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Présidentielle : pour Le Pen, le front républicain de Macron est "pourri"


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Présidentielle : pour Le Pen, le front républicain de Macron est "pourri"

Emmanuel Macron semble tenir le bon bout ! A 39 ans, le candidat centriste pourrait devenir le plus jeune président de l’histoire de la République française en détrônant, excusez du peu, Louis-Napoléon Bonaparte. En prenant la tête du premier tour de l‘élection présidentielle avec 23,86% des voix, il a déjà gagné son pari très audacieux, “changer le visage de la vie politique française”, comme il l’a déclaré dimanche soir. Et en un an seulement puisqu’il a lancé son mouvement politique En Marche ! pile en avril 2016.

Attention toutefois à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Quinze ans après, Marine Le Pen, la candidate d’extrême droite du Front national, s’est montrée à la hauteur de son père en se qualifiant pour le second tour. Elle a même fait mieux en engrangeant plus de 7,6 millions de voix, un résultat qu’elle a qualifié d’ “historique”. De 17, 9% en 2012, son score passe à 21,43%. Cependant, les frontistes sont un peu déçus car ils la voyaient volontiers en première position.

L’historien François Durpaire se veut réaliste :

Un front républicain réanimé

Dès le résultat connu, les ralliements à Emmanuel Macron ont afflué et vont renforcer l’ancien ministre de l’Economie dans son duel au second tour contre Marine Le Pen. Benoît Hamon, pour le Parti socialiste, a été le premier à appeler à voter pour lui. Le Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, et son prédécesseur, Manuel Valls, ont fait de même. En revanche, Jean-Luc Mélenchon, représentant d’extrême gauche de La France insoumise, n’a pas donné de consigne de vote, préférant laisser décider ses partisans.

L’ex-Premier ministre socialiste, Manuel Valls, appelle à battre le Front national :

À droite, François Fillon a estimé n’avoir “pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite”. Du même parti Les Républicains, François Baroin et Alain Juppé se sont prononcés en faveur du vote Macron. Laurent Wauquiez, qui incarne l’aile la plus à droite du parti, s’est contenté d’appeler à ne pas voter pour Marine Le Pen.
Quant à la droite catholique intégriste, elle hésite…Sens commun, ce mouvement issu de la Manif pour tous qui a fortement soutenu François Fillon, refuse de se prononcer. Christine Boutin, l’ex-présidente du Parti chrétien démocrate, ne serait pas contre un bulletin Le Pen.

Marine Le Pen, de nouveau en campagne ce lundi dans le Pas-de-Calais, a traité le front républicain par le mépris, “tout pourri” selon elle :

La France est coupée en deux, les pro-Macron dans l’Ouest, les pro-Le Pen dans l’Est :

Une implosion des partis traditionnels

Au cours de la bataille engagée pour le second tour du scrutin présidentiel, la droite et la gauche traditionnelles doivent se contenter de compter les points, elles ont implosé, c’est la première fois qu’elles sont éliminées de la course depuis près d’un demi-siècle.
Et pour la première fois de son histoire, la droite ne sera pas présente au second tour, se désole le journal Le Figaro ce matin. “L’inperdable a été perdu”, écrit-il.

“C’est un ras-le-bol du système”, explique le quotidien économique Les Echos.
“Un séisme dont les répliques seront durables”, annonce le journal La Croix.
“Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l’ouverture à la fermeture, l’Europe unie à la France seule”, commente l‘éditorialiste de Libération, Laurent Joffrin. D’après lui, “en principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l’emporte sur la vilaine marâtre”.

Effectivement, selon deux sondages publiés jusqu‘à présent, Emmanuel Macron devrait l’emporter le 7 mai prochain avec 62 à 64% des voix, Marine Le Pen n’obtiendrait que 36 à 38%. En avril 2002, l’ex-président de droite Jacques Chirac avait refusé tout débat télévisé avec Jean-Marie le Pen, chef de file de l’extrême droite avant sa fille Marine. Cette fois, l’entourage d’Emmanuel Macron estime qu’il devrait accepter un face-à-face télévisé.

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Emmanuel Macron "partait avec peu de chances de son côté", selon la journaliste Anne Fulda