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Au plus bas dans les sondages, Trump déclare la guerre à ses camarades républicains

Une semaine après la défaite de Donald Trump dans sa bataille législative contre l’Obamacare, la guerre ouverte au sein du Parti républicain atteint des sommets.

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Au plus bas dans les sondages, Trump déclare la guerre à ses camarades républicains

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Une semaine après la défaite de Donald Trump dans sa bataille législative contre l’Obamacare, la guerre ouverte au sein du Parti républicain atteint des sommets.

Le président américain a publié jeudi ce que certains appellent une « déclaration de guerre contre les ultra-conservateurs de son parti ».

Trump a déclaré dans un tweet que le puissant groupe parlementaire Freedom Caucus « nuira à l’ensemble du programme républicain » s’il continue à s’opposer à la direction de son parti.

Le président américain a identifié plus d’une trentaine de membres de ce groupe comme cibles potentielles d’attaques politiques lors des élections parlementaires de 2018, à l’instar de l’opposition démocratique.

« Nous devons les combattre, comme les Démocrates, en 2018 ! », a-t-il écrit sur Twitter.

La missive de Trump a été publiée en réaction à son échec de vendredi. La majorité républicaine à la Chambre des représentants n’a pas pu réunir les voix nécessaires pour faire passer le projet de loi de santé censé abroger et remplacer l’Obamacare.

Une coalition inhabituelle entre les républicains modérés et les membres du Freedom Caucus avait refusé de soutenir le projet, rejeté également par les Démocrates. Face à une telle opposition, les dirigeants républicains ont décidé de le retirer.

Le tweet de Donald Trump exacerbe ses tensions avec les conservateurs, dont la riposte ne s’est pas faite attendre.

« Il n’a pas fallu longtemps pour que le vrai Donald Trump émerge du marais. N’ayez pas honte, Monsieur le Président. Presque tout le monde succombe à l’establishment de Washington », a tweeté le Congressman Justin Amash, membre du Freedom Caucus.

Quelques heures plus tard, Amash a comparé la tactique de Trump au comportement d’un enfant. « Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne », a-t-il déclaré aux journalistes.

Les dirigeants républicains à la Chambre des représentants ont évité de prendre position mais ont offert un soutien tiède à Trump.
« Je comprends la frustration du président », a déclaré Paul Ryan lors d’une conférence de presse au Capitole.

Mais les luttes intestines dans le camp républicain ne se limitent pas à la Chambre des représentants.
Paul Ryan et l’un des principaux sénateurs républicains se sont engagés jeudi dans une brève prise de bec en public. Plus tôt dans la matinée, Ryan avait semblé suggérer à Trump de ne pas essayer de travailler avec les Démocrates.

« Ce qui m’inquiète, (…) c’est que si nous ne le faisons pas, alors il va tout simplement aller travailler avec les démocrates pour essayer de changer l’Obamacare et c’est vraiment très peu conservateur.», a-t-il déclaré à la CBS.

Le sénateur Bob Corker, un fervent partisan de Donald Trump pendant la campagne, a riposté sur Twitter : «Nous avons bien progressé si le porte-parole d’un parti exhorte le président à ne pas travailler avec l’autre parti pour résoudre un problème. »

Lors de sa conférence, Ryan a rejeté les remarques de Corker : « Ils ne vont pas nous aider à abroger l’Obamacare, c’est mon point de vue », a-t-il répondu en parlant des législateurs démocrates.

Le président a ouvertement songé à travailler avec les démocrates sur un projet alternatif de la réforme du système d’assurance santé. Mais il lui sera difficile de convaincre les Démocrates de le suivre en apportant des modifications significatives à la principale réalisation de Barack Obama.

Leader de l’opposition à la Chambre des représentats, Nancy Pelosi a tweeté que le projet de réforme de santé de Trump n’apporterait aux familles américaines que des « ravages».

Dans le contexte actuel où la popularité de Trump est au plus bas, les démocrates sont peu enclins à travailler avec lui sur les réformes fiscales prévues pour financer les investissements dans les infrastructures américaines, surtout après sa promesse de les combattre lors des élections de 2018.