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Marine Le Pen, plus populaire que jamais ?


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Marine Le Pen, plus populaire que jamais ?

Quand Marine Le Pen prend la tête du parti en 2011, le Front national a déjà muté. Depuis la scission mégretiste à la fin des années 90, elle a pris de plus en plus d’importance au sein du Parti frontiste en travaillant à changer l’image du FN.

Depuis, petit à petit, elle a policé son discours, repoussé l’héritage de son père, Jean-Marie Le Pen, allant jusqu‘à l’exclure du parti après qu’il ait répété que “les chambres à gaz sous le nazisme étaient un détail de l’histoire…”

Aujourd’hui, six ans après avoir pris la tête du parti, elle n’a jamais été aussi populaire. Le Front national a gagné du terrain aux élections locales, régionales, européennes, tranquillement, mais sûrement.

Son message anti-establishment, anti-immigrant, son populisme a rejoint la vague des populismes en Europe et la montée de l’euroscepticisme. Elle a su capter la population sur les réseaux sociaux, s’est entourée d’une jeune équipe rôdée à la communication.
Elle a même laissé tomber le nom Front national sur son site de campagne, sur ces affiches, affichant son nom et son logo, une rose bleu marine… Tout cela pour donner au parti un air de respectabilité :

Au nom de quoi devrions-nous accepter d’accueillir chaque année 200 000 immigrés légaux alors que nous avons 7 millions de chômeurs ?“ déclare-t-elle dans ses meetings.

L’analyste politique Isabelle Veyrat-Masson considère qu’elle a réussi à drainer les voix des femmes, des jeunes :

Son rejet des immigrés, de l’immigration, son rejet de tout ce qui n’est pas “Français de souche” comme ils disent, pourrait conduire à une accusation de manque d‘âme, de cœur et de compréhension, elle gomme ces aspects-là par un discours sans aspérité, sans haine, ce qui est tout à fait frappant et qui fait d’elle une excellente communicante.

L’ancienne avocate a mené une campagne étroitement coordonnée et orchestrée, même si des affaires l’ont rattrapée, elle et son parti.
Enquête sur les emplois fictifs au parlement européen, sur sa déclaration de patrimoine de député européen, financement illégale de plusieurs campagne électorale, publication de photos du groupe Etat islamique… Mais tout ceci glisse sur l‘électorat et les militants FN.

L‘éclairage du politologue Jean-Yves Camus :

Elle est entourée d’une nouvelle génération de militants qui n’ont absolument pas l’intention de rester dans l’opposition pendant 30 ans, sans occuper de postes électifs ou sans arriver un jour au pouvoir. Donc, elle y met les formes. Elle fait ce qui est nécessaire pour que ce parti devienne plus acceptable.

Acceptable ? Pas suffisamment pour les banques françaises qui auraient refusé de financer sa campagne présidentielle, c’est ce qu’elle affirme en expliquant qu’elle a demandé l’aide de banques européennes et américaines.
Mais cela ne l’empêche pas d’avoir mené une campagne qu’elle a qualifiée de “joyeuse”…


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