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Pourquoi Trump ne peut pas gagner : c'est mathématique

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Pourquoi Trump ne peut pas gagner : c'est mathématique

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Dans à peine plus de deux mois, les élécteurs américains choisiront leur prochain président.

De récents sondages suggèrent que la plupart d’entre eux ont déjà fait leur choix, le nombre d’indécis ayant chuté à moins de 10%. Une majorité solide et constante des votants assure qu’elle votera pour Hillary Clinton.

L’ancienne première dame et secrétaire d’Etat devrait ainsi accéder, si on s’en fie à l’Histoire, à la fonction suprême. Lors des dernières campagnes, le candidat en tête en août / septembre l’a toujours emporté en novembre.

En d’autres termes, pour son adversaire républicain, il est de plus en plus dur de séduire la majorité des votants à ce stade de la course. Le magnat de l’immobiliser New-Yorkais manque de temps et d’oxygène politique pour renverser la situation.

Le chemin qui mènerait Trump à la victoire se rétrécit alors que sa rivale démocrate profite d’une carte électorale en sa faveur. Et voilà pourquoi :

Qui élit le président des USA ?

Les citoyens des Etats-Unis n‘élisent pas directement le président, il élisent des représentants appelés “grands électeurs”, qui forment des “collèges électoraux”.
Le nombre d’électeurs est proportionnel à la population de chacun des 50 États et de la capitale Washington (le district de Columbia). Il y a au total 538 électeurs.
A part dans les États de Maine et du Nebraska, les électeurs sont élus sur la base du “winner takes it all”, (le gagnant rafle tout). Les électeurs en faveur du candidat qui a reçu le plus de vote dans un État deviennent électeurs pour cet État, peu importe la marge de victoire dans les urnes.
Pour l’emporter, un candidat à la présidentielle doit réunir la majorité absolue des grands électeurs, soir 270 votes.
De part ce schéma complexe d’élection indirecte, certains Etats sont considérés “stratégiquement important”, c’est là que les ressources de campagne sont dépensées. Certains États vont être plongés dans la campagne, et d’autres pas du tout.

Pourquoi la carte électorale favorise-t-elle Clinton ?

Sur les 50 Etats, 40 plus le district de Columbia, votent généralement de la même manière à toutes les élections. Les politologues les appellent les “démocrates sûrs / républicains” ou “probables démocrates / républicains”, selon la marge de victoire.
Il reste donc sur la carte électorale dix “États clés”, les “swinging states” qui n’ont cessé de balancer d’un côté et de l’autre au cours du dernier quart de siècle.
Sur ces dix Etats, deux sont de “faux” États clés : Le Nouveau Mexique, habituellement démocrate, a voté pour George Bush en 2004 et l’Indiana, habituellement républicain a voté pour Barack Obama en 2008. On estime que ces deux États devraient recoller à leur modèle en 2016.
Si l’on imagine que ces 42 États vont voter de la même manière qu’ils l’ont toujours fait, Hillary Clinton peut compter sur 19 États “sûrs” et “probables” plus le disctrict de Colombia, ce qui lui confère un total de 247 grands électeurs, contre 23 États mais seulement 191 grands électeurs pour Donald Trump.

Pour arriver à 270, Clinton n’a besoin que de 23 grands électeurs supplémentaires. Trump, 79.
En conséquence, l‘élection va se jouer dans les huit derniers États restants, qui totalisent une fois réunis 100 grands électeurs. Colorado (9), Floride (29), Iowa (6), Nevada (6), New Hampshire (4), Caroline du Nord (15), Ohio (18) et Virginie (13).
A l’exception de la Caroline du Nord, tous ces “Etats champs de bataille“ ont été remportés par Barack Obama en 2012.

Qui va gagner les “swinging states”?

Si l’on prend les résultats de 2012 comme point de départ, Hillary Clinton démarre dans une position nettement plus confortable que Donald Trump.
Dans les 26 Etats et le district de Columbia (Washington) que le président Obama a remportés en 2012 Clinton peut se permettre de perdre quelques Etats champ de bataille. Traduit en votes, cela signifie que sur les 332 bureaux de vote que le président Obama a gagnés, Clinton peut se permettre d’en perdre 62 tout en remportant la présidence.

Voici un exemple : en ayant besoin de 23 votes additionnels, Clinton l’emporterait en gagnant au Névada (6 votes), au New Hampshire (4) et en Virginie (13) tout en se permettant de perdre en Floride et dans l’Ohio.

Quant à Trump, en ne gagnant aucun nouvel Etat, il ne peut se permettre de perdre aucun des 24 Etats acquis ni l’un de 206 bureau électoral que Mitt Romney avait gagné en 2012. En fait, il aurait besoin de gagner tous les Etats que Romney avait gagné dont la Floride, la Virgine et l’Ohio plus un autre Etat (le New Hampshire par exemple) pour un nombre total de votes de 270.

De récents sondages menés dans ces Etats champ de bataille montre combien est devenu étroit le chemin de la victoire pour Trump. Le Colorado semble désormais hors d’atteinte pour lui également.

Bien que Clinton mène de peu en Floride et dans l’Ohio, Trump fait toujours face à une bataille difficile, en particulier en Floride, où il a besoin de convaincre de nombreux latinos qui lui sont hostiles.

Sa campagne semble par ailleurs se concentrer sur les Etats industriels les plus peuplés par les blancs dans le nord du Midwest (Pennsylvanie et Michigan) où Clinton a souffert d’une perte de soutiens durant la primaire en faveur de Bernie Sanders. Mais Trump considère qu’il peut faire le plein des voix dans cette région bien que ces deux Etats aient de manière constante voté en faveur des candidats démocrates depuis 1992.
D’un point de vue purement structurel et mathématique, les indications fondamentales dans la course présidentielle de 2016 favorisent Hillary Clinton pour devenir le prochain président des Etats-Unis.

Après la forte ressemblance des résultats des élections de 2000 et de 2004, Barak Obama a inauguré une nouvelle ère en 2008. Il obtint 365 voix électorales lors de sa première campagne et, peut-être plus surprenant encore, 332 votes lors des élections de 2012, qui était considérées par beaucoup d’observateurs comme quelque chose de nouveau pour ce type de scrutin.

“Une des rasions pour lesquelles la carte électorale se dessine en faveur de Clinton, (ou tout autre candidat démocrate) est le développement de groupes démographiques clés, et spécialement le déclin du vote blanc, qui était jusque-là la base électorale des républicains.

Les blancs constituaient près de 90% de l‘électorat lorsque Richard Nixon fut réélu président en 1972 mais ne représentaint plus que 70% en 2012. Cela indique que le partage des voix d‘électeurs blancs a décliné de 2 points de pourcentage à chaque élections et que cette tendance se poursuit encore aujourd’hui.

Le partage des voix des électeurs blancs lors de la campagne de Mitt Romney en 2012 était de 59%, soit un pourcentage plus élevé que lors de la campagne de Ronald Reagan en 1980 (56%). Mais cela n’a pas été suffisant pour mener Romney jusqu‘à la Maison-Blanche étant donné ll‘écart abyssal qui l’opposait à Barak Obama pour capter le vote des minorités (15% pour Romney contre 85% pour Obama).

Résultat des courses : Trump, dont le soutien des minorités est encore plus faible que celui de Mitt Romney a devant lui un long chemin à parcourir qui ne le mènera d’ailleurs nulle part.

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