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Turin célèbre les 120 ans de "La Bohème"


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Turin célèbre les 120 ans de "La Bohème"

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La Bohème, de Giacomo Puccini, est l’un des chefs d‘œuvre du répertoire lyrique. Une œuvre créée il y a tout juste 120 ans à Turin. Pour célébrer cet anniversaire, la capitale du Piémont accueille une nouvelle production à la mise en scène contemporaine. L’orchestre du Teatro Regio, en grande forme, est dirigé avec brio par Gianandrea Noseda.

Dans un décor de banlieue indéfinie, la jeunesse, l‘élan vital, les désirs immédiats et l’amour passionnel ressentis par les protagonistes n’ont pas pris une ride depuis le XIXème siècle.

“La Bohème nous parle de la jeunesse et de ses espoirs, de sa volonté de changer le monde, d’agir à l’encontre de l’ordre établi”, décrit le chef d’orchestre Gianandrea Noseda. “Mais la mort inattendue de Mimi vient porter un coup d’arrêt à ces émotions et à ces sentiments. Je ne suis pas sûr qu’après cela, ces jeunes seront aussi insouciants qu’avant. Il y a beaucoup de désillusion, et peu d’espoir dans la Bohème.”

“Dans La Bohème, il y a un vrai sens du détail dans l‘écriture orchestrale”, poursuit-il, “qui le ferait passer pour un opéra du XXème siècle. Un tel niveau de précision était déjà présent chez Mahler, et Puccini, qui était un homme de son temps, pousse cette notion jusqu’au bout. Certaines mesures, dans “La Bohème”, comportent tellement d’annotations en termes de tempo ou de dynamique que cet opéra est devenu particulièrement difficile à interpréter. Il présage des œuvres du siècle suivant.”

Le Maestro apprécie aussi le charme de Turin. “J’aime le fait que la ville soit restée, avec une certaine discrétion, une cité royale. Elle a été la première capitale de l’Italie unifiée ! Elle a un côté aristocratique, mais en même temps c’est une forme d’aristocratie accessible à tous, quand on va dans un café, ou au restaurant… Il y a un amour du travail bien fait.”

Et c’est une quête perpétuelle de la compréhension des œuvres qui continue de le guider. “Dans notre métier de chef d’orchestre, il y a quelque chose qui nous amène aux limites de l’entendement”, estime Gianandrea Noseda. “On veut toucher la vérité d’une œuvre, mais avec une certaine frustration : on sait qu’on n’y arrivera jamais. Et cela nous encourage. Il est vrai qu’un certain type d’interprétation correspond à une période de notre vie, mais cela va changer, car nous-mêmes, on change. C’est donc un métier qui stimule nos capacités de compréhension et de travail, tout en sachant que les compositeurs nous dépasseront toujours.”

*Cette production est visible gratuitement en streaming, pendant six mois, à partir du 21 octobre, sur le site www.theoperaplatform.eu

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