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Macédoine : "l'influence russe se fait déjà sentir ici", s'inquiète le chef de la nouvelle majorité parlementaire


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Macédoine : "l'influence russe se fait déjà sentir ici", s'inquiète le chef de la nouvelle majorité parlementaire

Plus de quatre mois après les élections législatives, la Macédoine n’est toujours pas dotée d’un gouvernement. Le parti de droite de l’ex-Premier ministre Nikola Gruevski bloque la procédure parlementaire. Il accuse la coalition majoritaire formée notamment avec les parlementaires de l’Union social-démocrate de Macédoine (SDSM) de s’attaquer aux intérêts nationaux du pays et de mettre en péril l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Macédoine.

Le leader des sociaux-démocrates et chef de la nouvelle majorité parlementaire, Zoran Zaev, dénonce de son côté une influence trop grande de la Russie due au manque d’engagement de l’UE et des États-Unis dans la région.

“Compte tenu de l’augmentation du personnel russe, suite aux nombreuses déclarations du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, et de l’activité de leurs ambassades dans le pays, l’influence russe se fait déjà sentir ici. Les citoyens supportent moins l’Union européenne et l’Otan. Cette baisse de soutien est légère mais néanmoins réelle et visible. Je crois que si aucune mesure supplémentaire n’est prise, comme cela a été le cas par le passé concernant le faible intérêt de l’UE et des États-Unis dans cette région, la Fédération de Russie aura plus d’espace pour imposer ses propres intérêts”, dit Zoran Zaev.

L’objectif de Zoran Zaev et de la coalition gouvernementale qu’il a constituée est de jeter les bases de l’État de droit en Macédoine, condition nécessaire pour intégrer l’Union européenne. Mais l’influence russe inquiète l’UE qui craint qu’une stagnation de la situation politique en Macédoine ne favorise une accentuation des frictions avec une Russie déterminée à défendre ses intérêts dans les Balkans. Cet argument a été assoupli par le ministre macédonien des Affaires étrangères.

“La Russie peut avoir ses propres intérêts, c’est légitime. Mais cette question peut aussi concerner les États membres de l’Union européenne. Ce n’est pas quelque chose qui est exclusif à notre région ou à un ou des candidats potentiels des pays des Balkans”, assure Nikola Poposki.

Borja Jovanovski, euronews :
“Historiquement parlant, les Balkans ont toujours attiré l’attention de la Russie d’une part et celle des puissances occidentales de l’autre. Les tensions actuelles entre l’Union européenne et la Russie rejaillissent inévitablement sur cette région, la fragilisant encore davantage”.