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Quand Erdogan appelle les Européens à respecter la démocratie


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Quand Erdogan appelle les Européens à respecter la démocratie

Chaque jour apporte son lot de commentaires du président turc Recep Tayyip Erdogan. A quelques semaines du référendum qui devrait renforcer ses pouvoirs, il multiplie les attaques contre l’Europe.
Ce mercredi matin, depuis le palais présidentiel, il revenait sur les incidents avec l’Allemagne et les Pays-Bas, avec quelques avertissements et une leçon de démocratie au passage :

Si vous continuez à vous comporter ainsi, demain aucun Européen, ou occidental, dans aucune partie du monde, ne pourra marcher en sécurité et en paix dans les rues. Si vous ouvrez cette voie dangereuse, c’est vous qui en paierez les conséquences les plus désastreuses. La Turquie appelle l’Europe à respecter les droits de l’homme et la démocratie.

Il y a un an, Ankara et Bruxelles signaient un accord censé limiter l’arrivée des réfugiés en Europe en échange d’une aide financière de 6 milliards d’euros et d’une accélération des négociations d’adhésion. Aujourd’hui, cet accord ne tient plus qu‘à un fil. Plus la crise s’intensifie avec l’Europe, plus la Turquie menace de le dénoncer.

Hier, depuis Ankara, dans un stade bondé, le président turc réitérait que le chantage à l’accession européenne ou à tout autre accord ne marchait plus :

Si vous frappez, désolé de le dire, vous aussi vous serez frappé en retour. (…) Peu importe le processus d’adhésion à l’Union européenne ou l’accord de réadmission des réfugiés, désormais, ils ne peuvent plus nous menacer avec quoique ce soit.

De fait, les perspectives d’adhésion à l’Union étant au point mort – la réaction des autorités turques après le coup d‘état manqué de juillet dernier ayant crispé les relations avec les Européens- cet accord sur les réfugiés reste le dernier levier à la disposition d’Ankara pour faire pression sur Bruxelles.
Mais les propos d’Erdogan n’en finissent pas d’envenimer les choses. Les Européens ne décolèrent pas de l’avoir entendu traiter les Allemands et les Néerlandais d’avoir des “pratiques nazies”.

Les propos du Président Erdogan sur l’Allemagne et les Pays-bas sont intolérables. Nous ne voulons pas être comparés à des nazis“, a encore réagi avant-hier le vice-président de la commission européenne, Frans Timmermans.

Après le référendum du 16 avril, qu’il le remporte ou pas, Erdogan a l’intention de remettre le processus d’adhésion à l’Union européenne sur la table et de décider ou non d’en finir avec.

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