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France : pression terroriste maximale sur l'élection présidentielle

L’heure est grave, ou plutôt les 48 heures avant l‘élection présidentielle française sont graves.

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France : pression terroriste maximale sur l'élection présidentielle

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L’heure est grave, ou plutôt les 48 heures avant l‘élection présidentielle française sont graves. A l’unanimité, les 11 candidats ont dit leur émotion et leur condamnation jeudi soir sur la télévision publique alors qu’une nouvelle attaque terroriste, revendiquée rapidement par le groupe Etat islamique, venait de se dérouler sur les lieux les plus symboliques et célèbres de Paris, les Champs-Elysées. Plusieurs de ces responsables politiques ont décidé d’abréger ou d’annuler leurs derniers déplacements de campagne électorale.

François Fillon, qui mène la droite au nom du parti Les Républicains, n’effectue pas sa marche prévue à Chamonix, dans le département de la Haute-Savoie. Benoît Hamon, du Parti socialiste, ne s’est pas rendu à Evry, dans l’Essonne. En revanche, il doit prendre la parole comme prévu ce vendredi après-midi à Carmaux, la ville du Tarn où le député Jean Jaurès prononça un célèbre discours. “Dans ce contexte où les terroristes veulent empêcher la démocratie de s’exprimer, a déclaré Benoît Hamon, la figure de Jean Jaurès (…) est un symbole à l’ombre duquel s’abriter”.

En Marche ! stoppe, le Front national polémique, La France insoumise boit l'apéro

Emmanuel Macron, le candidat centriste du mouvement En Marche !, a renoncé à deux rassemblements à Rouen, en Seine-Maritime, et à Arras, dans le Pas-de-Calais. Il a estimé ce vendredi que “nous vivrons durablement avec la menace terroriste”, et a annoncé sa volonté de créer une force anti-Daech. Quelle sorte de force ? On ne le sait pas concrètement.

Marine Le Pen, la candidate du parti d’extrême droite Front national, a annulé une visite dans un refuge pour animaux à Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire. “Je suis étreinte par le sentiment que tout n’est pas fait pour mettre nos compatriotes à l’abri”, a-t-elle polémiqué jeudi soir à la fin du débat télévisé (qui n’en était pas un d’ailleurs). “Je veux qu’on mette en place un plan d’attaque contre ce terrorisme islamiste, a-t-elle expliqué. Il passera par des mesures, des frontières, mais aussi s’attaquer à la racine du mal (…)”. Comment ? C’est une autre paire de manches !

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de son parti d’extrême gauche La France insoumise, a appelé à “ne pas céder à la panique”, et a voulu “ne pas interrompre le processus de notre démocratie, de manière à bien démontrer que les violents n’auront pas le dernier mot contre les républicains”. Il boira donc à la santé de ses partisans en fin de journée à Paris lors d’un dernier “apéro insoumis”, et il pourra trinquer avec son invité, Pablo Iglesias, le chef de la gauche radicale Podemos, venu exprès d’Espagne.