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Avalanche et séisme en Italie : des questions soulevées

Au moins 10 personnes ont été localisées, en vie, ce vendredi dans les décombres de l'hôtel Rigopiano, enseveli mercredi par une avalanche. Retour sur la catastrophe.

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Avalanche et séisme en Italie : des questions soulevées

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Ce n’est que onze heures après l’avalanche que les premiers secours arrivent péniblement à l’hôtel Rigopiano. Il est quatre heures du matin. Les secouristes ont parcouru huit kilomètres à ski, dans la nuit, sous les bourrasques de neige et la menace d’autres avalanches.

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Pourquoi en Italie, n'y a-t-il pas de plan de prévention ? Pourquoi personne ne peut trouver des fonds pour la reconstruction et la prévention ?

Gian Vito Graziano Géologue

Quand ils réussissent à pénétrer dans ce qui reste de l’hôtel, il est envahi par la neige, des rochers, des troncs d’arbres, des débris. Un silence mortel règne, aucune voix n’est audible.
Selon la protection civile italienne, mercredi, dans l’hôtel, se trouvaient 24 personnes et huit membres du personnel. Ils attendaient un chasse-neige à 15 heures, pour pouvoir redescendre dans la vallée. Il est arrivé trop tard, après la coulée de neige.

La violence de l’avalanche a pratiquement détruit le bâtiment de trois étages, le déplaçant d’une dizaine de mètres. Il n’avait pas autant neigé dans la région des Abruzzes depuis 50 ans : entre deux et cinq mètres de neige cumulés.

L’hôtel Rigopiano est à 1200 mètres d’altitude au pied de la chaîne montagneuse du Gran Sasso et à seulement 50 kilomètres à vol d’oiseau d’Amatrice, où le même jour, la terre a tremblé quatre fois. Des secousses d’une magnitude de 5,2 à 5,7 sur l‘échelle de Richter. 400 répliques ont suivi.

Y a-t-il un lien entre les deux phénomènes ? Oui, très probablement, nous a répondu, le géologue Gian Vito Graziano, joint par téléphone, à Rome.

La possibilité que l’avalanche et le séisme soient liées est, à mon sens, avérée, parce qu’il y a également eu un glissement de terrain sous le manteau neigeux. Il est donc très probable que les deux événements soient liés.

Cette nouvelle série de secousses a réveillé le traumatisme des séismes plus puissants de 2016, à Amatrice le 24 août, et à
Norcia le 30 octobre. Autant de catastrophes qui poussent à poser beaucoup de questions sur la prévention et la construction de bâtiments aux normes antisismiques.

Gian Vito Graziano, géologue :

Pourquoi en Italie, n’y a-t-il pas de plan de prévention ? Pourquoi personne ne peut trouver des fonds pour la reconstruction et la prévention ? J’espère que quelque chose sera fait dans les prochains mois, parce qu’aujourd’hui c’est arrivé dans le centre de l’Italie, en août, à Amatrice, la prochaine fois cela pourrait se produire n’importe où en Italie !

Lors de funérailles nationales éprouvantes, l’evêque Domenico Pompili avait dit : “les tremblements de terre ne tuent pas, ce sont les oeuvres de l’homme qui tuent.”

Le séisme du 24 août avait coûté la vie à 292 personnes, 231 étaient mortes à Amatrice.