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Terrorisme : les médias en ordre dispersé

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Terrorisme : les médias en ordre dispersé

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En boucle sur les chaînes européennes, les attaques en France, entre autres, de ces derniers jours et dernières semaines, et les images, photos, vidéos des terroristes. Tout est dévoilé, visages, noms. La question de l’anonymat des auteurs d’attentats ne se pose pas. Le débat a fait irruption ces jours-ci en France, mais aussi en Suisse, où la télévision publique, mais aussi des journaux, ont décidé de flouter les visages de ces hommes.

En France, le débat fait rage, symptôme d’un pays en proie au choc et à la confusion. Autant que les faits et les failles sécuritaires, le traitement médiatique est largement commenté par les Français. Faut-il de la distance ? Faut-il tout montrer ?
L’opinion publique oscille entre désir, besoin de savoir et besoin de dignité, d’intimité, d’absorber le choc, la tristesse loin des caméras.

À cela s’ajoute des préoccupations sécuritaires, mais aussi un rejet violent de ces actes et de leurs auteurs.
Les montrer, notamment sur des photos anodines est-ce en faire l’apologie ?

C’est la position qu’ont adopté depuis hier certains médias, journaux francais et notamment le Monde (mais aussi BFM-TV, Europe 1 et France Médias Monde)

Le directeur du Monde déclare ainsi

“à la suite de l’attentat de Nice, nous ne publierons plus de photographies des auteurs de tueries, pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume”

A BFM, même position :

« Nous voulons éviter de mettre les terroristes au même niveau que les victimes » explique le directeur de la rédaction

Au Figaro en revanche, le directeur des rédactions estime :

“Je crois que tout est affaire de mesure, de prudence et de bon sens. Publier dans nos pages, ou sur notre site, une photo neutre et discrète du terroriste, c’est nécessaire”

« Il nous faut résister à cette course à l’autocensure et aux grandes déclarations d’intention » dit pour sa part le directeur de l’information de France Télévision

Surveillés de près par le CSA, dans l’action, parfois, les médias commettent des erreurs comme BFM qui divulgue la cachette d’un otage, ou France 2 qui interview un homme à côté du cadavre de sa femme et s’en excusera.

Le fait est que l‘équilibre entre information et distance est de plus en plus délicat. Le débat au fond est plus large.
Quant à la position d’euronews, dont la diffusion est mondiale, c’est de montrer la réalité, basée sur des faits, dont l’identité et photos des terroristes font partie. Tout en s’assurant de ne pas les glorifier ni promouvoir leurs objectifs.

La position d’euronews :

_“Notre politique est de montrer à nos télespectateurs, dans le monde entier, la réalité de notre temps, basée sur les faits. Les identités et photos de ceux qui commettent des attaques en Europe, au Moyen-Orient, et ailleurs sont des faits, éditorialement pertinents, et sont donc une partie de notre couverture.

Nous appliquons des directives éditoriales strictes pour s’assurer que nous ne glorifions pas le terrorisme ni ne promouvons ses objectifs et nous donnons la priorité aux victimes des attaques”_

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

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