DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Italie : le référendum du 4 décembre crucial pour Matteo Renzi


monde

Italie : le référendum du 4 décembre crucial pour Matteo Renzi

L’Italie affronte le 4 décembre prochain un référendum sur la réforme constitutionnelle visant à simplifier le système politique et donner davantage de gouvernabilité au pays. Cette réforme est censée permettre plus de stabilité politique dans un pays qui a connu 60 gouvernements depuis 1946.

Les sondages sont très partagés avec un léger avantage pour le non. Tous les partis d’opposition se sont prononcés pour le non à ce référendum, dont les résultats sont attendus avec une certaine inquiétude par les partenaires européens de l’Italie.

Quelle réforme ?

Cette réforme constitutionnelle prévoit de mettre fin au bicaméralisme parfait existant actuellement. Elle vise à réduire les pouvoirs du Sénat, qui ne pourra plus renverser le gouvernement (c’est la fin du vote de confiance), et à réduire le nombre de sénateurs (100 élus contre 315 aujourd’hui) qui seront élus non plus au suffrage direct mais par les conseils régionaux, désormais comptables de leurs propres dépenses. De plus, les sénateurs ne devraient plus être rémunérés ce qui permettra à l‘État d‘économiser quelque 500 millions d’euros.
Une réforme complexe. “Seulement 9 % des Italiens disent connaître le sujet du référendum dans le détail”, précise Nando Pagnoncelli, président d’Ipsos Italie.

Un référendum pour ou contre Matteo Renzi

Cette consultation se présente comme un défi pour Matteo Renzi qui joue son avenir poltique.
Car les électeurs ne se prononceront pas uniquement sur le texte mais sur le chef du gouvernement lui-même. En Italie, le référendum est “une sorte de sanction vis-à-vis du politique, du gouvernement, donc il y a une charge émotionnelle, c’est l’occasion de dire son ras-le-bol”, explique le politologue Oscar Mazzoleni de l’université de Lausanne.

Dans un premier temps, en cas de victoire du “non”, il avait annoncé qu’il démissionnerait. Mais après le revers de son parti (PD, Parti démocrate, centre-gauche) aux municipales de juin dernier, le chef du Conseil italien a fait machine arrière, flairant le danger :

“Je suis conscient de ne pas être la personne la plus sympathique au monde”, a-t-il reconnu lors d’une émission télévisée sur la principale chaîne publique, soulignant fortement qu’il souhaiterait que “les citoyens sachent sur quoi on vote, et ce n’est pas ma personne.”

Mais il y a peu de chance que ses voeux soient exaucés.

“Matteo Renzi court un risque. Il comptait utiliser le référendum pour consolider son pouvoir politique mais son comportement louvoyant, —il a d’abord personnalisé le vote en le présentant comme un scrutin sur son sort, puis son rétropédalage—, le desservent”, a déclaré à l’AFP le politologue Domenico Fracchiola, de l’université romaine Luiss.

Son principal défi consiste, en réalité, à persuader les électeurs de lui laisser du temps – jusqu’aux législatives de février 2018 – pour mener à bien ses réformes économiques.

Rares sont les referendums où les électeurs répondent à la question, et l’Italie n‘échappe pas à la règle.
“Le vote du 4 décembre ne concerne pas la réforme constitutionnelle, que la majorité des Italiens n’a pas bien comprise. La vraie question écrite sur le bulletin de vote, à laquelle il faudra répondre oui ou non est: as-tu encore davantage confiance en Renzi qu’en ses adversaires?”, résume ainsi le quotidien italien La Stampa.

Sources : AFP

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Fidel Castro, l'un des derniers géants du XXe siècle