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L'Italie souffre de la sécheresse

Le pays connaît actuellement une période de sécheresse parmi les plus importantes de ces soixante dernières années.

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L'Italie souffre de la sécheresse

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L’Italie connaît actuellement une période de sécheresse parmi les plus importantes de ces soixante dernières années.

Les deux tiers du pays seraient touchés par le manque d’eau. Les cultures en pâtissent : le raisin, les tomates. C’est aussi le cas des oliviers et des céréales, notamment dans la commune de Cortona où “_les pertes en tournesol, en blé tendre et en blé dur sont estimées entre 40 et 60 %”, comme l’explique Ilaria Salvadori, agronome.

La fréquence des épisodes de sécheresse augmente en Europe. “_Si on regarde dans le passé, au cours des 150 dernières années, on trouve quelques événements climatiques extrêmes. Mais depuis les 30 dernières années, on enregistre de plus en plus d‘événements comme ceux-là”, souligne Omar Baddour, responsable des données climatiques à l’Organisation météorologique mondiale.

La sécheresse a accentué les problèmes dans la capitale italienne.

Rome est la situation qui me préoccupe le plus“. Pour le ministre italien de l’Environnement, Gian Luca Galletti, la sécheresse qui sévit cet été en Italie est une urgence nationale mais pour la capitale, le problème est encore plus aigu.

A tel point que la solution drastique de rationner l’eau courante à partir de lundi pour quelque 1,5 million de Romains – sur près de 3 millions que compte la métropole – a été sérieusement envisagée, avant qu’un accord in extremis entre la commune de Rome, l’Etat et la région du Latium, où se trouve la capitale italienne, ne soit trouvé vendredi soir.

A quoi cette crise est-elle due ? A la période de sécheresse exceptionnelle, mais aussi au réseau d’eau de la capitale – qui compte quelque 7.000 kilomètres de conduits – sur lequel environ 45 litres sur 100 sont perdus, notamment en raison du piètre entretien dont il souffre depuis des années, selon le syndicat italien Uil.

Un comble pour une ville dont l’histoire nous rappelle depuis 2000 ans qu’elle fut pionnière en matière de réseaux d‘égouts ou d’aqueducs pour acheminer l’eau potable…

Il faut s’intéresser au système des canalisations dans la ville, là oui, il y a un problème. Mais il faudrait un vrai investissement. On calcule qu’il faudrait 60 milliards d’euros d’investissements dans le réseau hydrique en Italie“, la capitale étant une priorité, a expliqué à l’AFP le géologue Mario Tozzi.

D’autant que cette incurie a un coût pour les Romains, estimé à 90 euros sur une facture annuelle de 300 euros par famille, selon un calcul de l’association italienne de consommateurs Codacons.

Il y a une semaine, le président de la région du Latium, Nicola Zingaretti a lui soulevé un autre problème : celui lié au niveau excessivement bas du lac de Bracciano, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale, et qui contribue à hauteur de 8% à son alimentation en eau.

Considérant qu’il y avait là “un risque de catastrophe écologique“, il a ordonné l’arrêt de la captation d’eau dans le lac. Ce a quoi le gestionnaire public de l’eau potable de la métropole (l’Acea, détenu à 51% par la ville) a aussitôt répondu qu’il serait alors contraint de procéder à des coupures à partir de lundi. Un accord pour prolonger cette captation a finalement été trouvé vendredi.

Avec agences (AFP, CCTV, AP)