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"L'Egypte a un gros problème structurel" (analyste financier)


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"L'Egypte a un gros problème structurel" (analyste financier)

Alors que l’Egypte s’enfonce dans une crise économique sans précédent, le FMI a finalement consenti vendredi à ouvrir une ligne de crédit de 12 milliards de dollars en échange d’un douloureux programme de réformes.

Face au risque d’explosion sociale, le gouvernement recevra une aide immédiate de 2,7 milliards de dollars. Les autres tranches seront débloquées d’ici trois ans.
Le plan du FMI arrive après une brutale dévaluation de la livre égyptienne. Le 3 novembre elle a perdu 32% de sa valeur, soit désormais 13 livres pour un dollar américain. L’inflation est l’autre fléau de l‘économie égyptienne. Juste après la dévaluation de la livre, les prix de l’essence ont augmenté de 34 à 48% selon les indices d’octane. En 2014, la précédente hausse des prix de l‘énergie s‘était propagée à toute l‘économie.

Vous ne pouvez pas subventionner l’essence ou le pain, ce sont les gens que vous devez aider

Mohammed Shaikibrahim, notre correspondant au Caire a rencontré un consultant financier qui salue la décision du Fonds monétaire international.

M. S. : Compte tenu de l‘état actuel de l‘économie égyptienne, est-ce que le prêt du FMI n‘était pas la dernière solution?

Richard Banks, consultant financier chez Euromoney pour la région : “Je pense que le paquet proposé par le FMI, – c’est un ensemble de mesures il ne faut pas l’oublier -, va permettre de lever d’autres fonds de manière multilatérale ou bilatérale. Cela conduira à un cadre qui donnera une direction aux politiques publiques et c’est aussi important que l’argent parce que c’est une voie qui permettra aux investisseurs étrangers de changer de perception vis-à-vis de l’Egypte.”

M. S. : Pensez-vous que l‘économie égyptienne va pouvoir résister aux conditions imposées par le FMI ?

R.B. : “L’Egypte a un gros problème structurel. On subventionne les produits et pas les gens. Vous devez aider les gens les plus pauvres, vous devez vous assurer que ces gens auront de quoi survivre, qu’ils recevront une éducation et auront accès à la santé. Mais vous ne pouvez pas subventionner l’essence ou le pain, ce sont les gens que vous devez aider.”

M. S. : Vous ne pensez-pas que les Egyptiens vont finir par se rebeller ?

R.B. : “Vous mettez le doigt sur le problème. Jusqu‘à quel point les gens vont supporter la misère ? Le problème c’est que les gens ont l’habitude de payer des choses dont le prix n’est pas le bon. La valeur de ce que vous achetez en Egypte ne vaut pas une livre mais deux (c’est un exemple). Il faut changer ce système. Je crois que tout le monde peut comprendre cela. La question est de savoir comment vous opérez ce changement sans que les gens meurent de faim. Tout cela est une question de gestion du changement et vous avez raison, il y a un risque car si ce n ‘est pas fait correctement alors vous aurez une nouvelle révolution. En réalité, vous pourriez avoir une révolution tous les après-midi. Mais cela ne résoudra pas le problème.”

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