vous ?”

Karl Lagerfeld :
“Je ne sais pas. Je suis pragmatique, lucide et je ne me fais pas d’illusion surtout à mon propre sujet”.

Isabelle Kumar :
“Les créateurs se plaignent parfois que le monde de la mode va beaucoup trop vite”.

Karl Lagerfeld :
“Dans ce cas là qu’ils ne signent pas des contrats avec des grandes sociétés qui ont besoin pour leurs affaires d’un certain rythme. Ils veulent bien le chèque mais le boulot, c’est un peu plus dur après. Ça ils ne s’en aperçoivent qu’après. Et en plus, il y en a qui m’en veulent, littéralement, car j’ai initié des collections qui n’existaient pas avant. En plus, pour Chanel, il y a les métiers d’art, les précollections et tout… Je sais que je suis vaguement responsable d’un rythme infernal mais j’ai les équipes pour le faire et des clients qui ont besoin de ça. Si vous êtes développés à ce point, et si vous faites travailler autant de monde, il faut y aller de votre personne. Moi je ne crois pas au concept je suis sur une plage pour chercher l’inspiration . En français on dit “l’appétit vient en mangeant”, et bien l’inspiration ça vient en travaillant”.

Isabelle Kumar :
“Dans votre sommeil aussi j’ai entendu dire…”

Karl Lagerfeld :
“J’ai comme des flashs électroniques, je vois tout d’un coup un truc. Même dans la vie, dans la baignoire, c’est très étrange. Je ne sais pas d’où ça vient. Ça prouve que je suis complètement imbibé de mon métier. Je suis ravi”.

Isabelle Kumar :
“Ça vous est toujours arrivé d’avoir ces flashs ?”

Karl Lagerfeld :
“Non, ça s’est aggravé avec le temps. Donc je trouve que je fais des progrès”.

Isabelle Kumar :
“Quelle est la chose la plus compliquée à laquelle vous avez fait face pendant votre carrière ?”

Karl Lagerfeld :
“Il y en avait tellement que je ne m’en souviens pas. Ca s’est bien passé donc je n’ai pas un souvenir de quelque chose de très difficile. Mon passé professionnel et privé, c’est une compression de César, donc je ne me rappelle pas”.

Isabelle Kumar :
“Ressentez-vous un besoin de transmettre votre savoir-faire?

Karl Lagerfeld :
“Non, non, on ne peut pas. Mais si j’ai des assistants, des stagiaires… dans une certaine limite oui. Mais il faut que les gens comptent un peu sur eux-mêmes. Moi, j’ai toujours compté sur moi-même. Quand j‘étais jeune, c‘était un inconvénient car si vous n’aviez pas d’expérience, vous étiez nul. Aujourd’hui sous pretexte qu’on est jeune on est génial. Et si vous êtes un peu moins jeune, vous n’intéressez plus personne. Et beaucoup de gens qu’on fait passer pour des “young designers” ont 45 ans. Alors au secours !

Isabelle Kumar :
“Qu’avez-vous apporté à cette maison Fendi ?

Karl Lagerfeld :
“Surtout au départ, de faire la fourrure différemment. Avant, c‘était une chose raide, bourgeoise, lourde. Et puis les soeurs (Fendi) déjà, et maintenant encore beaucoup plus, ont peur d’utiliser la fourrure, de perdre le respect parce que c’est cher. Non, aujourd’hui il faut casser la baraque pour en faire quelque chose de nouveau”.

Isabelle Kumar :
“Vous avez relevé tellement de défis, est-ce qu’il y en a un en particulier qui vous tient à coeur ?”

Karl Lagerfeld :
“Je ne vois pas ça comme un défi mais je vois ça comme une chose logique qui fait partie de mon métier. Il n’y a pas de défis. Je n’ai de comptes à rendre à personne, sauf à moi et ça je m’en fous”.

Isabelle Kumar :
“Est-ce qu’il y a quelque chose que vous refuserez toujours de faire car vous vous êtes lancé dans tellement d’aventures différentes ?

Karl Lagerfeld :
“Non je ne refuse rien si c’est un truc que je n’ai pas encore fait et que c’est un challenge intéressant. Evidemment si on me propose des bêtises je refuse, mais on ne m’en propose pas. Vu les gens avec qui je travaille, ce risque n’existe pas. Ni ici, ni à Paris.

Isabelle Kumar :
“Vous n‘êtes pas que couturier, vous êtes aussi un photographe talentueux”.

Karl Lagerfeld :
“Apparemment. C’est la continuité, car si je n‘étais que dans la mode, je perdrais le contact avec le monde extérieur. En faisant des photos pour les journaux et des pubs, il y a une continuité avec les gens de la mode, les filles du moment. Et ça c’est très important, parce que l’isolement, c’est la mort. Quand les gens commencent à se mettre dans une tour d’ivoire, c’est foutu. On est plus à l‘époque où on drapait les robes de taffetas en écoutant Verdi. Ça c’est fini”.

Isabelle Kumar :
“Vous êtes connu pour vos “Karlismes”. Je voudrais vous en citer un, en anglais c’est : “I know how annoying, impossible and hard to please I can be. I wouldn’t recommand myself as a guest to anyone”. Par contre vous me semblez très charmant. Qu’est ce qui vous rend impossible ?”

Karl Lagerfeld :
“Je ne sais pas. D’ailleurs, ce n’est pas sûr que je l’ai dit. Vous avez des “karlismes” qui sont fait pas d’autres Karl que moi”.

Isabelle Kumar :
“Finalement vous créez, créez, créez mais pour vous, vous avez un style presque immuable. Pourquoi ?”

Karl Lagerfeld :
“Pas si immuable que ça, parce que ça me va, c’est impeccable, parce que j’ai horreur du laisser-aller. Et que finalement c’est graver dans la tête des gens. Je ne peux pas traverser la rue. Je ne vais jamais dans la rue”.

Isabelle Kumar :
“Vous n’allez plus jamais dans la rue ?”

Karl Lagerfeld :
“Non. De la porte de la maison, jusqu‘à la voiture et de la voiture à la porte. Je ne vais pas dans des endroits publics. C’est une horreur avec les selfies et tout. J’adore tous ces progrès. Je ne me rappelle pas comment était la vie avant les Iphones mais personnellement je n’ai pas envie d‘être avec des milliers d’inconnus sur une photo”.

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