DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Russie : manifestation anti-démolition à Moscou


Russie

Russie : manifestation anti-démolition à Moscou

“Non aux destructions”, “notre quartier contre les expulsions”, c’est ce que des manifestants scandaient à Moscou. Ils étaient des milliers ce dimanche à dire non à la destruction de leurs immeubles, les Khrouchtchevki, emblèmes des banlieues de Moscou. Ce rassemblement contre les autorités était d’une ampleur rare, même si la police, les organisateurs et des observateurs n‘étaient pas d’accord sur les chiffres. La police annonçait 5 000 personnes, les organisateurs 30 000 personnes et les observateurs indépendants 20 000.

Je suis ici parce que la Constitution est bafouée, la législation est violée. Notre droit à la propriété est est violé. Par des moyens frauduleux, via de soit-disant citoyens actifs, ils essaient de nous priver de notre droit de propriété“ s’est énervé Yelizaveta Krevtsova, habitante d’un quartier visé.

“_Tout cela est ridicule. Nous ne pouvons pas dormir depuis deux mois. Nous sommes jeunes mariés et on pense avoir des enfants. Que se passera-t-il si on a des enfants et qu’on est jeté dehors ensuite. Et avec ce stress, c’est difficile d’en faire des enfants !” a conclu en riant Alexander Zeiny, un autre habitant touché par le projet d’urbanisme.

La loi sur les rénovations, c’est une loi de confiscation de la propriété privée, dénoncent des élus de quartier. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, soutenu par le Kremlin, veut en effet remplacer 4 000 édifices des années 50 et 60 par de hautes constructions permettant de loger plus de familles.

L’opposant à Poutine, Alexeï Navalny s’est rendu sur place, mais il n’a pas été le bienvenu. Il a été escorté par la police, sans être interpellé, hors du périmètre du rassemblement.

Les “Khrouchtchevki” ont été construits à l‘époque où Nikita Khrouchtchev dirigeait l’Union soviétique. Ces immeubles sont emblématiques des banlieues de Moscou, mais aussi de très nombreuses villes russes où ils ont permis de résoudre la crise du logement que connaissait alors le pays. Ils ont surtout permis à des familles entières d’obtenir leur indépendance après avoir vécu des décennies dans les “Kommounalki”, ces appartements communautaires où cohabitaient plusieurs familles. C‘était des symboles de progrès, et ils ont été célébrés dans de nombreux films soviétiques.


Avec AFP

Allemagne

Allemagne : une victoire régionale clef pour Angela Merkel