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Protestation des médias polonais contre la censure de leur travail au Parlement


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Protestation des médias polonais contre la censure de leur travail au Parlement

Plus de vingt médias polonais ont décidé de ne pas couvrir ce vendredi les travaux du Parlement pour protester contre un projet de règlement qui restreint leur accès aux débats parlementaires et aux députés.

Sous le prétexte de vouloir « garantir aux journalistes un cadre de travail confortable», le nouveau règlement prévoit de réduire à deux personnes par média le nombre de correspondants permanents autorisés à accéder à la tribune de presse. Actuellement, cet endroit est accessible à tous les journalistes possédant un laissez-passer. Les autorités envisagent également de créer un centre de presse dans un bâtiment situé loin de de la salle plénière et loin des députés. Cela signifie qu’ils n’auront plus la possibilité d’enregistrer en direct les sessions parlementaires.

Contrairement à ce qu’affirment les auteurs du projet, le nouveau règlement risque de réduire la transparence des travaux parlementaires. Il permettrait aux députés d’échapper facilement aux journalistes et les protégerait contre la diffusion d’images compromettantes, notamment celles les montrant en train de violer le règlement en votant par exemple pour un collègue absent. Cependant, la communication avec les citoyens à travers les médias fait partie des devoirs des députés, étant donné que l’article 61 de la Constitution polonaise offre aux citoyens le droit à l’information sur les pouvoirs publics et sur les personnes exerçant les fonctions publiques.

« La liberté de circulation des journalistes et des rapporteurs parlementaires dans les locaux du Parlement était le symbole de la victoire de la révolution démocratique en 1989. Depuis 27 ans, ce principe était respecté par toutes les chancelleries de la Diète (chambre basse du parlement polonais). Aujourd’hui, les dirigeants rompent, pour leur propre confort, avec cette tradition libertaire. De cette façon, le pouvoir veut éviter les médias curieux et les questions gênantes. L’accès complet à «l’information» sera cependant offert aux médias nationaux (comprenez “fidèles au parti au pouvoir”). Ceci est une restriction du droit à une information fiable et une violation des libertés civiles », a déclaré Jacek Kurski, rédacteur en chef adjoint du quotidien Gazeta Wyborcza, en justifiant la participation de sa rédaction au mouvement de protestation d’une partie des médias.

Quelques dizaines de journalistes ont également manifesté hier jeudi devant le bâtiment du Parlement et adressé aux présidents des deux chambres une lettre pour leur demander de retirer le projet en question.

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