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Dilma Rousseff, la guerrière vaincue

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Dilma Rousseff, la guerrière vaincue

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Le temps de la gloire naissante. En 2011, l’ex-guerillera résistante Dilma Rousseff, protégée de Lula Da Silva, est portée au pouvoir par son mentor, forcé de quitter la scène après deux mandats à la tête du Brésil, alors qu’il jouit d’une popularité inébranlée. A tel point qu’il est envisagé qu’il revienne au pouvoir après la présidence de Rousseff. Laquelle concentre alors tous les espoirs du parti des travailleurs (PT) et des sympathisants de gauche.

Mais les ennuis arrivent vite pour la première femme présidente du Brésil. La crise économique en sera le fil rouge. Le pays, après des années de croissance, entre en récession. Dilma Rousseff multiplie les mesures pour relancer l‘économie et le pouvoir d’achat des Brésiliens, mais les déficits se creusent et la colère gronde. En 2013, les manifestations s’enchaînent contre les politiques du gouvernement et particulièrement les dépenses liées à l’organisation de mondial de football l’année suivante.

C’est dans ce contexte tendu que le scandale Petrobras éclate. Un vaste réseau de corruption impliquant la société pétrolière et des géants du BTP. Des personnalités des principaux partis politiques, dont le PT, auraient touché des pots de vins en échange d’attribution de contrats publics surfacturés. Le nom de Rousseff n’est pas cité dans l’enquête, mais comme elle était à l‘époque ministre de l‘énergie et de fait présidente du conseil d’administration de Petrobras, pour de nombreux Brésiliens elle ne peut pas être innocente.

Dilma Rousseff est pourtant réélue en octobre 2014, juste avant que les actions de Petrobras ne s‘écroulent. En coulisse, ses adversaires politiques qui souhaitaient en finir avec la gauche, sont furieux. Fin 2015, le président de la chambre des députés lance une procédure de destitution.

Le motif : pédalage budgétaire. En d’autres termes, maquillage des comptes publics. Une pratique employée par ses prédécesseurs, consistant à camoufler l’ampleur du déficit public en empruntant à des banques. Alors que le Brésil s’enfonce dans la crise, la pilule passe mal.

Et celle-là sera encore plus difficile à avaler : alors que le nom de l’ancien président Lula est cité dans l’affaire Petrobras, qu’il est interrogé par la police, et perquisitionné, Dima Rousseff le soutient publiquement jusqu‘à le rappeler au gouvernement, au poste de chef de cabinet. Une fois de plus, les Brésiliens sont furieux et descendent dans la rue, habillés de jaune. Les soutiens de Dilma organisent eux aussi des rassemblements, vêtus de rouge.

Le coup de grâce sera porté par les anciens alliés de la coalition, les membres sociaux démocrates du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) du vice président du Brésil, Michel Temer. Les ministres PMDB démissionnent en mars pour, pour disent ils, “sauvegarder leur réputation “.

Le 17 avril, les députés votent la destitution de Dilma Rousseff, première étape d’un processus qui s’est achevé aujourd’hui. Le nouveau président du Brésil Michel Temer, qui est lui cité directement, comme plusieurs de ses ministres dans le scandale Petrobras, doit prêter serment ce mercredi devant le Sénat. Puis s’envoler dans la foulée pour le G20 avec l’ambition de réhabiliter aux yeux du monde le compte de fée brésilien.

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